Le Pôle métropolitain Nord Franche-Comté passe à l’offensive contre les tiques

Une vaste campagne de sensibilisation contre les tiques commence dans le Nord Franche-Comté. Portée par le Pôle métropolitain, elle doit permettre d’éviter des piqûres, de protéger les randonneurs, et de mieux connaître les caractéristiques scientifiques des tiques dans la région.
Plus de 200 panneaux de signalisation vont être installés par les bénévoles, comme ici à Chenebier, en Haute-Saône.
Plus de 200 panneaux de signalisation vont être installés par les bénévoles, comme ici à Chenebier, en Haute-Saône. © Pôle métropolitain
C’est l’un des grands dangers pour les amateurs de randonnées cet été : les tiques.
Ces acariens sont responsables d’un grand nombre de piqûres sur les humains et les animaux chaque année. Et peuvent parfois transmettre des maladies infectieuses très dangereuses comme la maladie de Lyme ou l’encéphalite à tiques.
Une menace réelle pour tous les amateurs de randonnées et de ballades dans les bois et les champs.

Pour y faire face, le Pôle métropolitain du Nord Franche-Comté a décidé d’employer les grands moyens. Il vient de lancer une grande campagne de sensibilisation et de prévention. Une campagne qui se veut « multi supports ».
 

200 panneaux de prévention


Des panneaux de prévention vont être installés dans 200 lieux identifiés comme «  à risque ».
Déjà 15 à 20 ont déjà été installés, et ça va continuer tout l’été, et jusqu’à l’automne, précise un responsable de la communication. Il s’agit essentiellement de parcs, jardins, ou départs de circuits de randonnées, particulièrement fréquentés en ce moment. 
 
Une vingtaine de communes du Nord Franche-Comté ont déjà reçu leurs panneaux, comme ici à Evette Salbert, dans le Territoire de Belfort
Une vingtaine de communes du Nord Franche-Comté ont déjà reçu leurs panneaux, comme ici à Evette Salbert, dans le Territoire de Belfort © PM



On y retrouve les gestes essentiels pour éviter d'être piqué:
- Porter des vêtements couvrants et clairs ;
- Se munir d’un crochet à tiques ;
- Appliquer un répulsif adapté sur les vêtements et sur la peau ;
- Rester à l’écart des hautes herbes et des tas de feuilles mortes ;
- Eviter de s’allonger ou de s’asseoir dans l’herbe ;
- S’inspecter pendant et après la sortie.

Parmi les communes choisies, Evette-Salbert, Lepuix, Giromagny, Joncherey, les pourtours du Malsaucy dans le Territoire de Belfort. Mais aussi Dasle ou Etupes dans le Pays de Montbéliard. Ou encore Chenebier, charmante commune du Pays d’Héricourt en Haute-Saône.

Pour connaître en temps réel les lieux de prévention, la page Facebook du pôle actualise régulièrement les poses de nouveaux panneaux.
 

Les professionnels de santé mobilisés


Mais cette campagne va aussi se décliner à travers des affiches et des plaquettes, distribuées auprès des 240 médecins généralistes, des 105 pharmaciens et des 20 cabinets vétérinaires que compte le Pôle métropolitain

Environ 350 points relais ont été identifiés dans le Nord Franche-Comté, en plus des mairies et des offices de tourisme, qui peuvent eux aussi mettre à disposition les plaquettes et renseigner les randonneurs.

 
D'un ton humoristique, les affiches reprennent les bons réflexes à avoir pour éviter les piqûres.
D'un ton humoristique, les affiches reprennent les bons réflexes à avoir pour éviter les piqûres. © M. Meuneveaux


« C’est la 1ère fois qu’une campagne d’une telle ampleur est menée par une collectivité, assure-t-on du côté du Pôle métropolitain. D’habitude, de telles campagnes étaient plutôt menées en Alsace, mais là, le Nord Franche-Comté passe à l’action. »
 

Démarche scientifique avec « Ci-tique »


Mais cette campagne ne sera pas seulement préventive, elle sera aussi… scientifique ! Car l’INRAE de Nancy, et son laboratoire « Tous Chercheurs » est partie prenante de l’opération. Ses biologistes ont lancé le programme « Ci-tique », qui a pour but d’étudier et de mieux comprendre la vie des tiques.
Concrètement, les promeneurs sont donc amenés à etre acteurs de cette recherche scientifique.
A leur disposition, deux outils distincts mais complémentaires :

D’abord, l’application « Signalement tiques », qui permet à chacun de signaler la présence ou la morsure d’une tique.
Mais aussi, des kits de collecte, qui permettent de retirer une tique en cas de piqûre, de l’isoler dans un tube d’éthanol, et de le renvoyer au laboratoire de l’INRAE de Nancy pour qu’il y soit analysé.
 

Mieux connaître les tiques… pour mieux s’en protéger



L’objectif étant, à terme, de mieux connaître les différentes espèces de tiques, mais aussi d’évaluer leur profil épidémiologique et les maladies qu’elles peuvent transporter (voir encadré).

Deux points de dépôts de ces tubes de collecte ont été mis en place :
- Le siège du pôle métropolitain, situé dans la zone Qasar2 à Montbéliard
- L’Unité mobile de premiers secours (UMPS), basée au 43 rue principale à Leval, dans le Territoire de Belfort.

Une fois déposés sur ces lieux, les tubes sont envoyés au laboratoire.
Avec un but : mieux connaître les tiques et leurs caractéristiques en Nord Franche-Comté. Pour mieux s’en protéger à l’avenir.


 
Les tiques, vecteurs de la maladie de Lyme, mais pas seulement

Les tiques sont des arachnides potentiellement porteuses de maladies infectieuses mais non contagieuses, dont la borréliose de Lyme est la plus connue.
En France, on estime à plus de 33 000 le nombre de personnes touchées par la maladie.
Par ailleurs, si les spécialistes estiment que seuls 2% des tiques sont porteuses de la bactérie responsable de la maladie, Santé Publique France relève une augmentation du taux d’incidence ces dernières années, pour atteindre 104 cas pour 100 000 habitants, à l’échelle nationale.

Toutefois, le taux d’incidence n’est pas homogène et des régions sont plus touchées que d’autres. C’est le cas du Grand Est, de la Nouvelle Aquitaine, de l’Auvergne Rhône-Alpes et de la Bourgogne-Franche-Comté.

Les tiques peuvent également être porteuses d’autres maladies, comme l’encéphalite à tiques, pour laquelle Santé Publique France estime qu’une vingtaine de cas sont découverts en France chaque année et la tularémie – dont les lièvres peuvent également être des vecteurs – pour laquelle on observe entre 40 et 140 cas déclarés chaque année.
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