CARTE. Ces sept châteaux de Franche-Comté qui valent le détour

Avec son riche passé, la Franche-Comté regorge de châteaux. Beaucoup appartiennent au domaine privé, mais certains propriétaires vous ouvrent leurs portes, et plus particulièrement l’été. Si vous aimez l’Histoire, les vieilles pierres, les jardins, c’est l’occasion de découvrir ces châteaux lors vos vacances. Nous vous en avons sélectionné sept.

La région de Franche-Comté possède de nombreux châteaux privés. Certains sont en ruine ou en cours de restauration, d’autres remarquablement conservés. Beaucoup sont habités occasionnellement ou en permanence par leurs propriétaires. Qu’ils soient de nobles descendants des premiers châtelains, ou bien de riches roturiers amoureux de monuments, ils vouent tous une véritable passion pour leur patrimoine en faisant preuve de courage pour le préserver et en nous le faisant aujourd’hui partager. En voici quelques exemples.

Des châteaux médiévaux restaurés de façon admirable

  • Le Château de Valleroy à Vallerois-le-Bois (Haute-Saône)

Le château de Valleroy, classé Monument historique, est une demeure privée qui surplombe le petit village de Vallerois-le-Bois (Haute-Saône). Il est bâti au XIIᵉ siècle, mais ses bâtiments actuels sont datés du XVᵉ au XVIᵉ siècle.

Lorsque le château est confisqué et vendu comme Bien national à la Révolution Française, il est partagé entre plusieurs propriétaires. Il subit d’importantes modifications et sert de carrières de pierres. Laissé à l’abandon, il se dégrade alors fortement.

Ne soyez donc pas découragés par l’aspect de l’entrée de l’édifice, ou par l’amoncellement de pierres, qui font penser que le bâtiment est toujours en ruine. En accédant dans la basse-cour, vous pourrez ainsi admirer un grand pigeonnier, symbole de puissance. Puis dans la cour du château, vous apprécierez un grand puits restauré et la tourelle d’escaliers. C’est en visitant le donjon que vous réaliserez l’immense travail de restauration commencé en 1990 par les propriétaires actuels, M. et Mme Jean-Paul Borsotti.

Parmi les ouvrages remarquables du château se trouve au rez-de-chaussée, dans la salle dite des Montrost, l’imposante cheminée des Vaudrey, famille héritière du château. C’est un chef-d'œuvre d’art gothique, avec ses pierres torsadées et les armoiries des Vaudrey-Montrost sur son linteau. Ce dernier avait été démonté lors du démantèlement du château et remonté dans le couvent des sœurs de la Charité (l’ancien hôpital Paul Morel) à Vesoul.  Réussir à faire revenir à son emplacement d’origine, dans un domaine privé, un bien acquis par l’hôpital public, montre à quel point le propriétaire du château est un passionné. 

À noter que l’Association de restauration et de mise en valeur du château de Valleroy accompagne les propriétaires dans l’organisation d’évènements et les visites guidées.  

Situé à 20 minutes de Vesoul en direction de Villersexel, le château est ouvert jusqu’au 15 août, tous les après-midis. Puis jusqu’à début octobre, seulement les dimanches après-midi. Le tarif de la visite est libre.

    • Le château du Pin (Jura)

    Le château du Pin est érigé entre 1252 et 1260 par Jean de Châlon, issu de la branche cadette de la maison des Ducs de Bourgogne. Cette forteresse a permis de protéger les caravanes chargées de sel, "l’or blanc" du XIIIᵉ siècle, extrait des salines de Montmorot. 

    Au XVIᵉ siècle, le château appartient à la famille Vaudrey. Il est démilitarisé en 1664. Au XIXᵉ, il est transformé en ferme viticole et le donjon ébranlé à la dynamite.
    À partir de 1923, l’édifice devient un "Chef-d'œuvre en péril", mais il est sauvé grâce aux importantes restaurations menées successivement par les barons Carlos, Gérard et Charles Watteville, issus d’une grande famille bernoise, puis par leurs héritiers, Béatrice Bonzon de Turckeim et son époux en 1994.

    Cet été, vous pouvez d’ailleurs découvrir l’exposition qui leur est consacrée : "les 100 ans de la présence de la famille de Watteville au château : 1923 - 2023". Elle est visible dans le donjon seigneurial.

    Toujours dans le Donjon, vous pourrez admirer la très belle salle Vaudrey, "salle du Seigneur", lieu jusqu’à la Révolution de Haute, Moyenne et Basse Justice. Le magnifique manteau de la cheminée monumentale est orné de la plus vieille peinture héraldique franc-comtoise. Elle représente les blasons des armes et les mariages de la famille de Benoit Charreton, trésorier de Philippe II d’Espagne pour les Flandres et la Franche-Comté. Dans cette même pièce se trouve une petite chapelle restaurée.

