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Elections départementales : comment respecter le pluralisme et l'équité dans nos JT ?

Depuis le 9 février, nous sommes en "période électorale". France 3 Franche-Comté doit suivre les recommandations du CSA, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, pour cette période. Des règles qui s'appliquent aux medias audiovisuels mais pas à la presse écrite ou sur internet. 
Ces recommandations reposent sur deux principes : le pluralisme et l'équité. L'objectif est de pouvoir proposer aux téléspectateurs une "information politique diversifiée qui ne les prive pas de la capacité d’exercer leur liberté d’opinion et de choix dans la mesure où ils sont aussi des électeurs."
Pour cela, nous devons suivre des règles très précises. Sur le site du CSA, tout est détaillé. 

Comment être équitable ? 

Equitable ne veut pas dire égalitaire. Seuls les candidats aux élections présidentielles ont le même temps de parole. Pour ces élections départementales, le CSA a établi des règles, les mêmes que pour chaque élection. Cela nous permet d'évaluer le poids de chaque candidat. Il faut tenir compte de:

-La représentativité des partis politiques à l'Assemblée Nationale et au Sénat.
-L'historique des élections cantonales précédentes en Franche-Comté
-La particularité de certains hommes politiques qui ont, de par leur parcours, un passé politique important.
-Les signes d'une campagne réelle sur le terrain. 

A noter que la parité Homme-Femme n'est pas un critère d'équité. Vous pouvez lire sur le blog politique l'article de Catherine Eme-Ziri expliquant pourquoi la parité n'est pas appliquée lors de nos émissions politiques. Vous découvrirez également comment nos confrères procèdent pour inviter sur leur plateau les candidats. 

A partir de là, les responsables de France 3 Franche-Comté établissent équitablement la représentativité des candidats. Pour respecter l'équité, il faut que le temps de parole soit proportionnel à la représentativité des partis des candidats en plateau. 
Si ce n'était pas le cas, il  aura fallu alors donner la parole à tous les autres candidats du canton. Généralement, six candidats de six cantons différents sont invités pour un débat sur un département. Si la règle du temps cantonal s'appliquait il faudrait inviter également tous les autres candidats de chaque canton représenté… Soit une trentaine d'invités, ce qui n'est pas possible ! Le plateau est bien trop petit et l'émission ne dure que 52 minutes. 

Pour les reportages, lorsque nos confrères tournent dans un canton, ils respectent l'équité en interviewant les principaux candidats et en citant les autres. Là, ces temps de parole sont comptés en "temps par canton"

A noter que nous pouvons interroger des candidats sans compter leur temps de parole quand ils sont incontournables pour réagir à un fait d'actualité. Dans ce cas, leur temps de parole n'est pas comptabilisé. 

Que fait le CSA ?

Chaque vendredi midi de ces six semaines de période électorale, nous envoyons les  temps comptabilisés au siège de France TV qui les vérifie puis les envoie au CSA. Cette instance peut être saisi par des candidats mécontents. Le CSA s'appuie alors sur les statistiques envoyées par notre antenne pour répondre. Les sages du CSA, si ils donnent raison au plaignant, peuvent demander un rééquilibrage des temps. A la fin de cette période électorale, chaque parti doit avoir un temps de parole proportionnel à sa représentativité.

Et le pluralisme ? 

Nous sommes tenus à respecter le pluralisme tout au long de l'année. Contrairement à l'équité, le pluralisme n'est pas quantifiable. L’article 13 de la loi du 30 septembre 1986 prévoit ainsi que le Conseil supérieur de l’audiovisuel « assure le respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans les programmes des services de radio et de télévision, en particulier pour les émissions d’information politique et générale ». Un gage pour la démocratie. 


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