Vers la fin de l'embargo chinois sur la viande bovine : les éleveurs se réjouissent

Les Chinois ont promis de lever "dans les six mois" l'embargo sur la viande bovine française. Une déclaration qui réjouit les éleveurs bovins, même si certains restent prudents.

Un débouché qui peut aider les éleveurs français à sortir de la crise


La visite d'Emmanuel Macron en Chine s’est conclue mercredi 10 janvier 2018 par plusieurs accords, notamment dans le domaine agricole. Les Chinois ont promis de lever "dans les six mois" l'embargo sur la viande bovine française. Cette mesure décrétée en 2001 pour des raisons sanitaires (dans le contexte de la crise de la "vache folle") était partiellement assouplie depuis mars 2017. Sa disparition prochaine est saluée par les éleveurs bovins et notamment ceux de Bourgogne.

"C’est une très bonne nouvelle", se réjouit Emmanuel Bernard, qui est éleveur de charolaises à Cercy-la-Tour dans la Nièvre. Cela fait des années que cet agriculteur suit de près les négociations pour débloquer le dossier de l’embargo. Il a participé à des missions à Shanghai, à Pékin, à Hong-Kong et a rencontré des délégations chinoises venues en Bourgogne.


C’est un débouché qui peut aider les éleveurs français à sortir de la crise, estime l’agriculteur. "Le niveau de vie des Chinois augmente et ils veulent diversifier leur alimentation, ne pas manger seulement du poulet. C’est une autoroute de croissance qui s’ouvre alors qu’en France la consommation de viande ne cesse de diminuer. Cela va nous permettre notamment de revaloriser des morceaux qu’on ne consomme pas et qu’eux utilisent pour des bouillons par exemple. A l’échelle de l'immense marché chinois, c’est une niche. Mais pour la France, cette niche représente un marché important", dit Emmanuel Bernard. "Cela permettra de mieux rémunérer les éleveurs."


L’autre raison d’être optimiste, c’est que les Chinois ont promis de lever l’embargo dans les six mois. "On a un délai qui est fixé, ce qui est très intéressant", précise l’éleveur de la Nièvre.

Il faudra que l’on joue la carte de la qualité


Yves Largy, éleveur à Curgy près d’Autun, se réjouit lui aussi de la future levée de l’embargo. Comme il préside aussi la coopérative Féder, qui exporte des charolais, il ajoute aussitôt "il faudra que l’on joue la carte de la qualité, car les Chinois se fournissent déjà en viande "lambda" dans des pays comme l’Australie. Seul l’atout de la qualité nous permettra de nous en sortir, car nos prix sont plus élevés."


En attendant, les professionnels français ont six mois pour se préparer. "C’est une démarche collective qu’il faut mettre en place avec les abatteurs. En France, il y a sept structures qui seraient susceptibles d’être agréées pour organiser les exportations en Chine. L’une d’elles se trouve en Bourgogne, ce sont les abattoirs de Cuiseaux, en Saône-et-Loire", ajoute Yves Largy.


Il faut voir si ça se concrétise


Gilles Degueurce, éleveur en Saône-et-Loire et président de la société d’agriculture de Charolles, salue lui aussi que cette bonne nouvelle. "Il faut voir si ça se concrétise, mais ce serait une bouffée d’oxygène qui nous ferait du bien", conclut-il.

Le reportage de Rémy Chidaine et Tania Gomès
Intervenants :

durée de la vidéo: 01 min 59
Ouverture du marché chinois à la filière bovine ©France 3 Bourgogne


La filière bovins viande en Bourgogne-Franche-Comté
La production de gros bovins et de veaux en Bourgogne-Franche-Comté représente 2 millions d’animaux, soit 10% de la production française en 2016.

Près de 200 000 bovins ont été exportés en 2016, principalement des animaux vivants vers l’Italie, l’Espagne. Les exportations vers le contour méditerranéen commencent également à se développer.

Les professionnels de viande bovine régionale privilégient une démarche de qualité. Outre divers labels de qualité, il existe par exemple désormais une IGP ('indication géographique protégée) "Charolais de Bourgogne".

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