VIDÉOS. Réforme des retraites : "On tiendra jusqu'à l'abrogation de la loi", retour sur la 9e journée de manifestations en Franche-Comté

Mobilisation nationale contre la réforme des retraites, acte IX ! En Franche-Comté, huit manifestations avaient lieu jeudi 23 mars. Elles ont rassemblé plus de 30 000 personnes selon les syndicats. Retour en images sur une journée marquée par la forte présence des jeunes et une hausse des tensions.

Ce jeudi 23 février marquait la 9e journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites. Neuvième manifestation certes, mais premier mouvement à être officiellement organisé après le recours à l’article 49.3 et le rejet de deux motions de censure contre le gouvernement d’Elisabeth Borne.

L'élan contestaire allait-il continuer alors que la loi a été adoptée par le Parlement ? En Franche-Comté, la réponse est oui. L'appel de l'intersyndicale a été particulièrement suivi : ce sont plus de 30 000 personnes qui ont battu les pavés francs-comtois (source syndicale) dans les huit cortèges organisés.

Ce chiffre baisse selon les comptages policiers (plus de 23 000) mais traduit une chose : au vu des pancartes, slogans et réactions des manifestants, "la lutte continuera jusqu'à l'abrogation" de la réforme des retraites.

A Besançon, une mobilisation calme malgré des heurts en fin de parcours

Dans la cité bisontine, rendez-vous était donné à 14h au parking Battant. Comme d'habitude, la manifestation ne s'est élancée qu'après une grosse demi-heure, le temps que le cortège se constitue.

Un cortège marqué par une forte mobilisation lycéenne et étudiante : "Etre ici aujourd'hui, après le 49-3, les deux motions de censure rejetées et l'allocution du président, c'est très important", raconte un jeune Bisontin. "Ces événements contraires ne changent rien à la lutte. On veut mettre assez de pression au gouvernement pour qu'il retire cette loi. On est tous là, solidaires. Et avec la grève et les actions "coup de poing", ça va le faire".

La manifestation s'est élancée dans la bonne humeur, avec de nombreux chants et slogans montrant tous la même détermination "à ne rien lâcher". Rien à signaler jusqu'à la dissolution du cortège "officiel", place de la Révolution, et la constitution d'une manifestation "sauvage", finalement dispersée par les forces de l'ordre à coup de gaz lacrymogènes.

En tout, les syndicats revendiquent plus de 11 500 manifestants, quand les policiers indiquent avoir compté 8 200 personnes dans les rues de Besançon.

A Besançon, la mobilisation contre la réforme des retraites a également pris une forme artistique. Trois graffeurs ont réalise une fresque géante "au nom de la démocratie". Depuis le 21 mars, les artistes travaillent sur le mur libre situé en face du FRAC et du Conservatoire.

La fresque devrait être terminée vendredi 24 mars.

A Vesoul, "on n'arrive de moins en moins à tenir les troupes"

Partie à 14h30 de la place Pierre Renet, la mobilisation vésulienne s'est faite remarquer par quelques débordements. Vers 16h, alors que la manifestation fournie (3 000 personnes selon les syndicats) atteignait le centre-ville, des jets d'œufs et de farine ont visé les forces de l'ordre et la permanence du parti Les Républicains.

Un feu de palettes a également été allumé devant la mairie, tandis qu' "une frange radicalisée de manifestants a jeté des cônes de chantiers et des barrières dans la cour de la préfecture" a expliqué Thierry Pagot, représentant du syndicat CFE-CGC de Haute-Saône.

Les forces de l'ordre sont alors intervenues avec des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Un climat particulièrement tendu pour Vesoul : "on avait jamais vu ça depuis les manifestations des agriculteurs" ont expliqué quelques habitants. "On arrive de moins en moins à tenir les troupes" rajoute Thierry Pagot. "J'ai peur que les manifestations deviennent de plus en plus violentes si le gouvernement ne nous écoute pas".

Vers 16h30, des agents d'Enedis ont quant à eux volontairement coupé le courant dans une grande partie de la ville. Une action revendiquée par le syndicat CGT.  "C'est notre façon de montrer notre mécontentement à Emmanuel Macron", témoigne Pascal Jeanmougin, secrétaire général CGT Energie Franche-Comté Sud. "Et nous prévenons les autorités : nos actions vont se durcir dès la semaine prochaine".

Mobilisation record à Dole

Le 23 mars, au matin, ce sont près de 4 000 manifestants qui s'étaient réunis à Dole (Jura). Un record depuis le début du mouvement social contre la réforme des retraites.

Dès 8h30, quelques 400 lycéens venus de tous les établissements de la ville ont bloqué les portes du lycée Nodier. Puis les jeunes ont rejoint le cortège principal, parti deux heures plus tard depuis l'avenue de Lahr.

Un cortège là aussi bon enfant, mêlant chants et danses, mais déterminé malgré la future promulgation de la réforme. Le mot d'ordre, scandé de nombreuses fois : "Aujourd'hui dans la rue, demain on continue".