Forêts et changement climatique en Franche-Comté : “on est démunis face au dépérissement des arbres”

Les scolytes creusent des galeries sous l'écorce et coupent ainsi la circulation de la sève, qui entraîne le dépérissement de l'arbre / © MAXPPP / Jean-Luc Flémal
Les scolytes creusent des galeries sous l'écorce et coupent ainsi la circulation de la sève, qui entraîne le dépérissement de l'arbre / © MAXPPP / Jean-Luc Flémal

En Franche-Comté, la forêt a souffert après les deux étés caniculaires de 2018 et 2019. Quel est avenir pour la sylviculture ? Questions à Christian Bulle, président du syndicat des propriétaires forestiers privés de Franche-Comté.

Par Raoul Advocat

Elle semble forte et immuable. Elle se révèle pourtant fragile. En l'espace de quelques années, la forêt a subi une multitude de blessures, en grande partie liées au réchauffement climatique.

Tempêtes, sécheresses, hivers trop doux, attaques de parasites comme les scolytes sur les épicéas et les sapins, la liste est longue. Ces phénomènes ne sont pas nouveaux. Leur ampleur, si :

De mémoire de forestiers, on n'a jamais vu ça. On ne peut rien faire, on ne peut que subir les conséquences de ces attaques,


constate Christian Bulle, président du syndicat des propriétaires forestiers privés de Franche-Comté.

 

Coûteux repeuplement



Les forestiers privés ? Ils possèdent la moitié des forêts en Franche-Comté. Ils sont environ 2200, en Haute-Saône, dans le Jura et le Doubs. Leurs propriétés forestières sont souvent de petites tailles, 4 ou 5 hectares, issues d'héritages familiaux. Une petite taille qui complique la gestion de la forêt. Parce que les revenus tirés de la vente du bois sont très aléatoires.

Les arbres abattus par la tempête de 1999 n'étaient pas malades, mais "verts". Ils ont été commercialisés autour de 60 euros le mètre cube. Pour les arbres malades, attaqués par les scolytes en 2019, le prix de vente est en chute libre :


 

Aujourd'hui, on est entre 5 et 10 euros maximum le mètre cube. Comment investir dans le repeuplement avec des sommes aussi faibles ?


La gestion de la forêt marie l'intervention humaine et la régénération naturelle de la forêt, selon le sol et le climat local : "on choisit de planter du chêne à la place du hêtre qui est moins résistant, et du sapin à la place de l'épicéa. Certains propriétaires  essaient des variétés plus méditerranéennes", précise Christian Bulle.

Ces choix sont-ils les bons ? Réponse au prochain cycle de production, dans un quart de siècle, au minimum ! 








 

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