Montbéliard : mobilisation en faveur d'un lycéen de 18 ans, réfugié afghan

Reza (au centre de l'image) avec Jacky Garcia (à gauche), celui qui a lancé une pétition en ligne pour le soutenir / © J. Garcia
Reza (au centre de l'image) avec Jacky Garcia (à gauche), celui qui a lancé une pétition en ligne pour le soutenir / © J. Garcia

Reza est assigné à résidence depuis quelques jours. Il devrait quitter la France prochainement. A Montbéliard, et via une pétition en ligne, la mobilisation s'organise.

Par Raoul Advocat

"Quand Reza est arrivé au lycée, il y a deux ans, il ne parlait pas un mot de français. Aujourd'hui, il est en CAP de maintenance des véhicules, car sa passion c’est la mécanique. Il participe aussi  à des actions culturelles et fait du théâtre avec des élèves du lycée", explique Jacky Garcia.

Assistant d'éducation au lycée Germaine Tillion de Montbéliard et bénévole à l'UNICEF, Jacky a lancé une pétition en ligne, en soutien à Reza. Une pétition qui connaît un énorme retentissement : plus de 20 000 signatures ce dimanche après-midi. Car la belle histoire de l'intégration du jeune réfugié risque de tourner court. Assigné à résidence à Besançon, il n'est plus scolarisé et devrait bientôt partir pour l'Allemagne.

Victime du travail des enfants


Tout commence en 2016. Reza a quitté l'Afghanistan et arrive en Allemagne. C'est là que, conformément à la réglementation européenne, sa demande d'asile est enregistrée automatiquement. Puis, il arrive en France où il est hébergé dans un foyer pour mineurs isolés de Montbéliard. Il est également scolarisé au lycée.

Reza laisse derrière lui un passé très douloureux. En Afghanistan, il a subi le travail des enfants. Maltraité, frappé par son employeur, il en a gardé des séquelles. En France, il a été opéré pour se faire poser une prothèse de hanche. 

Mais depuis janvier 2018, Reza est majeur. L'aide sociale à l'enfance ne lui est plus applicable. Il vient donc d'être assigné à résidence, à Besançon. Il à l'obligation de partir prochainement pour l'Allemagne. Car la réglementation européenne est claire : c'est le pays européen qui l'a accueilli en premier qui doit instruire sa demande d'asile. 

Un sursis pour finir ses études


"Reza ne dort plus, ne mange plus beaucoup, il a mal à la tête régulièrement sans qu’une infirmière ne le voit... Aucun suivi juridique ne lui ai accordé par l’Etat, Il ne fait rien de ses journées, car il ne suit plus aucun apprentissage", précise Jacky Garcia.

L'espoir de l'assistant d'éducation et de tous les proches de Reza : obtenir au moins un sursis. Un an et demi pour achever son CAP, ce serait une chance de trouver du travail en Allemagne, s'il doit aller là-bas. Avec l'espoir de revoir ensuite ses amis de Montbéliard.






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