Coronavirus : À Pontarlier, par solidarité, les clients paient des bons d’achat aux commerçants avant le déconfinement

L’opération a été lancée depuis mercredi 22 avril : les clients achètent des bons cadeaux qu’ils pourront utiliser ultérieurement dans leurs commerces ou auprès de leurs artisans préférés dans le Grand Pontarlier … C’est déjà un succès !

Pontarlier en mode confinement. Les commerces attendent la réouverture.
Pontarlier en mode confinement. Les commerces attendent la réouverture. © SIMON DAVAL - maxPPP
Aurélien Salvi de l’association « Commerce Pontarlier Centre » fait les comptes tous les jours. Ce samedi 25 avril, déjà 70 clients ont passé des commandes pour un montant de 8.000 €. Alors que l’opération "bons d'achat" n’a été lancée que mercredi 22 avril.

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L’association, initialement, ne compte que 150 commerces du centre-ville, maintenant ce sont 900 activités du grand Pontarlier qui sont concernées par cette opération. Extension géographique et également élargissement du nombre d’entreprises qui peuvent participer : sont concernés non seulement les commerçants mais aussi les artisans du Grand Pontarlier. Les clients peuvent acheter des bons d’achat qu’ils présenteront ensuite dans les commerces, ceux qu’ils veulent soutenir. Une Pontissalienne a même demandé quels étaient les commerces les plus en difficulté, car c’était auprès d'eux qu’elle voulait prendre ses bons d’achat ! Beau geste de solidarité… Elle a même dit que cette opération lui permettra de changer ses habitudes de consommation !

 


Roselyne, Sylviane et d'autres veulent soutenir le commerce de proximité


Ces deux Pontissaliennes ont un point commun : l’attachement à leur centre ville.  

Sylviane a reçu un mail de l'opération, car elle est détentrice de la carte de fidélité Altitude. Sa réaction a été immédiate : « Les commerçants ont besoin de nous. Si je peux, je les aide. On crée des liens avec ses commerçants locaux.  Ce n’est pas de l’argent perdu. Ce n’est peut-être pas grand-chose mais si chaque client fait quelque chose, ça fera beaucoup. » C’est ce qu’on peut appeler, et dans la capitale du Haut-Dous, on comprendra l’image, « l’effet boule de neige ».

Confinée chez elle, depuis six semaines, on comprend tout de suite ses frustrations : elle a pris deux bons d’achat dans un institut de beauté et puis chez un coiffeur. Son commentaire pour expliquer ses choix : « Quand on va sortir, on va en avoir besoin ! » 

Roselyne, infirmière confinée chez elle depuis trois semaines et malade du Covid-19, n’a pas attendu cette opération pour passer commande dans ses boutiques préférées grâce aux réseaux sociaux. Elle s’était déjà fait livrer des repas à domicile, et ces derniers jours elle a aussi acheté des vêtements, notamment une robe d’été. De bons soutiens pour le moral.
Avec l’opération « bon d’achat », elle a également acheté par anticipation des vêtements dans une boutique de prêt-à-porter et elle aussi un rendez-vous chez le coiffeur.
« Moi aussi j’ai tenu un commerce avec mon ancien mari » raconte-t-elle. «  Je sais ce que ça coûte de fermer la boutique, avec tous les frais fixes… Quand je vois les rideaux baissés en centre-ville, je me demande mais comment vont-ils s’en sortir ? Je pense que c’est mieux de ne pas commander sur Internet et de dépenser son argent au centre ville. Avec ces bons, je me dis que j’équilibre mes dépenses sur plusieurs semaines et que quand j’en aurai besoin, je pourrai en profiter… »


Des bons d'achats qui remontent le moral des commerçants


Ces marques de soutien vont droit au cœur des commerçants qui se posent aussi des questions quant à leur avenir professionnel.

Philippe Jeanmonnot tient un magasin d’articles de sports de montagne. Lui, il a déjà été destinataire de 6 bons d’achat pour un montant de 1000 euros : « Pour moi, le plus important, c’est de recréer le lien avec les clients. C’est sûr, pour la trésorerie c’est toujours ça, surtout que les aides de l’État ne sont que des prêts, donc à rembourser. Le but de l’opération « bon d’achat » c’est surtout de ne pas se faire oublier. Franchement, c’est très surprenant, les gens réagissent très favorablement. L’un de mes clients habituels a même pris un bon d’un montant de 400 € ! C’est une aide financière, oui, mais c’est aussi et surtout une aide pour le moral. Souvent, on reçoit des petits mots gentils et ça, ça fait du bien ! »

Vu son activité, il mise beaucoup sur l’été et les touristes qu’il espère nombreux, les Français ne pouvant pas partir à l’étranger.

Bernadette Mougeot, elle aussi, attend les touristes. Elle tient un magasin de maroquinerie au centre-ville.  Elle se réjouit de cette opération lancée par l’association des commerçants : « Économiquement, ça ne va certainement pas nous sortir de l’ornière mais c’est une initiative qui est heureuse pour le moral. C’est une petite lumière au bout du tunnel. Je me moque du montant de ces bons d’achat, je les considère déjà comme une marque de confiance. Ce sont des signes envoyés par nos clients, nos habitués, ceux avec qui on a des liens qui vont au-delà du lien commercial. »

Elle sait déjà que pour la bagagerie, c’est-à-dire valises et sacs de voyage, elle va perdre de l’argent sur les mois qui viennent. Heureusement, elle espère compenser avec un rayon rentrée scolaire. Cette activité fonctionne bien auprès des locaux et des touristes. Elle aussi compte sur la saison estivale pour se refaire une santé financière. Elle conclut : «Et cet été s’il pleut et qu’il y a beaucoup de touristes, eh bien j’ai de magnifiques parapluie de Saint Claude à leur vendre ! »
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