Sécheresse : la Ville de Besançon met en place un plan d’urgence pour réduire sa consommation d’eau

Un plan eau sera présenté ce jeudi 25 mai 2023 au Conseil municipal. Il prévoit 24 mesures destinées à préserver l’eau, investir dans des infrastructures pour affronter ce défi du changement climatique.

Le plan eau baptisé plan “O” a été dévoilé à la presse. “C’est un plan structurel qui répond à des besoins immédiats, mais aussi à moyen et long terme” a précisé Anne Vignot, maire écologiste de Besançon. “Il faut qu’on réagisse avant les arrêtés sécheresse. Quand il n’y a plus d’eau dans nos rivières, c’est déjà trop tard” estime l’élue qui préfère pendre les devants à un mois de l’été.

Piscines, nettoyages, espaces verts....ce que prévoit le plan sécheresse 

Ce plan d’urgence sécheresse va s’appuyer sur trois temps. Anticiper les effets du changement climatique, intensifier les actions, adapter le territoire. En 2050, il manquera 2 milliards de m3 d’eau en France si on continue avec les usages qu’on en a actuellement” a ajouté Anthony Poulin, adjoint en charge des finances et du développement durable.

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La Ville de Besançon va donc commencer par balayer devant sa porte. Des économies d’eau sont à faire. Dans l’eau pour la propreté urbaine. En cas de tension sur la ressource en eau, l’objectif sera de maintenir un état de propreté suffisant bien que réduit par rapport au niveau de service habituel. Réduire la consommation du centre de lavage des véhicules municipaux, proposer des équipements sportifs ne nécessitant pas d’arrosage l’été, se doter de matériel plus économe en eau pour nettoyer la piscine, limiter l’apport en eau pour celles-ci. Autant de pistes d’économies. La collectivité veut poursuivre également son travail sur les espaces verts. Planter plus de vivaces, pailler, tendre vers l’autonomie hydrique des plantations.

Détecter les fuites d’eau, installer des récupérateurs d’eau de pluie là où c'est possible. Végétaliser, désimperméabiliser. Les pistes pour économiser l’eau sont nombreuses.

Ces 24 mesures ne sont qu'un début. La gestion de l’eau doit encore plus qu’avant être une de nos préoccupations.

Anne Vignot, maire de Besançon

L’élue a rappelé aussi que le changement climatique est aussi un enjeu sociétal, il doit être porteur de justice sociale. Ce sont les plus pauvres qui souffrent du chaud, ou du froid.

Changement climatique : à quoi s’attendre pour une ville comme Besançon ?

Les simulations de Météo-France synthétisées par l’AUDAB sont sans appel. Par rapport à la période 1976-2005 :

Les températures moyennes vont augmenter d’environ deux degrés d'ici 2050. Besançon devrait connaître une hausse d’une vingtaine de jours où la température dépassera 25 degrés. Deux à trois jours en plus par an où le mercure dépassera les 35 degrés. Les vagues de chaleur seront trois fois plus nombreuses.

Quant aux précipitations, elles seront légèrement en hausse, mais réparties inégalement sur l’année, avec des étés plus secs, des hivers plus humides, des sécheresses plus fréquentes.

On va avoir à gérer deux problèmes, le pas assez d’eau, et le trop d’eau.

Christophe Lime, adjoint au maire de Besançon et vice président du Grand Besançon en charge de la gestion de l’eau

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Repenser l’usage de l’eau, revoir sa tarification ?

Le plan d’urgence sécheresse mis en place à Besançon vise à protéger la ressource et à faire prendre conscience à chacun de son rôle à jouer sur la préservation d’une ressource.

Le Grand Besançon ne prévoit pas de toucher les usagers au portefeuille. Il pratique déjà la tarification progressive avec les trois premiers mètres cube gratuit, puis un prix plus haut au-delà des 100 m3 de consommation.

L’agglomération s’équipe de compteurs communicants pour mieux comprendre, analyser les usages de l’eau. Le prix de l’eau est revu chaque année. Une réflexion sur une saisonnalité des prix de l’eau pourrait être lancée.

Aujourd’hui, une ville comme Besançon n’est pas en difficulté en cas de sécheresse pour sa consommation d’eau. Les points de captage sont situés à Novillars dans la nappe sous le Doubs, à Chenecey-Buillon sur la rivière La Loue. En 20 ans, la ville a diminué de 20 à 25% sa consommation d’eau, mais ce chiffre stagne depuis 5 à 6 ans alors que la sécheresse a fait de la gestion de l’eau une urgence pour tous les territoires.

Le niveau des nappes phréatiques est remonté au mois d'avril dans le Doubs. Mais la recharge ne sera sans doute pas suffisante pour affronter l'été sans avoir de restrictions d'eau. En France, 68% des niveaux des nappes restent sous les normales mensuelles en avril. Le ministère de la Transition écologique s'attend à ce que 26 départements soient en "risque très probable de sécheresse d'ici à la fin de l'été". La plupart sont situés sur le pourtour méditerranéen, le couloir rhodanien et dans le bassin parisien.