Saccage de l’Arc de Triomphe par les gilets jaunes : la plus lourde peine requise contre "le sanglier" un Bisontin lié à l’ultra-droite

À Paris, 9 personnes sont jugées depuis lundi 22 mars pour les dégradations commises sur le monument parisien le 1er décembre 2018 à l’occasion d’une manifestation de gilets jaunes qui avait dégénéré.
La statue de Marianne par François Rude, vandalisée le 1er décembre 2018
La statue de Marianne par François Rude, vandalisée le 1er décembre 2018 © ETIENNE LAURENT/EFE/Newscom/MaxPPP

Les images sont encore dans les têtes. 1er décembre 2018, l’’Arc de Triomphe tombe entre les mains des gilets jaunes. Plusieurs individus s’emparent du monument, rentrent à l’intérieur, des inscriptions sont retrouvées sur le monument. La France va s’émouvoir de ces images qui touchent un symbole de la République. Les dégâts causés par le saccage avaient été estimés à un million d'euros.

Un ancien militaire de Besançon soupçonné d'avoir tagué le monument


Sébastien F. un Bisontin de 43 ans, ancien militaire est jugé depuis lundi devant la 15e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Il lui est reproché d’avoir écrit “Augmenter le RSA” signé Sanglier, son surnom dans le milieu.

Le tribunal a requis à son encontre 15 mois d’emprisonnement dont 6 avec sursis. C’est la plus lourde réquisition faite à l’encontre des prévenus jugés lors de ce procès.

Augmenter le RSA

Sanglier

 
La photo d'un pilier de l'Arc de Triomphe, tagué avec cette inscription, a été montrée lors de l’audience mardi 23 mars. Trapu, blouson en cuir et masque Harley Davidson sur le visage, cet ancien militaire incarcéré en janvier 2019 à Fleury-Mérogis a nié être l’auteur de cette inscription. « Je n’aurais jamais souillé un monument à la mémoire des anciens combattants » plaide celui qui a été poursuivi par la justice après une dénonciation anonyme. En plus, il n'a jamais touché le RSA, explique-t-il. Selon lui, il a, avec des amis, protégé la flamme du soldat inconnu puis quitté les lieux « tôt », car « les gens commençaient à faire n’importe quoi ».

Au domicile du Bisontin, à Chalèze, les enquêteurs ont retrouvé de très nombreuses armes, des drapeaux nazis ou encore un portrait d'Hitler. L’homme a déjà un casier judiciaire qui comporte plusieurs mentions notamment pour faits de violences et dégradations.En avril 2019, il a été condamné à Besançon pour avoir donné un coup-de-poing américain à une victime lors de violences en réunion commises en avril 2018, square Saint-Amour à Besançon.

1er décembre 2018, saccage de l'Arc de Triomphe par les gilets jaunes.
1er décembre 2018, saccage de l'Arc de Triomphe par les gilets jaunes. © YOAN VALAT / EPA


Les autres peines requises au procès du saccage de l’Arc de Triomphe

Des peines de prison aménageables, des travaux d'intérêt général, des amendes et des stages de citoyenneté ont été requis. Les neuf personnes jugées pour des vols et des dégradations ne sont pas "les principaux responsables" du saccage et du pillage du monument "emblématique", qui n'ont pas été identifiés, a rappelé la procureure.


Elle a distingué deux groupes parmi les prévenus, originaires des quatre coins de la France et dont la majorité ont une vingtaine d'années et n'ont aucun casier judiciaire.


Dans le premier groupe figurent ceux qui sont accusés d'être entrés dans le monument, et d'y avoir volé de petits objets (cartes postales, répliques miniatures de l'Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel...) - des vols qui "peuvent apparaître comme relativement anodins", a-t-elle reconnu. Elle a requis pour ces prévenus 105 heures de travaux d'intérêt général, à effectuer sous 18 mois sous peine d'amende, ainsi qu'une amende de 450 euros, dont 300 avec sursis.


Pour le "deuxième groupe", jugé pour des dégradations, la procureure a souhaité des peines de prison "aménageables".L'ancien militaire bisontin en fait partie avec une réquisition à 15 mois d'emprisonnement dont six avec sursis. 

Pour les jeunes prévenus qui comparaissent pour avoir donné des coups d'extincteur à une porte ou dégradé une statue, elle a demandé des peines allant jusqu'à 15 mois d'emprisonnement, dont neuf avec sursis. Le procès doit se terminer vendredi 26 mars.

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