Vaccination : comment la campagne va accélérer en Bourgogne-Franche-Comté

La campagne de vaccination contre le Covid-19 doit s'accélérer en Bourgogne-Franche-Comté, comme ailleurs en France. Mais on a appris mardi 13 avril que le vaccin Janssen verrait son déploiement retardé en Europe. Quelles conséquences dans notre région ? Le directeur général de l'ARS nous répond.

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Illustration. © JC Tardivon / MAXPPP

Ce 14 avril 2021, depuis le début de la campagne, 512 141 personnes ont été vaccinées en Bourgogne Franche Comté. 18,05% de la population a donc reçu au moins un dose de vaccin ce qui place la région au quatrième rang français (derrière la Corse, la Nouvelle Aquitaine et Provence-Alpes-Cote d'Azur).

Retard pour le vaccin Janssen

La campagne de vaccination contre le Covid-19 a subi un nouvel imprévu avec l'annonce mardi 13 avril de Johnson & Johnson de "retarder le déploiement" de son vaccin en Europe. Cette déclaration intervient après la décision des autorités sanitaires américaines de recommander "une pause" dans son utilisation aux Etats-Unis suite au signalement de six cas graves de caillots sanguins parmi des patients ayant reçu le vaccin du laboratoire américain.

Ce vaccin faisait pourtant partie intégrante du dispositif mis en place en France. L'ouverture de la vaccination aux 55 ans et plus devait profiter des livraisons de vaccin AstraZeneca et Janssen, le nom de la filiale européenne de Johnson & Johnson. On ne pourra donc compter que sur les doses d'AstraZeneca, en tout cas temporairement, pour cette catégorie de la population.

"Tout dépend de l'ampleur du retard. Ce vaccin n'a pas commencé à être utilisé. Il était prévu que les professionnels puissent commencer à le commander cette semaine pour une arrivée dans la deuxième quinzaine du mois d'avril", détaille Pierre Pribile, le directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté, joint par téléphone mardi 13 avril. "Pour l'instant, c'est compliqué d'en évaluer la portée parce qu'on ne connaissait pas le nombre de flacons commandés par les professionnels de santé de la région. Donc il y a une forme de faux départ. Il faut espérer qu'il soit le plus court possible."

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"Deux fois plus de doses"

Même en l'absence de ce vaccin, la campagne doit poursuivre son accélération dans notre région. En plus des doses AstraZeneca administrées par les médecins, les infirmiers et les pharmaciens en ville, les vaccins de Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca restent disponibles dans les centres de vaccination. "Au mois d'avril, on a à peu près deux fois plus de doses de vaccins [à ARN messager] qu'au mois de mars", précise Pierre Pribile.

La hausse de la vitesse de la vacination passera par endroits par l'ouverture de plus grands centres, comme par exemple au Zénith de Dijon. Mais "pour l'essentiel, l'augmentation [...] se fait en intensifiant la vaccination dans les centres existants".

14 000 injections en moyenne chaque jour

Depuis quelques semaines, la vaccination a déjà accéléré dans notre région. Alors qu'on comptait début mars autour de 8 000 injections par jour en moyenne en Bourgogne-Franche-Comté, ce chiffre monte mi-avril à environ 14 000 injections par jour en moyenne.

Les samedis et les dimanches se distinguent nettement sur le graphique ci-dessous. C'et évidemment en semaine que l'essentiel de la vaccination a lieu, avec par exemple plus de 22 000 injections enregistrées dans la seule journée du 9 avril 2021. "On est sur un rythme qui devrait se maintenir à ce niveau là tout le mois d'avril", affirme le directeur général de l'ARS.

La campagne de vaccination s'est ouverte aux personnes de 55 ans et plus depuis le lundi 11 avril. "C'est important qu'il y ait cette augmentation progressive de la cible vaccinale, indique Pierre Pribile. Parce qu'on commence à avoir un taux de couverture des populations cibles qui est très élevé. On s'approche des 70% chez les plus de 75 ans [...] Chez les plus de 65 ans, on a dépassé la moitié de la population vaccinée."

Selon le directeur général de l'ARS, la campagne de vaccination a bien sûr un intérêt à long terme, mais également à bien plus court terme. "Les modèles qu'on utilise pour prévoir la suite de l'épidémie montrent bien que grâce à la vaccination, on peut espérer que cette troisième vague reflue dans les semaines qui viennent [...] À horizon de la première quinzaine de mai, l'augmentation de la couverture vaccinale des plus fragiles aura un impact hospitalier."

C'est vraiment une course contre la montre en ce moment. Chaque personne de plus de 65 ans qui se fait vacciner participe du reflux de cette troisième vague.

Pierre Pribile, directeur général de l'ARS

La situation reste difficile dans les hôpitaux de Bourgogne-Franche-Comté. L'ARS a demandé le 7 avril aux établissements de santé de procéder à de nouvelles déprogrammations pour libérer des capacités d'accueil pour les patients atteints par le Covid-19. Il y a au 13 avril 1 353 personnes hospitalisées dans les établissements de la région et 181 personnes en réanimation. 

Le taux d'incidence (nombre de nouveaux cas Covid-19 pour 100 000 habitants) est lui en recul sensible en Bourgogne-Franche-Comté. En une semaine, il est passé de 343,8 à 304,4 selon les derniers chiffres communiqués par Santé Publique France

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