Petite Finlande de la Haute-Saône, les 1000 étangs visent l'inscription au patrimoine mondial de l’Unesco

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Écrit par Sophie Courageot avec Frédéric Buridant

Le plateau des 1000 étangs en Haute-Saône sera-t-il, un jour, classé au patrimoine mondial de l’Unesco ? C’est l’ambition du conseil départemental. Ce secteur, mis en lumière à chaque passage du Tour de France à la Planche-des-Belles-Filles est mal connu. Le travail sera de longue haleine pour espérer décrocher cette valorisation d'un des plus beaux paysages du département.

Vu du ciel, la carte postale est belle. Des étangs à perte de vue. La nature offerte sur un plateau ! Le Plateau des 1000 Étangs s’étend sur une zone de 220 km², de Lure jusqu'à Faucogney, en passant par Melisey, Servance, le Col des Croix qui marque la limite avec les Vosges, et le Ballon de Servance.

Depuis plusieurs années, le département souhaite valoriser ces paysages et leur histoire.

“Sur ce plateau en moyenne montagne, nous avons des centaines d’étangs. On dit les 1000 étangs, il y en a en réalité 1300. C’est quelque chose de très particulier et unique au niveau national. Il y a beaucoup de zones d’étangs en plaine comme la Dombe, la Brenne. Mais des étangs situés sur un plateau, il n’y en a pas ailleurs en France, et on se doute aussi qu’en Europe, cela reste une exception” explique Laurent Seguin, maire de Faucogney-et-la-Mer.

Les scientifiques sont déjà au travail

De 2019 à 2021, des scientifiques ont commencé à étudier ce territoire, en éditant un premier livre, “l’avenir des 1000 étangs, une ambition à hauteur de l’exception”.

Une nouvelle commission scientifique est en place. Composée de membres des universités de Franche-Comté et de Lorraine, cette commission va travailler sur la richesse des 1000 étangs : écologie, qualité de l’eau, archéologie minière, géomorphologie, histoire des forêts, les scientifiques vont étudier ce territoire pour étayer cette candidature auprès de l’Unesco.

“C’est un territoire de montagne passionnant. Avec une roche de 400 millions d’années. Les paysages sont d’origine glaciaire. Les glaciers des Vosges ont débordé sur le plateau des 1000 étangs” rappelle Dominique Harmand, professeur émérite de géographie université de Lorraine et responsable de la commission. Les étangs, on l’oublie, ont été façonnés par l’homme depuis le Moyen-âge. “La création des étangs a suivi le développement de la population. Ce sont des étangs piscicoles, on y élevait du poisson notamment la carpe qui était consommée au Moyen-âge pour le Carême" précise le scientifique. L’exploitation minière a contribué également à attirer les populations dans ce secteur de Haute-Saône.

Une candidature à l’Unesco, un travail sur de longues années

La reconnaissance des 1000 étangs par l’organisme mondial va nécessiter un long travail, d’argumentation, d’étapes à franchir, 10 critères à remplir…Cela peut prendre 5, 10 ans voire plus. Sans savoir si l’Unesco labellisera ce territoire. Un territoire méconnu qui a aussi pour richesse ses habitants. Quel avenir ? Quel tourisme pour ce patrimoine naturel ? Tout l’enjeu est là ?

“Il faut retourner la problématique du tourisme actuel, et ne pas considérer qu’on va faire du tourisme de masse. Au contraire, aller vers du tourisme de qualité, un tourisme choisi ou le public qui va se destiner aux 1000 étangs a une conscience du territoire qu’il va franchir” précise Rudy Cara, principal du collège Duplessis-Deville de Faucogney-la-Mer.

Découvrir les 1000 étangs