"En colère", les infirmières scolaires demandent des moyens, et plus de bras dans leurs établissements

Les infirmières scolaires ont prévu de se rassembler devant le Rectorat de l’Académie de Besançon ce mardi 22 mars pour dénoncer un manque de moyens et des conditions de travail devenues "trop difficiles".

Les infirmières scolaires de l’Académie de Besançon seront en congrès extraordinaire ce mardi 22 mars. Elles ont prévu un rassemblement devant le Rectorat à partir de 14h pour dénoncer leurs conditions de travail depuis deux ans. Recrutement, salaires des contractuelles, surcharges de travail, la coupe est pleine selon une représentante syndicale.  

"Un plan d'urgence"

"C’est à la fois un ras le bol, et de la colère" s’inquiète Marie-France Maghdad, infirmière au Lycée Luxembourg de Vesoul depuis 14 ans et secrétaire académique SNICS/FSU, " On réclame un plan d’urgence pour notre profession. Les collègues n’en peuvent plus, on n’a l’impression de ne pas être entendues" ajoute-t-elle.  

Parmi leurs revendications, nombreuses, les infirmières scolaires dénoncent surtout un manque de moyens et de bras. Une seule infirmière aurait été recrutée dans l’Académie de Besançon à la rentrée scolaire 2021, bien insuffisant selon elles.

"Les deux années de Covid ont exacerbé les difficultés de notre métier" explique Marie-France, "Il faudrait recruter rapidement une trentaine d’infirmières dans l’Académie. Dans certains lycées, de 800, 900 élèves, il n’y a qu’une seule infirmière. On se retrouve vite débordées. On ne peut pas gérer des centaines d’élèves toutes seules » poursuit-elle. 

Pas de prime COVID ?

A la charge de travail s’ajoute aussi l’épuisement : "L’infirmière scolaire est le premier recours pour les élèves. Et il ne faut pas oublier que dans certains établissement on a fait du 100% covid : tracing, prise de contacts avec les familles…etc. Certaines infirmières travaillaient en dehors de leurs heures de boulot" s’alarme la représentante SNICS/FSU.  

Les infirmières scolaire espèrent aussi pouvoir bénéficier à leur tour du complément de traitement indiciaire covid versés aux professions médicales. 180 euros par mois auxquels elles n’ont pour l’instant, pas eu droit. « Les salaires sont aussi un problème. C’est pour ça qu’on a du mal à embaucher. L’an dernier, une contractuelle de l’éducation nationale a travaillé 12 mois dans l’Académie. Elle a touché 14000 euros sur l’année. C’est moins que le SMIC » conclut Marie-France Maghdad.  

Que dit l'Académie ?

De son côté, le rectorat d’Académie nous confirme qu’une délégation sera bien reçue en début d’après-midi par la DRH et l’infirmière conseillère technique auprès de la rectrice d’académie.