Football : pourquoi les supporters de Dijon et Auxerre veulent faire des actions dans les stades

Les supporters de 33 clubs de football en France, dont les Ultras Auxerre et les Lingon's Boys de Dijon, veulent mener des actions revendicatives dans les stades lors des prochaines journées de Ligue 1.

Les joueurs de Dijon à domicile contre Troyes, le 18 novembre 2017
Les joueurs de Dijon à domicile contre Troyes, le 18 novembre 2017 © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
L'entrée des joueurs sur la pelouse du stade Gaston-Gérard, à Dijon, devrait être marquée samedi 25 novembre par une action du groupe de supporters Lingon's Boys. Dijon reçoit Toulouse à 20h.

Pas de fumigène au programme, mais une banderole pour montrer leur contestation sur deux sujets : les restrictions et interdictions de déplacement, ainsi que l'utilisation de la pyrotechnie, notamment les fumigènes, dans les stades. Le groupe attend néanmoins une réunion avec le club vendredi 24 novembre pour décider s'ils peuvent faire entrer cette banderole dans le stade.

Un combat pour autoriser la pyrotechnie


"La pyrotechnie est malheureusement trop souvent vue comme quelque chose de dangereux, alors que si elle était utilisée dans de bonnes conditions de sécurité ce ne serait un danger pour personne", estime Nicolas Guidot, président des Lingon's Boys.

Des fumigènes utilisés par les supporters de l'AJ Auxerre, le 30 septembre 2017
Des fumigènes utilisés par les supporters de l'AJ Auxerre, le 30 septembre 2017 © PHOTOPQR/L'YONNE REPUBLICAINE/MAXPPP

Le commissaire en charge de la division nationale de lutte contre le hooliganisme, cité par l'AFP, n'est pas du même avis. "C'est un vrai danger dans un milieu confiné et notamment en tribunes, où il y a une concentration de personnes très forte", note Antoine Mordacq, citant un incident qui a blessé un jeune de 17 ans à Bordeaux dimanche 19 novembre.

Une action nationale


33 groupes de supporter de toute la France se sont coordonnés pour organiser des actions lors des prochaines journées du championnat de France. 

Dans un communiqué, ils dénoncent des "interdictions et restrictions de déplacement [qui] se multiplient", "un encadrement excessif", "des atteintes notoires à [leur] liberté de circuler sur le territoire national" et contestent les sanctions concernant "l'usage de la pyrotechnie".

Cette mobilisation vise également à redorer leur image. "On trouve que l’image du supporter est dégradée. Un supporter c’est quelqu’un qui s’investit énormément pour son club, pour son groupe. Le stigmatiser pour quelques fumigènes, quelques débordements, on trouve cela exagéré", note Nicolas Guidot.
 

Des interdictions et restriction de déplacement qui se multiplient en France ?


Dans le communiqué, les groupes de supporter critiquent les interdictions et restrictions de déplacement. Selon eux, elles "se multiplient". Le président des Lingon's Boys partage cette vision : "Nous voyons de plus en plus des restrictions de déplacement, qui consistent à acheminer les supporter uniquement en bus, organisé par le club. Il y a des fouilles disproportionnées pour accéder aux tribunes visiteurs. C'est cette restriction de liberté que nous n'aimons pas", précise-t-il, tout en notant que cela concerne peu Dijon.

Le président met en avant la solidarité avec les autres supporter en France. "La préfecture de Côte-d'Or est relativement calme, nous n'avons jamais eu d'interdiction de déplacement", fait-il remarquer. Il pointe néanmoins "quelques déplacements où [ils sont] obligés de [se] présenter à un point particulier".

Du côté de la Ligue de Football Professionnel (LFP), l'argument des interdictions de déplacement est réfuté. "Il y en a eu 146 en 2015/16 sur les championnats de Ligue 1 et Ligue 2, 54 en 2016/17 et seulement deux en 2017/18", expliquent-ils à l'AFP.

 

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