    À noter que les portes ouvrant sur les salles du Donjon datent du XV siècle.
    Le château, perché en haut d’une butte, est visible depuis la route départementale D70. Il se situe à 10 minutes au nord de Lons-le-Saunier. Les visites libres de cette propriété privée sont possibles tous les jours, jusqu’au 31 août, de 13h à 19h. Des visites commentées sont proposées par le gardien du château, un passionné d’histoire et d’archéologie, les mercredis et dimanches à 14h. Les tarifs sont de 8 euros pour les adultes et 4 euros pour les enfants. Fermeture exceptionnelle le 6 août 2023.

    Des châteaux et leurs jardins du 18ᵉ siècle remarquablement conservés 

    • Le château d'Arlay (Jura)

    Le domaine du château d’Arlay, c’est la découverte d’un site historique et viticole, un magnifique château du XVIIIe siècle avec son mobilier, une cave monumentale, les ruines d’une forteresse médiévale, un jardin potager et fleuri et un parc classé de huit hectares avec de magnifiques points de vue sur le village et le vignoble.

    Ce château, réputé plus ancien château viticole de France, ancienne Vigne Royale d’Espagne, d’Angleterre et de France, est aujourd’hui la propriété privée de la famille de Laguiche.

    Les remparts de l’ancienne forteresse médiévale, perchés en haut d’une colline, sont toujours visibles, mais en ruine. C’est au pied de cette butte que le château, tel qu’on peut le voir aujourd’hui, est aménagé en 1774 par la comtesse de Lauraguais, Princesse d’Isenghien, héritière du château-fort, à l’emplacement même d’un couvent des Minimes datant lui du XVIIe siècle.

    Une visite intérieure haute en couleurs

    L’architecte comtois Rémy Léger transformera l’édifice en vaste château de style néo-classique inspiré de Claude Nicolas Ledoux. La visite intérieure du château vous permet de découvrir les appartements du Prince et de la Princesse Pierre d’Arenberg, aménagés en 1825. Vous pourrez admirer les chambres, le grand salon, la bibliothèque, une chapelle, le billard et la salle à manger, ainsi que la grande cave.

    À l’extérieur, vous pourrez vous promener dans le jardin des jeux, créé en 1996. Fleurs et potagers mêlés représentant un jeu de croquet géant. Le parc romantique de huit hectares créé au XIIIe siècle, vous emmène jusqu’au sommet de la colline, au cœur du site médiéval.

    Vous y admirerez terrasses, bosquets, boulingrins, tous restaurés selon le plan d’origine de 1774. Malheureusement, le parc a été durement touché lors de la tempête du 15 juillet dernier. Une trentaine d’arbres ont été cassés ou déracinés. La gloriette a été totalement détruite.

    En été, les visites du parc ont lieu la journée de 10 h à 12 h et de 14 h à 19 h (fermeture les dimanches matin). L’intérieur du château ne se visite que les après-midi. Plus d’infos sur le site du château.

    • Le château de Vaire-le-Grand (Doubs) et son jardin à la française

    Le château de Vaire-le-Grand fut construit entre 1713 et 1717. L’extérieur du bâtiment est simple avec une façade sobre. Sa particularité est qu’il n’est pas dans l’axe d’arrivée de l’avant-cour, mais en retour d’équerre, afin de profiter de la vue sur la vallée du Doubs.

    Le véritable attrait de ce site est son remarquable jardin à la française, sûrement l’un des plus anciens de Franche-Comté (un acte notarial de 1718 prouve qu’il existait avant cette date). L’aménagement de ce jardin est inspiré du traité de Dézallier d’Argenville.

    Pour accéder au site, après avoir monté une allée ombragée, on accède à l’avant-cour du château par une grille en fer forgé cantonnée de part et d’autre par deux pavillons. Cette avant-cour est dominée par une terrasse constituant la cour d’honneur.

    Un jardin qui fait office de belvédère sur la vallée du Doubs

    Le jardin s’étend sur la partie plane de la butte, ce qui le transforme en un vaste belvédère sur la vallée du Doubs. De part et d’autre d’une allée centrale, des boulingrins et deux allées de tilleuls mènent à un bassin circulaire. Ce dernier sert de premier miroir au château et surplombe la seconde terrasse. Cette dernière possède également en son centre un bassin d’eau, mais plus petit.

    Le château est situé à 20 minutes de Besançon. Il est ouvert au public tous les jours du mois d’août, de 14h à 18h.

