Haute-Saône : laissez-vous enchanter par le parc à l’anglaise de la Cude

Situé à Mailleroncourt-Charette en Haute-Saône, Le parc à l’anglaise de la Cude est un écrin de verdure labellisé « Jardin remarquable ». C’est une balade magique et très instructive dans les sous-bois que nous offre François, le créateur des lieux.
© Pascal Sulocha

Un matin de juin, Chantal et François Folley nous ouvrent les portes de leur paradis bucolique, le parc à l'anglaise de la Cude.
Pour ces amoureux de la nature, c’est toujours un plaisir de recevoir des visiteurs venus admirer ce parc qui compte plus de 2 000 végétaux venus de tous les continents. 

Parc à l'anglaise La Cude

Situé dans la vallée du Durgeon, à Mailleroncourt-Charette, ce parc s’inscrit dans une longue histoire familiale, celle de François Folley.

La Cude, une histoire de famille

Difficile pour Pascal et moi d’imaginer qu’en lieu et place de ce magnifique parc se situait une pommeraie installée sur une ancienne carrière de pierres calcaires !
C'est en 1880 que l'arrière-grand-père de François fait l'acquisition de ce terrain pour y implanter une pommeraie.
Cette activité est reprise par le grand-père de François qui, à chaque naissance d'un enfant, décide de planter un arbre d'une essence particulière.

L'exploitation du verger revient ensuite à François qui l'entretien pendant de nombreuses années avec son épouse Chantal. Mais en 1980 la totalité des pommiers subissent les aléas climatiques et doivent être arrachés. Le projet suivant, une plantation de douglas dans un but de production industrielle, échoue.
François décide alors d'installer un arboretum pour accompagner le cyprès planté dans les années 1900 par son grand-père pour la naissance de sa première fille. 
Au fil des années il plante plus de 2000 arbres répartis sur cinq hectares : conifères, feuillus, essences de toutes régions, et arbustes de tout les continents.
 

Quand les gens regardent cet endroit, ils disent qu’il n’y a pas de fleurs, mais il faut savoir que toutes les plantes fleurissent !

François

Une balade comme une visite dans un cabinet de curiosités

Arboriculteur de formation, François est une vraie encyclopédie botanique ! Au départ de la balade, c’est avec malice qu’il nous questionne sur notre préférence à entendre les noms vernaculaires (noms courants) ou les noms scientifiques des différentes essences qu’il nous présente. C'est un guide très appréciable car il n'hésite pas à ponctuer notre découverte par de multiples anecdotes historiques ou locales.

Nous commençons la déambulation sur le chemin tracé par ses ancêtres. C'est une visite qui s'étale sur près de 2 kilomètres sous les feuillages.
François nous présente tout d’abord les robiniers (appelés à tort acacias) et déplore, en fin gourmet qu'il est, qu’en raison des fortes gelées du mois d’avril Chantal n’a pas pu faire "ses fameux beignets" avec les fleurs. 
Mais si certaines plantes sont comestibles, il nous met en garde contre certaines qui sont toxiques, voire mortelles.
C’est le cas de l’if, un conifère très connu pour sa toxicité autant pour l’homme que pour de nombreuses espèces animales. Dans cette plante, cette toxicité concerne toutes les parties de l’arbre, sauf ses fruits. 

Un peu plus loin, nous découvrons un arbre "assez agressif" selon les mot du propriétaire.

Févier "Carouge à miel"  ou "épine du Christ"
Févier "Carouge à miel" ou "épine du Christ" © Pascal Sulocha

C’est un févier appelé "carouge à miel" mais également "épine du Christ". La légende veut que la couronne d’épine que porte le Christ fût faite avec cet arbre, mais "il y a 2 000 ans, cet arbre n’existait pas en Judée !" nous précise-t-il avec amusement.

Cet arbre produit beaucoup fleurs qui attirent de nombreux insectes dont les abeilles, ce qui lui vaut le nom de "carouge à miel."

François

Un peu plus loin, sur le côté du chemin, trône un magnifique Ginkgo Biloba. Saviez-vous que c’était la plus vieille espèce d’arbre au monde ? Il est apparu sur terre il y a 270 millions d’années, bien avant les animaux et les fleurs.

Parmi les autres plantes "originales" qui composent ce parc, Pascal et moi découvrons l’asiminier dont les fleurs ressemblent à des tulipes inversées. Cet arbre produit des asimines, des fruits qui ressemblent à des papayes et dont la chair est très douce. Et comme le fin gourmet n'est pas loin, François nous informe que Chantal fait de délicieuses confitures avec ces fruits !

