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Sécheresse : la FDSEA de Haute-Saône appelle les agriculteurs à ne plus payer leurs cotisations MSA

"Nourrir d'abord nos animaux. Il en va de la survie de nos exploitations". Le syndicat agricole demande une prise en charge des cotisations de la mutuelle agricole et non un report pour les agriculteurs en difficulté par quatre mois de sécheresse. 
Touchés par la sécheresse, les agriculteurs de Haute-Saône ne veulent plus payer les cotisations MSA


Le cri de colère du président de la FDSEA de Haute-Saône. "L'Etat ne fait rien et doit nous aider... Il n'est pas tombé une seule goutte d'eau depuis 150 jours en Haute-Saône. Je m'alarme sur les stocks des fourrages d'hiver car les éleveurs n'ont pas pu reconstituer des stocks après les foins. Je préfère que les éleveurs puisent dans leur peu de trésorerie pour acheter du fourrage pour nourrir les animaux cet hiver que de payer leurs cotisations sociales à la MSA" indique l'éleveur Emmanuel Aebischer dans l'appel lancé samedi 13 octobre aux adhérents du syndicat agricole.

"Nous demandons depuis trois semaines, la prise en charge des cotisations de la MSA et non un report" a expliqué le président de la FDSEA depuis une exploitation à Augicourt. Emmanuel Aebischer se dit inquiet déjà pour les récoltes de 2019 car les semis ont séché.

Les cotisations de la MSA financent la protection sociale des agriculteurs et de leurs famille (santé, retraite, famille) mais aussi les accidents du travail et maladies professionnelles. Elles représentent selon Emmanuel Aebischer une dépense de l'ordre de 30 à 40% sur les revenus de l'année précédente. 

Le département de la Haute-Saône très rural est particulièrement touché par la sécheresse qui sévit depuis la mi-juin en Franche-Comté. Pour le président de la FDSEA 70, la sécheresse va faire perdre 20.000 à 30.000 euros à une exploitation moyenne en Haute-Saône. "Je n'ai jamais vu une sécheresse aussi longue. L'hiver va durer neuf mois. On nourrit nos bêtes depuis le 1er août en puisant sur nos stocks" explique l'agriculteur. 

En Haute-Saône, les agriculteurs ont du faire venir 1000 tonnes de paille. Il en faudra encore. Certains exploitants n'auront pas la trésorerie nécessaire pour nourrir leurs bêtes cet hiver et conserver leur cheptel. En Haute-Saône, des agriculteurs ont commencé à vendre une partie de leur bétail pour s'en sortir financièrement. Conséquence, les prix dégringolent :  « Les veaux laitiers se commercialisent pour le prix d’un paquet de cigarette. C’est-à-dire à peu près dix euros. C’est une situation inédite que je n’ai jamais connue », soulignait fin septembre Thierry Chalmin, président de la chambre d'agriculture de Haute-Saône. 
 
Les agriculteurs de Haute-Saône ont bénéficié ces derniers jours de l'annonce de plusieurs aides. La Préfecture de Haute-Saône a validé une baisse de 40% de la taxe sur le foncier non bâti. Cela représentera une somme de 700 euros en moins à payer pour une exploitation de 100 hectares. Le dégrèvement du foncier bâti se chiffrera au total à 1,7 millions pour les agriculteurs de Haute-Saône. 

Le Conseil départemental de Haute-Saône a voté lui le 8 octobre une aide de 600.000 euros pour les agriculteurs en difficulté.

Enfin, le Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté a annoncé cette semaine une aide de 10 millions d'euros pour accompagner les agriculteurs de la région durement touchée par la sécheresse. 
"Nous sommes la première région de France à mettre en place un dispositif aussi important (...) J'ai appelé chaque président de département pour une démarche unique des territoires, déterminée aux côtés des agriculteurs", a déclaré Marie-Guite Dufay, présidente socialiste du Conseil régional.

 
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