    • Les jardins à la française du château de Jallerange (Doubs)

    Le château de Jallerange est créé au XVIIIe siècle à l'initiative de Claude-Nicolas Marcellin Seguin de Jallerange, conseiller au parlement de Franche-Comté. Il est accessible depuis la rue, par une allée conduisant au portail de la cour d’honneur, au fond de laquelle se dresse la façade régulière du corps de logis.

    Son jardin à la française a été créé en 1771 et conserve aujourd’hui toute son authenticité grâce aux descendants de son créateur. Il est "le plus exact et charmant de Franche-Comté", peut-on lire sur la plaque à l’entrée de l’enceinte du château.

    Le domaine de cinq hectares est privé et classé Monument historique. Les visites guidées sont sur rendez-vous de 14 h à 19 h. Elles vous permettront de découvrir le jardin à la française, le parc anglais créé en 1845 par Amédée Seguin de Jallerange, une remarquable glacière qui surplombe le potager et les témoignages du passé viticole avec ses deux imposants pressoirs du XVIIIᵉ et de superbes caves voutées.

    Un château et sa chapelle à l’architecture unique en Franche-Comté 

    •  Le château de Montrambert (Jura)

    À l’origine, le château de Montrambert était une forteresse bâtie pour protéger la vallée de l’Ognon. Démantelé en 1636, il a été remplacé par une maison d’agrément. Racheté en 1839 par Jean Ménans, maître de Forges, il appartient toujours à ses descendants.
    Domaine privé, seuls la chapelle et le parc sont accessibles. Mais si par chance, les propriétaires sont présents, ils vous accompagneront pour une visite guidée.

    Vous découvrirez la petite chapelle de style néo-byzantin, conçue en 1884 par l’architecte lyonnais Léon Charvet et décorée par le peintre Louis Bardey. C’est le seul exemple de ce type d’architecture en Franche-Comté. Elle est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. La décoration est très chargée, mais harmonieuse. Les peintures sont remarquablement conservées. Toute la chapelle est dédiée au sacré-cœur, comme le rappelle un tableau au-dessus de l’autel.

    Les points de vue autour du parc valent également le détour. Le château, bâti sur un piton rocheux, domine la vallée de l’Ognon. Depuis sa cour, on peut apercevoir sur l’ouest le village de Pesmes, petite cité de caractère et côté est, l’abbaye d’Acey.

    Situé au hameau de Montrambert sur la commune de Dammartin-Marpain (Jura), le site du château est ouvert l’été de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Vous pouvez emprunter la grande allée de marronniers et y stationner votre véhicule, puis passez le pont à pied.
    À noter qu’une partie du toit est en cours de restauration. Mais que cela ne vous décourage pas de venir découvrir la beauté du site. 

    Peut-être l’un des plus beaux châteaux du XIXe siècle

    •  Le château de Villersexel

    C’est la revue "Propriétés de France" qui l’aurait qualifié de "l’un des plus beaux châteaux de son époque". Il faut dire que sa façade en pierre blanche et brique rouge coiffée d’une toiture en ardoise grise est majestueuse. Vous remarquerez une particularité : ses deux ailes sont asymétriques.

    Depuis le Moyen-Age, la ville de Villersexel s’est organisée autour d’un château. Au fil des siècles et des guerres, les forteresses furent détruites et reconstruites. La tour actuelle crénelée du XIXe siècle symbolise l’ancien château-fort. Au XVIIIe, un nouvel édifice est restructuré par la famille Grammont, mais sera victime d’un incendie en 1871 lors de la bataille de Villersexel.

    Un grand salon qui vaut le détour

    Vers 1880, Félix-Théodule de Grammont fait construire, en retrait des ruines précédentes, le château actuel de style Louis XIII. Le château est aujourd'hui un domaine privé, mais il est régulièrement ouvert au public. A l’intérieur, vous pourrez découvrir au rez-de-chaussée le grand salon impressionnant par ses plafonds peints, ses boiseries en noyer, le petit salon, la grande salle à manger et l’escalier d’honneur.

    À l’extérieur, outre la magnifique façade, vous pourrez observer parmi les dépendances, l’ancien manège du régiment ou l’ancienne saline, dont l’architecture s’apparente à celle de Claude Nicolas Ledoux.

    Les visites libres sont possibles les après-midi, du mardi au vendredi, de 13 h à 18 h. Il est conseillé d’utiliser son smartphone pour lire les QR codes, mais des panneaux explicatifs sont également présents. Les visites guidées se font sur réservation.
    À noter que le château propose également la table et chambres d’hôtes et la location de salles de prestiges pour des séminaires ou des mariages, par exemple.