Dans les hauteurs du parc, nous continuons de découvrir des essences particulières. Un araucaria, appelé couramment "désespoir des singes" trône sur le bord du sentier. Cet arbre peu courant dans nos régions, car originaire d’Amérique du Sud, doit son surnom à ses feuilles pointues, disposées en écailles et terriblement piquantes. 
 François nous présente un autre conifère spectaculaire : un sapin de Chine (Cunninghamia lanceolata) dont les aiguilles sont très caractéristiques. Elles sont longues et larges, comme une branche. Si la plupart des conifères perdent à un moment donné leurs aiguilles, sur cet arbre c’est impressionnant ! "Là il n’y a pas 200 feuilles (ou aiguilles), c’est une entité" nous précise François en ramassant "l'aiguille".

Devant le sapin de Chine (Cunninghamia lanceolata).
Devant le sapin de Chine (Cunninghamia lanceolata). © Pascal Sulocha

Dans ce parc, François aime suprendre les visiteurs. A ces essences un peu rares dans nos régions se mêlent des arbres et arbustes plus communs comme le savonnier. Quand il fleurit il produit de grosses grappes jaunes qui se transforment en gousses contenant de petites graines noires. Ces graines ont été utilisées pendant très longtemps dans la confection de chapelets. Elles servaient également dans la fabrication du… savon (là on avait tout juste avec Pascal !).

En haut du parc nous découvrons plusieurs espaces dédiés à des espèces spécifiques. A cet endroit, François a planté une quinzaine de chênes différents : chêne à feuilles de bambou, chêne glauque, chêne bicolore, chêne du teinturier...
A propos de teinture, il nous fait découvrir l'oranger des Osages qui, malgré son nom n’a rien d’un agrume si ce n’est son fruit qui ressemble à une orange verte.
Notre guide du jour nous apprend que le nom de cet arbre vient d’une tribu amérindienne (les Osages) qui utilisait ses branches pour confectionner leurs arcs et ses fruits pour se peindre le visage et teindre leurs vêtements.

A mi-chemin de notre balade, Chantal nous rejoint pour nous présenter son "arbre préféré". Il s'agit d'un magnolia parasol dont les magnifiques fleurs blanches ne durent pas plus de 2 jours.

Fleur de magnolia parasol
Fleur de magnolia parasol © Pascal Sulocha

Un peu plus loin ,elle nous entraîne dans un endroit magique où s'épanouissent un grand nombre de plantes dites "de bruyère" comme les hortensias, les azalées, les rhododendrons… On y trouve également de magnifiques érables du Japon aux couleurs chatoyantes.

Un parc pédagogique et ludique !

Pour ceux qui préfère visiter ce parc en solo, la plupart des arbres et arbustes sont identifiés grâce à de belles pancartes manuscrites posées au pied. 
La Cude est également refuge LPO et de nombreux oiseaux profitent des nichoirs installés un peu partout. Si leurs chants sont très présents lors de la balade, difficile de tous les voir ! François et Chantal avec l'association "Les amis de la Cude" ont installé des panneaux au gré de la visite donnant des informations sur tous les volatiles recensés sur le site.

Le parc à l'anglaise de la Cude est un lieu très ludique également. Les membres de l'association y ont créés différents espaces récréatifs.
Pascal et moi découvrons un "arbre à mots" au détour du sentier. C'est arbre ludique pour les enfants qui doivent reconstituer un mot à partir des lettres trouvées. François nous montre la lettre A et nous invite à chercher les autres. Une façon pour ce passionné d’inviter les visiteurs à regarder plus attentivement autour d'eux et à se poser un peu.

A mi-chemin de la balade, Pascal et moi découvrons de multiples jeux pour les enfants de 7 à 77 ans, tous fait en bois par "les amis de la Cude". Des sculptures fabriquées avec de vieux outils de jardinage sont disséminées dans ce lieu. Ce sont les œuvres de Gérard, membre de l'association.

Une des sculptures en vieux outils de jardinage visible dans le parc
Une des sculptures en vieux outils de jardinage visible dans le parc © Pascal Sulocha

Une des spécificités de ce parc est le parcours pieds nus.
Installé à l'origine pour les petits-enfants de François et Chantal, il est devenu incontournable pour tous ceux qui visitent ce parc. Long de 800 mètres, les visiteurs profitent d'un parcours sensoriel en foulant divers matériaux (liège, sable, aiguilles de pins...) et terminent le parcours dans la boue ! Un jet d'eau permet ensuite de se nettoyer les pieds.

La découverte du parc à l'anglaise de la Cude a été pour nous riche en découvertes grâce à François, notre guide intarrissable ! Nous vous recommandons fortement de faire la visite en sa compagnie.
Après cette matinée incroyable et intense, Pascal et moi repartons pour découvrir de nouveaux jardins en Bourgogne-Franche-Comté.

Les infos pratiques

Le site du parc à l'anglaise de la Cude
La visite du parc se fait sur rendez-vous en appelant au  03 84 95 83 93  ou au  06 85 09 81 25
Tarifs : 6 euros/adulte, 4 euros pour les moins de 12 ans. Vous pouvez bénéficier d'un forfait famille (2 adultes et 2 enfants) pour 16 euros.
Possibilité de tarif de groupes.

 

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