Grippe aviaire : Quatre départements de Bourgogne-Franche-Comté passent en "risque élevé"

Le Jura, la Saône-et-Loire, la Haute-Saône et la Côte d'Or font partie des 45 départements français passé ce 5 novembre en risque "élevé" d'introduction de la grippe aviaire par les oiseaux migratoires. 
Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Rémy PERRIN- Max PPP
Un arrêté publié le 4 novembre au Journal officiel obligent les éleveurs de ces 45 départements à confiner les volailles ou à poser des filets de protection.
Ces mesures de restriction sont justifiées par "la nécessité de prendre des mesures de prévention urgentes et immédiates pour protéger les élevages de volailles français d'une potentielle contamination par le virus influenza aviaire par les oiseaux sauvages en particulier dans les zones à risque particulier ou les départements traversés par des couloirs de migration", selon cet arrêté. Dans les autres départements, le risque reste qualifié de "modéré" .

La France est à ce jour indemne d'influenza aviaire hautement pathogène. Le retour de ce virus sur le territoire national aurait des conséquences économiques majeures pour la filière, qui pourrait voir se fermer les débouchés à l'exportation.

Un précédent épisode de grippe aviaire avait eu lieu en France en 2015-2017. Dans le Sud-Ouest, des abattages massifs dans les élevages avoir du avoir lieu pour éradiquer la maladie et coûté des centaines de millions d'euros aux producteurs. La Franche-Comté était également concernée : 
 
    Le passage à un risque "élevé" déclenche l'instauration de mesures obligatoires de protection renforcées à compter du 6 novembre dans l’ensemble des départements classés en niveau « élevé » et dans les zones à risque particulier (ZRP) :

 claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des
parcours extérieurs pour les animaux ;
 interdiction de rassemblement d’oiseaux (exemples : concours, foires ou expositions) ;
 interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ces départements à des
rassemblements organisés dans le reste du territoire ;
 interdiction des transports et lâchers de gibiers à plumes ;
 interdiction d’utilisation d'appelant.
 
© Ministère de l'agriculture



Les zones à risque particulier abritent des zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs. La liste des communes concernées est définie par l’arrêté ministériel du 16 mars 2016 modifié.

Les mesures suivantes sont par ailleurs maintenues obligatoires sur tout le territoire :
 surveillance clinique quotidienne dans les élevages commerciaux ;
 interdiction des compétitions de pigeons voyageurs au départ ou à l'arrivée d'un département
cité ;
 vaccination obligatoire dans les zoos pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés
sous filet.

Des dérogations seront envisagées avec les acteurs dans le respect des textes applicables, en particulier ceux relatifs à la gestion actuelle de la crise Covid.


Cette décision devrait concerner le marché de Louhans, marché de plein air qui a lieu tous les lundis à Louhans dans la Bresse bourguignonne en Saône-et-Loire. De novembre 2016 à avril 2017, la vente d'animaux vivants était limité en raison de la grippe aviaire.

    

Il s'agit, selon l'exposé du ministère de l'Agriculture dans son arrêté, de "prendre en compte l'évolution sanitaire défavorable vis-à-vis de l'influenza aviaire dans l'avifaune en Europe". 
    
Depuis l'apparition de foyers en Russie et au Kazakhstan cet été, l'épizootie, qui ne présente aucun danger pour l'homme, a progressé vers l'ouest, atteignant récemment les Pays-Bas. 
  
 "Depuis, une dynamique d'infection s'est emballée puisque 13 cas en faune sauvage et un foyer en élevage de poulets de chair aux Pays-Bas et 13 cas chez des oiseaux sauvages en Allemagne ont été déclarés. Le 3 novembre, le Royaume-Uni déclare également un premier foyer, dans le nord-ouest de l'Angleterre", souligne le ministère.
 
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