FC Sochaux. Après la défaite à Rouen en National, faut-il s'inquiéter pour le FCSM ?

Défaits à Rouen lundi 4 mars (1-0), les Sochaliens viennent d'enchaîner un 5ᵉ match sans victoire en National. Un résultat qui confirme la mauvaise passe actuelle du club, 9ᵉ au classement, à seulement 5 points de la zone de relégation. L'euphorie de la Coupe de France et les espoirs de montée en L2 sont bien passés. Un seul objectif désormais pour les supporters : le maintien.

15 janvier 2024. Une date qui commence à trotter dans les têtes sochaliennes. Dirigeants, joueurs et supporters confondus. Ce jour-là, le FC Sochaux défaisait Nîmes à Bonal (1-0), tutoyait les sommets de National en rêvant d'une montée en Ligue 2 et s'apprêtait à croquer à pleines dents dans son aventure Coupe de France. Près de deux mois plus tard, la donne a radicalement changé.

Certes, le parcours en coupe, notamment grâce à la victoire dantesque face à Reims (21/01/2024), a été magnifique et marqué par une communion extraordinaire avec un public retrouvé. Mais les Jaune et bleu sont sortis de l'épreuve après une correction à domicile contre Rennes (1-6, 6/02/2024). Plus inquiétant, depuis ce 15 janvier, le FCSM reste sur cinq matchs sans victoire en championnat, après sa dernière défaite à Rouen, lundi 4 mars (1-0). 

Le rêve de montée s'est évanoui, c'est vrai. On commence à être inquiets.

Fabrice Lefèvre,

président de l'association Planète Sochaux

Quatrième mi-janvier, voilà les Lionceaux actuellement neuvièmes de leur championnat. À 13 points des places qualificatives pour la Ligue 2. Mais surtout à seulement cinq points de la 13ᵉ place, synonyme de relégation en National 2. "Cette montée, on en a tous rêvé" souligne Mathieu Triclot, président des Sociochaux. "Mais maintenant, il faut se maintenir au plus vite. Pour être honnête, la déception est donc à la hauteur de l'enthousiasme et de l'attente générés par notre bon début de saison".

Comment expliquer ce retournement de situation ? En conférence de presse après la défaite à Rouen, le coach du FC Sochaux, Oswald Tanchot, admettait que le club traversait une "période difficile". Mais "le groupe vit toujours bien" expliquait-il à nos confrères de L'Est Républicain. "C'est un problème de football. On a été trop tendres dans les duels, dans les zones d’influences, avec pas assez de force, d’impact".

Pour Mathieu Triclot, "le jeu s'est complètement délité. On était une des meilleures attaques de National et on a toutes les peines du monde à scorer depuis quelques semaines". Sur les quatre dernières rencontres de championnat, le FCSM n'a en effet marqué que deux petits buts. "Pourtant les joueurs ne sont pas démobilisés sur le terrain" ajoute Fabrice Lefèvre. "Mais on est constamment dominés dans les duels aériens et au sol".

Une équipe à la peine physiquement

Encore une fois à Rouen, les Sochaliens ont en effet été pris physiquement, notamment au milieu de terrain, avec très peu de récupérations de balles. "On passe pas mal de temps à défendre" analyse Mathieu Triclot. "Les courses sont un peu moins intensives, on fait un peu moins les efforts pour aider le copain. On sent qu'on est émoussé physiquement, qu'on a du mal".

Une baisse de régime qui pourrait s'expliquer par une préparation physique estivale tronquée par la situation extra-sportive du club. Le FCSM a en effet frôlé la disparition avant son sauvetage en août. Avec un effectif composé dans l'urgence, le club a commencé son championnat en retard, sans cette période de travail physique cruciale. "On enchaîne les matchs, et on tire la langue" reprend Fabrice Lefèvre. "On a l'impression que cette équipe a besoin d'être à 100 % pour être dominante, qu'elle n'a pas de marge de manœuvre. Donc chaque coup de mou, on le paye cash".

On a aussi des problèmes d'effectif, avec un manque de gabarit au milieu de terrain et l'absence d'un numéro 9 capable de débloquer les situations quand on ne domine pas.

Mathieu Triclot,

président des Sociochaux

En ce sens, la blessure de Drammeh, numéro 6 qui, avec son profil, pourrait apporter plus de combativité, n'arrange pas la situation. Idem pour Kevin Hoggas, qui après un début de saison canon s'est blessé pendant de longues semaines avant de réintégrer le onze titulaire depuis quelques rencontres. "C'était notre leader technique" estime Mathieu Triclot. "Celui qui faisait briller les autres et les bonifiaient. Son absence a fait mal et il doit retrouver ses repères".

Un groupe jeune, qui doit retrouver du mordant

Plusieurs handicaps, donc, auxquels pourrait s'ajouter la relative inexpérience d'un groupe assez jeune. "Les reproches sur le manque de caractère, sur la tendresse de nos Jaune et bleu sont justifiées" assure Mathieu Triclot. "Les joueurs sont toujours en phase d'apprentissage et doivent trouver, ou retrouver, une vraie culture de la gagne".

On a laissé de l'énergie mentale dans cette Coupe de France, où les jeunes ont joué dans un stade plein face à des équipes de première division. Les émotions étaient peut-être trop fortes.

Mathieu Triclot,

président des Sociochaux

Avec un retour à la réalité, sur les terrains moins prestigieux de National, difficile ? "Il y a un peu de ça" dit Fabrice Lefèvre, de Planète Sochaux. "Mais ce n'est pas une excuse. Et c'est aussi un test de caractère. En tant que pro, les gars se doivent de mettre la même exigence quel que soit l'adversaire. C'est là qu'on va voir le mental".

Mais malgré les signaux inquiétants, nos deux interlocuteurs ne veulent pas "tomber dans le catastrophisme". "On joue le maintien, ok" continue Fabrice Lefèvre. "Mais on va y arriver. Nos joueurs ont de grandes qualités footballistiques, on a pu le voir. Et puis ils connaissent les sacrifices consentis par la direction, les supporters, pour en arriver là. Ce n'est pas possible qu'ils ne se donnent pas à fond après cet été".

Ils l'assurent, le public sera là, lui, pour pousser ses protégés. "Même s'il y a parfois de l'agacement, c'est en ce moment qu'ils ont le plus besoin de nous" souligne Mathieu Triclot. "On sera là pour les pousser jusqu'au bout, pour les encourager". Et ainsi se donner toutes les chances pour éviter une fin de saison stressante, avec une relégation comme menace.

Il faut que tous les supporters arrivent, dans leur tête, à se dire que maintenant, notre objectif est de les soutenir pour se maintenir.

Mathieu Triclot,

président des Sociochaux

Il reste donc douze matchs aux Jaune et bleu pour pérenniser l'avenir du club. Premier rendez-vous le 9 mars, avec la réception du Mans à Bonal. Un match particulier, le "match des socios", lors duquel les joueurs arboreront le maillot spécial des Sociochaux. "C'est vrai que la saveur de cette rencontre a un peu changé" regrette Mathieu Triclot. "On espérait la disputer en regardant vers le haut. Là, il faudra aller chercher des points. Mais cela restera une fête pour célébrer le sauvetage de notre club".

"Ce serait parfait qu'on se remette à l'endroit pour ce match symbolique" conclut Fabrice Lefèvre. "Il faut à tout prix réengranger de la confiance. Les planètes vont à nouveau s'aligner, pour préparer du mieux possible la saison prochaine". Une saison que tous espèrent passer en National, au moins. Pour cela, les trois points face aux Manceaux semblent indispensables.