Pontarlier : mot après mot, les Afghans réfugiés dans le Haut-Doubs apprennent le français et s’intègrent

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Écrit par Johanna Albrecht, avec Marine Candel
A Pontarlier, la MCJ des Capucins propose des cours de français grand débutants pour les réfugiés
A Pontarlier, la MCJ des Capucins propose des cours de français grand débutants pour les réfugiés © Guillaume Soudat / France Télévisions

Dans le Haut-Doubs, trois associations dispensent des cours de français aux étrangers et réfugiés fraîchement arrivés à Pontarlier. Depuis le début de l’année, les Afghans qui ont dû fuir leur pays après la prise de pouvoir des talibans se sont joints à la classe.

 "Ça, c’est quoi ? Oui, une salade". Devant les étalages du marché de Pontarlier, Sandra Tivan fait la leçon à ses élèves. Professeur bénévole de français à la MJC des Capucins, ce matin-là, elle a choisi d’emmener ses grands étudiants sur le terrain. "On a fait des leçons sur les légumes et les fruits, ça leur permet de réviser, explique-t-elle, et puis de leur faire connaître le marché". Car ses élèves de Français ont tout à découvrir de Pontarlier, du Doubs, et de la France.

L’enseignante dispense un cours de Français "grands débutants", à destination des étrangers et des réfugiés fraîchement arrivés sur le territoire. Elle s’arrête devant un marchand de fruits et légumes. "C’est lui qui va passer commande", dit-elle au vendeur, en pointant Mohebullah. "Bonjour Monsieur" s’applique le jeune Afghan "S’il vous plaît, une grappe de chaque". Le jeune homme de 25 ans est arrivé en France il y a maintenant un mois. "C’est un peu compliqué, mais ça va aller. Quand on est venus en France, on voyait tout le monde tranquille, pas de problème, on était contents". La grammaire n’est pas parfaite, mais ses progrès sont rapides.

Repartir de zéro

Ils sont une douzaine, comme lui, arrivés entre mi et fin septembre à Pontarlier, à devoir entièrement reconstruire leur vie. En attendant que leurs dossiers de demande d’asile ne soient traités par l’administration, ils sont logés par des associations, et suivent les cours de français donnés par trois autres structures. "Ils font toute la semaine, explique Sandra, ils vont chez moi, à la croix rouge. Ils en suivent le maximum". L’enseignante leur propose des sessions en extérieur comme ce matin au marché, une sortie au théâtre, ou des visites d’ateliers, mais l’essentiel des cours se fait dans les locaux de la MJC. "Le premier objectif, c’est de leur faire comprendre qu’il faut qu’ils apprennent le minimum. ‘j’ai mal au ventre’, aller chez le médecin, se présenter…". "Ils sont là pour apprendre à se débrouiller, s’acheter à manger, savoir demander l’heure, ces trucs de base".

Eux qui ont dû fuir un territoire tombés aux mains des talibans, il leur faut désormais réapprendre à s’exprimer. "J’ai appris l’anglais en Afghanistan, mais les gens ici ne le comprennent et ne le parlent pas. Alors j’essaie d’apprendre le français". Ayub a débuté il y a deux semaines l’apprentissage de sa troisième langue. Il était journaliste. "Nous sommes considérés comme des traîtres, car nous sommes journalistes, et ouvertement contre les talibans. Ils nous auraient tués, c'est pour ça que nous sommes venus ici". A sa droite, Amir Shah est un peu plus à l’aise. Il est arrivé début septembre. Lui était acteur : "J’ai joué le taliban dans certains films, et j’ai beaucoup travaillé pour l'éducation des filles. Les talibans n'aiment pas ces choses et n'aiment pas qu'on les représente de façon négative dans les films, mais pourtant c'est la vérité, je ne faisais que montrer leur vrai visage." 

Lorsque leur demande d’asile aura été acceptée, ils pourront choisir de rester à Pontarlier ou de partir. En attendant, ils apprennent à maîtriser les bases de notre difficile langue française.

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