PORTRAIT. “La terre me colle aux sabots depuis l’enfance”, Claude et Kleos, son superbe cheval castillonnais

Claude Marconnot, entrepreneur dans le bâtiment en Haute-Saône, est aussi éleveur de chevaux de race castillonnaise. Une race pyrénéenne à l’origine. Rencontre avec l'éleveur qui emmène son cheval cette année au Salon de l'Agriculture.


C'est une race de chevaux rare, on l'appelle le castillonnais, il ne reste que 1000 spécimens dans le monde, dont quelques-uns en Haute-Saône. Kléos a 3 ans, il est né à Champagney dans la ferme de Claude Marconnot. L’homme à la moustache, patron d’une entreprise de 250 salariés, s’est pris de passion pour ce cheval de ferme. 


“La terre me colle aux sabots depuis mon plus jeune âge. Je dois faire partie de la dernière génération où on a eu l’occasion de travailler avec des chevaux. On rechassait les pommes de terre avec eux !” se souvient le Franc-Comtois. Claude a eu son premier poulain vers l’age de 15-16 ans. Les chevaux sont toujours restés sa passion.

Un cheval de montagne à tout faire


“J’ai cherché une race à élever. J’ai investigué pas mal de races, et je suis tombé sur les chevaux castillonnais, des chevaux pyrénéens. J’ai trouvé que Vosges et Pyrénées avant une grande similitude. J’ai trouvé que chez ce cheval, on retrouve toutes les qualités de la race vosgienne qui est menacée. Ce sont des chevaux à pied noir, des chevaux à sang-froid qui sont proches de l’homme. Ce sont des chevaux qui dans les Pyrénées étaient considérés comme des chevaux de fermes” explique Claude Marconnot au micro de notre journaliste Frédéric Buridant.

Le castillonnais peut aussi bien travailler au jardin, qu’être monté ou attelé. On le reconnaît à sa robe noir Pangaré (bai châtain) avec des marques de feu aux nuances rousses aux flancs et un nez de renard, d'environ 1,50 m - 1,55 m au garrot, décrit le site officiel de la race castillonnaise. Le castillonnais pèse entre 400 et 600 kilos. Ce n'est pas un cheval de trait.

Préserver cette race qui pourrait disparaitre


Claude Marconnot possède 15 chevaux castillonnais. Sept juments ont été fécondées. Il attend des naissances au printemps. 


Kléos a remporté le prix de champion suprême de la race en 2023. C’est lui qui défendra donc les couleurs des castillonnais au SIA 2024 à Paris. 

Pour son propriétaire, aller au Salon est une fierté, mais également une nécessité d’œuvrer à la préservation de ce cheval que le grand public connait peu. 

“C’est nécessaire de préserver ce patrimoine vu le faible effectif. Il ne faut pas grande catastrophe pour que la race disparaisse rapidement. Et ces chevaux ont un nombre de qualités qu’il serait dommage de perdre pour le monde équin” conclut l’homme. Claude et Kléos seront présents au SIA dès l’ouverture ce samedi 24 février.