Violences sexistes ou sexuelles envers les femmes : “Chez les jeunes, il faut déconstruire certains stéréotypes”

En cette journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, une vice-procureure est allée à la rencontre d’une classe d’un lycée hôtelier à Besançon.
Dans cette classe, un temps d'échange entre les élèves et une représentante de la justice sur le thème des violences que peuvent subir les femmes.
Dans cette classe, un temps d'échange entre les élèves et une représentante de la justice sur le thème des violences que peuvent subir les femmes. © Denis Colle - France Télévisions
On le sait peu, mais il arrive que des magistrats se déplacent dans les lycées pour parler de ce sujet. Pour sensibiliser les jeunes générations. C’est le cas de Julie Fergane, vice-procureure de la République de Besançon. Dans une classe, elle est venue aborder sans tabou les questions des violences dont peuvent être victimes les femmes. Elle est venue aussi rappeler le cadre de la loi. “C’est notre rôle de permettre de participer à un processus de réflexion chez les jeunes gens, qui leur permette de déconstruire un certain nombre de stéréotypes favorisant le passage à un acte délinquant” rappelle la magistrate.

Briser les clichés, faire tomber les préjugés

Non, une femme habillée en jupe, n’a pas à se faire traiter de salope. Non, une femme n’a pas pour vocation de se taire et de rester à la maison. Non, dans l’hôtellerie, une femme n’a pas à faire deux fois plus qu’un homme pour avoir à prouver son professionnalisme.

“Je voulais cette intervention, car dans la classe où j’enseigne, il y a des cas avérés de violences sexuelles sur certains élèves, et certains élèves avant d’entrer dans la voie professionnelle ont besoin qu’on les recadre pour savoir qu’un homme et une femme sont des égaux. Il n’y en pas un meilleur que l’autre” explique Vincent Weinbrenner, enseignant au lycée Condé de Besançon. 

Les métiers de l'hôtellerie et de la restauration restent en 2020 des terreaux du sexisme

“La tenue professionnelle, c’est la jupe et le chemisier. Beaucoup de personnels, voire même de clients ont des comportements déplacés, car la serveuse garde cette image de femme à tout faire, on va dire. Être serveuse, c’est un métier” ajoute l’enseignant.

Aujourd’hui, les jeunes filles se confient plus facilement sur les violences, les remarques qu’elles peuvent subir lors de stages ou à l’école. Pour l’enseignant pas de mystère, pour les filles qui choisissent l’option cuisine, "il faut qu’elles se fassent respecter, qu’elles aient un caractère de mec en cuisine !” résume Vincent Weinbrenner.

Les jeunes filles rencontrées par la vice-procureure entreront bientôt dans le milieu du travail. Des remarques sexistes, elles en ont déjà connu. Sur ces questions des violences faites aux femmes, il est important d’intervenir tôt, même auprès de jeunes filles pas encore majeures, estime la magistrate.
 
Besançon : prévention contre les violences sexistes au lycée. Reportage E.Rivallain, D.Colle

Une hausse des violences envers les femmes dans le département du Doubs

Les violences envers les femmes peuvent provenir du milieu professionnel, mais aussi des proches. Le département du Doubs enregistre une hausse de 20% des violences intrafamiliales en 2019, par rapport à l’année qui précède. Une tendance plus forte que sur l’ensemble du territoire. 88% des violences sont portées sur des femmes. En 2019, en France, 146 d’entre elles sont décédées sous les coups de leur conjoint, soit 25 féminicides de plus que l’année dernière, d’après les chiffres de la Place Beauvau.
 

Vous êtes une femme victimes de violences, il y a plusieurs moyens de signaler votre situation 

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