Histoires 14-18 : Jules Rimet, père de la coupe du monde de football

© Pozzo Collection/FIFA Museum/Collection privée Yves Rimet/BNF Gallica
© Pozzo Collection/FIFA Museum/Collection privée Yves Rimet/BNF Gallica

Par France 3

Le nom de Jules Rimet est moins connu que celui de Pierre de Coubertin. Et pourtant le fondateur de la coupe du monde de football a lui aussi réussi une œuvre sportive mondiale. Et c’est au cœur de la grande guerre qu’elle prend ses racines.

Rien ne prédestinait Jules Rimet à un destin international. Fils d’un marchand-épicier, il naît en 1873 dans cette modeste demeure de Theuley en Haute-Saône. A douze ans, il déménage pour Paris et découvre le football sur l’esplanade des Invalides. Il étudie le droit et s’engage dans le mouvement du catholicisme social. Jules Rimet n’a jamais atteint un haut-niveau en sport  mais  il veut le sortir de la sphère aristocratique. Il crée à 24 ans le Red Star Club, où jeunes employés et ouvriers pratiqueront l’escrime, la course, le vélo, le football, mais aussi la poésie et la littérature, dont il est passionné.

Histoires 14-18 : Jules Rimet, père de la coupe du monde de football
Source archives : - Pozzo Collection - FIFA Museum - Collection privée Yves Rimet - BNF Gallica  - France 3 - F. Cicolella

Pendant la guerre, Jules Rimet, qui a dépassé les quarante ans, est affecté à un régiment d’infanterie territorial. Il est décoré plusieurs fois pour ses faits d’armes.  Au front, éloigné des terrains, mais pas des dirigeants, il écrit et rêve que par le football, "les hommes puissent se rencontrer en toute confiance sans haine dans leurs cœurs et sans insultes sur leurs lèvres". En 1919, il prend la tête de la Fédération Française de Football association, et deux ans plus tard de la FIFA, la fédération internationale, qu’il dirigera durant 33 ans !

Fin diplomate, « opportuniste et temporisateur », comme l’écrit le Miroir, Jules Rimet décide en 1928 d’organiser une compétition ouverte à toutes les nations du football. Elle aura lieu tous les quatre ans. Un objet d’art sera remis au vainqueur. La première se tient en 1930 en Uruguay, pays qui s’est distingué lors du tournoi olympique. Seules la France, la Belgique, la Roumanie et la Yougloslavie font la périlleuse traversée vers l’Amérique. Mais dès 1934, l’édition en Italie rassemble seize nations. Mussolini en fait malheureusement une vibrante exaltation fasciste. Ce qui coûtera sans doute le prix Nobel de la paix à Jules Rimet en 1955. Peu importe, son rassemblement footballistique de tous les peuples survivra à sa mort et à la seconde guerre mondiale, devenant l’événement planétaire qu’on connaît aujourd’hui.





 

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