Valentigney : ils créent en couple leur agence de voyage d'autocar malgré le Covid

Elle a vingt-sept ans et lui trente ans. Kahina et Emirson Smajli ont décidé de se lancer sur la route de l'entreprenariat. C'est côte-à-côte, au volant de leur autocar, au départ de Valentigney qu'ils vont passer leur vie désormais, à la tête de leur agence de voyage, Smily Bus. 

Si s'aimer, c'est regarder ensemble dans la même direction, alors ces deux là s'aiment et il va même falloir désormais qu'ils se relaient au volant de leur autocar, pour emmener leurs passagers à Europa-Park, au Zoo d'Amnéville ou encore, si ça roule pour eux, en Espagne ou à Disneyland. Des voyages qui marqueront le début d'une nouvelle aventure professionnelle, rêvée à deux, à la tête de Smily Bus, leur agence de voyages en autocar.

"On y a mis toutes nos économies. Les 10 000 € du capital social, nos indemnités chômage, l'aide de ma grande-soeur." Au téléphone, on sent, dans la voix de Kahina Smajli, le grain de ceux qui croient en leur bonne étoile, qui ont envie coûte-que-coûte d'aller de l'avant, surtout s'il n'y a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens, comme dirait l'autre.

"Nous avions, mon mari et moi, une belle vie professionnelle épanouissante, chacun dans notre secteur, mais on passait nos journées sur les routes. Lui, chargé d'affaires dans les énergies renouvelables, faisait 3 heures de route par jour pour se rendre à Besançon ou Pontarlier. Moi, c'était pareil, mais à l'opposé. Je travaillais à Gefco, à Mulhouse. Je faisais une heure de trajet le matin, une heure le soir. On s'est dit que, quitte à mettre autant d'argent sur la route en conduisant, autant qu'on essaie d'en gagner en roulant."

En fait, au départ, l'idée d'Emirson et Kahina est simple et maline. Proposer, depuis Valentigney, Belfort, Montbéliard, Luxeuil ou encore Lure des trajets quotidiens de navettes en direction de l'aéroport Bâle-Mulhouse. À une époque où le stationnement, le péage et l'essence reviennent plus chers qu'un billet d'avion pour Tanger ou Madrid, l'affaire était entendue.

Le stop en catastrophe sur la bande d'arrêt d'urgence..avant même d'avoir commencé.

Ils démissionnent, sans passer par la case chômage. Emirson passe son permis D, puis une formation au transport de passagers. Nous sommes en mars 2020, la société Smily Bus est créée (leur nom de famille, Smajli, d'origine kossovarde, se prononce comme le verbe anglais du sourire). Tout est prêt.

Mais la pandémie commence, les avions sont cloués au sol et les aéroports contraints à la fermeture. Le stop en catastrophe sur la bande d'arrêt d'urgence..avant même d'avoir commencé.

"Au début, il nous a fallu deux, trois semaines pour digérer", explique Kahina. "Et puis on a décidé de continuer en proposant des trajets vers des sites touristiques. Nous avons donc entrepris des démarches pour créer notre agence de tourisme. J'ai passé mon permis D moi-aussi et réussi la formation pour le transport de passagers."

Les premiers départs sont prévus début juillet.

Elle nous explique qu'elle, qui n'aimait guère se garer en créneaux avec sa voiture, maîtrise désormais la conduite d'un car de 50 places et se sent prête à sillonner la région et ses voisines avec son époux Emirson. Les premiers départs sont prévus début juillet. Des trajets pour Europa-Park, Amnéville, puis les villes du sud en haute-saison.

À moyen terme, le couple souhaite proposer des trajets entre les villes du Nord Franche-Comté, permettant de développer une activité qui pourrait trouver sa clientèle. Et également se mettre au service des collectivités pour du transport scolaire. Le tout avec le sourire et en regardant ensemble dans la même direction.

 

 

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