Insultes, agressions, crachats : à Belfort, la CGT cheminots tire le signal d’alarme et entame une grève

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Écrit par Sophie Courageot avec Thierry Chauffour
La CGT cheminots réunie devant la gare de Belfort.
La CGT cheminots réunie devant la gare de Belfort. © Rémy Poirot - France Télévisions

Ce mercredi 26 octobre, la CGT cheminots avait déposé un préavis de grève reconductible. Un piquet s’est rassemblé devant la gare SNCF de Belfort. Le syndicat déplore les tensions avec les usagers, conséquences selon lui d’un manque de moyens pour répondre aux besoins.

Des incidents se sont produits ces derniers jours dans le nord Franche-Comté. Selon le syndicat CGT, le 17 octobre, une femme cheminote a été insultée et s’est fait tirer les cheveux à bord d’un train.

Le 25 octobre, un agent a fait l’objet de 5 jours d’interruption temporaire de travail après une agression sur un quai de la gare de Montbéliard.

La CGT réclame des actions concrètes pour protéger les cheminots. Pour le syndicat, les incivilités sont croissantes. Il n’y a plus de contrôleurs systématiquement dans les TER, et on trouve des personnels présents en tout petit nombre dans les gares.

La CGT pointe du doigt la stratégie globale de la SNCF

“L’entreprise est en train de cheminer vers la concurrence. Elle a mis en place en 2019, la séparation des activités, entre les transports de marchandises et les voyageurs, et à l’intérieur des voyageurs, il y a une séparation encore des activités” déplore Mazouz Benlazeri, délégué CGT cheminots Strasbourg. Selon lui, les cheminots n’ont plus les moyens de répondre aux besoins des usagers et des clients qui chargent leurs marchandises sur les trains.

Il déplore par exemple la fermeture du guichet TGV de Belfort-Montbéliard. “On a des usagers qui souhaitent avoir un service après-vente digne de ce nom. Ils se replient vers les guichets de Belfort, Montbéliard, Lure ou Vesoul... et les cheminots ne peuvent pas répondre à leurs besoins. Automatiquement s’installe le début ou commencement de frictions. Ça commence par des insultes, et pour certains qui vont plus loin, des crachats ou des coups” détaille Mazouz Benlazeri.

La CGT dénonce aussi d’autres problématiques sur le nord Franche-Comté comme la suppression des Agents d’Accompagnement à bord des trains notamment sur la ligne Belfort/Besançon, la réorganisation des horaires d’ouverture et suppression de point de vente au TER (Belfort/Montbéliard, Lure, Vesoul,…), un collectif de travail dégradés avec une explosion des risques psycho sociaux. Le syndicat déplore un manque d’effectifs, une augmentation de la précarité (CDD, INTERIM,….).

Un agent de sécurité mis en place en gare de Belfort

Selon la direction de la SNCF, la grève a perturbé ce mardi le trafic entre Belfort et Delle. La SNCF affirme avoir agi depuis les agressions en mettant en place notamment un agent de sécurité en gare de Belfort entre 16h et 23h30. Les effectifs de police ferroviaire sont de 54 agents dans la région. 300 contrôleurs sont actifs dans les trains. En complément, pour assurer la sécurité des cheminots et des voyageurs, certains trains comme les Régiolis sont équipés de caméras de surveillance, précise la direction de la SNCF Bourgogne-Franche-Comté.

La grève est reconduite mercredi 27 octobre. 

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