Le “tueur à la hache” de retour aux assises 17 ans après un meurtre

© DPA/Maxppp
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Il a été surnommé "le tueur à la hache". Mohamed Faleh, 70 ans, déjà condamné deux fois à la perpétuité pour deux assassinats et une tentative, doit répondre ce lundi 12 octobre, aux assises de Vesoul, du meurtre d'un patron de café de Sochaux en 1998.

Par V.H avec l'AFP


Mohamed Faleh aurait soigneusement préparé l'assassinat du patron du bar du Commerce à Sochaux, Mohamed Sellami, 66 ans, dont il savait qu'il avait de l'argent au moment des faits, estime Me Thierry Moser, un des avocats de la famille de la victime, qui s'est portée partie civile. Mohamed Faleh "s'en prend à des gens dont il sait qu'ils ont des sous", a renchérit l'avocat mulhousien à l'AFP.

Ironie du sort : c'est dans ce même bar du Commerce que se réfugiera quelques semaines plus tard la dernière victime de Faleh, qui permettra à la justice de rattraper le tueur en série.


Dénoncé par une de ses victimes qui s'en est miraculeusement sortie

En effet, le 17 novembre 1998, le corps de Mohammed Sellami avait été trouvé dans un parking de Belfort. Deux coups de hache lui avaient été portés à la tête. L'agresseur avait ensuite tenté de le décapiter.

Selon l'accusation, Mohamed Faleh, alors domicilié au-dessus du bar du Commerce où il louait une chambre à Mohamed Sellami, aurait conduit ce dernier à bord d'un véhicule emprunté à un ami, pour le tuer et le dépouiller dans un parking de Belfort.

Dans les jours qui ont suivi, il a épongé plusieurs dettes à l'aide de billets de 500 francs similaires à ceux que Mohamed Sellami avait coutume de conserver dans une poche.

Faleh avait été arrêté en mars 1999 seulement, dénoncé par sa dernière victime, un compagnon de poker qui lui avait miraculeusement échappé malgré deux coups sévères portés à la tête à l'aide d'une petite hache, lors d'un guet-apens qu'il lui avait tendu.


D’autres victimes

Si Mohamed Sellami était la dernière victime de Mohamed Faleh, il n’était, malheureusement pas la première, ni la deuxième.

Fin février 1999, Mohamed Faleh tue, de quatre coups de hache à la tête, un de ses compagnon turfiste de 60 ans. Puis il décapite et démembre sa victime. Le corps avait été abandonné dans des sacs plastiques à 300 m du domicile de Mohammed Faleh, dans le jardin d'une maison. Du sang sera trouvé au domicile de Faleh. Peu avant ces faits, la victime avait gagné aux paris hippiques une importante somme d'argent.

Quelques années plus tôt, en septembre 1995, c'était une octogénaire qui avait été tuée à l'arme blanche à Audincourt (Doubs). L'enquête indiquera que Mohammed Faleh lui aurait dérobé une importante somme d'argent qu'elle venait de retirer à la banque.

Ces deux meurtres et cette tentative ont valu à Mohamed Faleh deux condamnations à perpétuité, en 2003 à Dijon et en 2004 à Besançon. Sa première peine avait été confirmée en appel, assortie d'une période de sûreté de 22 ans.


Un joueur invétéré

Présenté durant tous ses procès comme un joueur invétéré, fortement endetté et passionné par les femmes, Mohamed Faleh est un homme à la personnalité "froide", "roublarde" et "rusée", selon une source proche du dossier.

Il a fallu plus de 15 ans pour le renvoi de l'affaire Faleh devant une cour d'assises, notamment en raison d'une instruction disjointe des dossiers de deux victimes, reconnue ou présumée, de Faleh aux parquets de Belfort et Montbéliard.

Aucune trace ADN n'a été trouvée sur l'arme du crime, une hachette achetée dans un magasin de bricolage fréquenté par l'accusé.

En dépit de l'absence de preuve scientifique, les avocats de la partie civile entendent montrer durant les quatre jours d'audience qu'il existe dans l'affaire
un "faisceau de présomption" suffisant pour condamner Mohammed Faleh.

Ancien ouvrier des usines Peugeot, né au Maroc, Mohammed Faleh septuagénaire au crâne dégarni a toujours nié les crimes dont il était accusé.

Le verdict est attendu vendredi 16 octobre.

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