Trois morts dans un crash d’avion près de Besançon : un manque d’oxygène du pilote pourrait être à l’origine de l’accident

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Le bureau enquêtes et accidents (BEA) a rendu son rapport d'enquête sur le crash survenu le 28 septembre 2020 à La Chevillotte dans le Doubs. Le pilote et deux passagers qui avaient décollé de Normandie avaient trouvé la mort dans l'incendie de l'appareil.

Le petit avion de type monomoteur s'était écrasé lundi 28 septembre aux alentours de 10 heures près de Besançon. Il avait décollé de Caen en Normandie. À bord, du Cirrus SR-22 trois personnes, une femme et deux hommes. Aucun n’avait survécu.



L’appareil devait atterrir sur le petit aérodrome de la Vèze. L'avion n'était plus qu'à quelques kilomètres de sa destination finale. Un vol de 500 kilomètres, d'une durée d'un peu plus de trois heures. Le pilote de 73 ans a perdu le contrôle de l’appareil qui a pris feu ne laissant aucune chance à ses occupants.

Une mauvaise gestion de l'oxygène dans ce petit appareil ?

Le Bea note dans un son rapport publié le 10 mars, que l’avion n’avait pas un système de distribution d’oxygène en état de fonctionnement. Un oxymètre  de pouls fonctionnel était à bord de l’avion à la disposition du pilote. Un système qui, utilisé seul, ne peut être considéré comme un système fiable suffisant, estime le BEA.

Le Bea estime que “le vol en conditions hypoxiantes, notamment au-dessus du FL 100 (3000 mètres, ndlr) pendant près de 90 minutes sans oxygène de subsistance, a pu générer des troubles cognitifs post-hypoxiques lors de la réoxygénation du cerveau durant la descente. De plus, une asthénie post-hypoxique consécutive à l’effort d’adaptation de l’organisme a également pu s’installer. Ces effets, lorsqu’ils surviennent, sont généralement accentués avec l’âge. Cependant, en l’absence de signes positifs de troubles cognitifs pendant la descente vers le point d’approche initiale (communications normales avec le contrôle aérien), il n’a pas été possible de déterminer si un trouble post hypoxique a pu contribuer à la perte de contrôle. Il n’en reste pas moins que l’enquête a révélé une gestion discutable de l’oxygène de subsistance et des équipements associés, ainsi que des lacunes de la réglementation et de la documentation disponible relatives à l’utilisation d’oxygène de subsistance."



Le BEA a émis dans son rapport des recommandations. Un document sur la gestion de l’hypoxie dans les avions va être amendé suite à cet accident. Lire le rapport complet du BEA.