Vincent Lambert : “C'est une décision éthique difficile à prendre”, selon Régis Aubry du CHU de Besançon

Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims où Vincent Lambert a été hospitalisé. / © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims où Vincent Lambert a été hospitalisé. / © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Dans un entretien accordé au Figaro, le professeur Régis Aubry, chef du service des soins palliatifs du CHU de Besançon (Doubs), est revenu sur le décès de Vincent Lambert, ce jeudi 11 juillet. Il redoute les répercussions de cette affaire sur l'arrêt des soins des personnes en grande dépendance.

Par A.B.

Il est un des référents sur les questions de fin de vie. Le professeur Régis Aubry, chef du service des soins palliatifs au CHU de Besançon (Doubs), a réagi, dans un entretien accordé au Figaro publié ce vendredi 12 juillet, à l'arrêt des soins de Vincent Lambert qui a provoqué son décès.

L'ex-président de l'Observatoire national de la fin de vie ne prend pas partie dans cette affaire médico-judiciaire longue d'une dizaine d'années mais laisse un jugement sur l'arrêt des soins : "On ne peut pas considérer que les personnes dont la vie psychique nous échappe sont comme mortes", réagi-t-il avant de poursuivre :

"Vincent Lambert est devenu un symbole. (...) J'espère qu'en France, on ne considèrera jamais que les états de grande dépendance doivent systématiquement mener à un arrêt des traitements. Chaque personne est singulière, chaque décision de fin de vie doit le rester."

Une question "proche de la transgression" ?

Pour Régis Aubry, un des médecins les plus influents concernant le dossier sensible de la fin de vie, la place de la justice dans cette affaire médicale est ambigüe : "La question posée par l'affaire Vincent Lambert, celle du maintien en vie de quelqu'un qui n'est pas en fin de vie, est proche de la transgression. Avant même la justice, c'est avant tout une décison éthique difficile à prendre. Pour Vincent Lambert, il ne s'agissait pas d'arrêter des traitements qui apparaissaient déraisonnables chez une personne atteinte d'une maladie grave et évolutive. Il n'était pas en fin de vie, c'est donc un acte très différent. La loi le permet au nom du refus de l'obstination déraisonnable. Mais ce n'est pas parce que la loi permet que la loi oblige."

Dans cet entretien accordé au journal, le spécialiste demande la plus grande prudence lorsqu'il s'agit d'évoquer l'euthanasie : "Il faut rappeler que la mort de Vincent Lambert n'a rien à avoir avec l'euthanasie", explique celui qui milite pour un "juste milieu" et ne pas en venir "systématiquement" à l'arrêt des traitements.

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