Jura : “On ne fait pas d’argent sur les cascades du Hérisson”, le prix du parking augmente cet été pour les touristes

400.000 visiteurs en 2020. Le fleuron du tourisme du Jura attire de plus en plus. La communauté de communes Terre d’Emeraude a annoncé une hausse des prix pour la saison d’été 2021 qui a fait un tollé. Avant d’adoucir un peu la note.

A la belle saison, les cascades du Hérisson sont prisées par les touristes, randonneurs.
A la belle saison, les cascades du Hérisson sont prisées par les touristes, randonneurs. © Lionel Vadam - maxPPP

“La Côte d'Azur est moins chère que notre beau Jura !”

“Incroyable de voir que l'accès aux Cascades du Hérisson est passé de 4€ à 10€ pour moins de 3 heures, voire 15€ pour plus de 3 heures. L'accès à la nature devient un business, c'est honteux” : sur les réseaux sociaux ces derniers jours, les photos des panneaux affichant le nouveau prix du parking des cascades ont vite circulé soulevant l’incompréhension et la colère. “La Côte d'Azur est moins chère que notre beau Jura !” déplore un internaute face à une hausse du prix de 150%.

Devant la fronde qui commençait à gronder sur les réseaux sociaux, la communauté de communes vient de revoir ses tarifs 2021 à la baisse. Ce sera finalement pour une voiture 5 euros la première heure, 10 euros les 4 heures, incluant parking et accès à la maison des cascades. Au-delà, comptez 15 euros. Ces tarifs s’appliquent à la haute saison du 10 avril au 11 juin de 9h30 à 18h00 et du 12 juin au 5 septembre de 9h30 à 19h00. L’accès à pied est gratuit pour celles et ceux qui n’arrivent pas aux cascades en voiture via le parking officiel.

“On ne fait pas d’argent sur les cascades” plaide Hervé Revol, maire de Bonlieu, en charge du tourisme et des cascades à la communauté de communes Terre d’Émeraude. Aujourd’hui selon lui, les recettes du parking peinent à équilibrer les dépenses. 200.000 euros par an pour entretenir chaque hiver les sentiers, gérer les déchets, assurer la sécurité du parking. “Tout cela coûte cher à la collectivité” dit-il.

© Communauté de communes Terre d'Emeraude

Les cascades prochainement labellisées Grand Site de France

La communauté de commune, dans son budget annuel de 700.000 euros, a également fait l’acquisition de foncier, dont le restaurant et boutique au pied des cascades. Des investissements qui vont permettre, rappelle Hervé Revol, de mettre en place l’opération Grand Site de France. Un label destiné à mettre en valeur les plus beaux sites de l’hexagone. La vallée du Hérisson et les plateaux des 7 lacs en font partie.

Grand Site de France vise à favoriser un tourisme durable, préserver les paysages et milieux particulièrement sensibles, garantir la sécurité et l’accueil du public. À terme, aux cascades du Hérisson, de nouveaux aménagements seront réalisés pour mieux accueillir les touristes, maîtriser également les flux. En 2020, année covid, le Jura a été pris d’assaut par les vacanciers restés en France. L’afflux de visiteurs a posé des problèmes de fréquentation, et la colère de certains riverains des cascades du Hérisson, assure Hervé Revol.

Le parking des cascades du Hérisson est payant depuis 1997, rappelle-t-il. Le parking est né après un tragique fait divers. En 1995, une fillette décède à la cascade de l’éventail, les pompiers qui ont du mal à accéder au site en raison de la fréquentation, arriveront trop tard, se souvient Hervé Revol.

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Le haut des cascades devrait voir également la création de parkings

Le label Grand Site de France va nécessiter des études, certaines ont déjà été engagées. Le processus est long, mais pourrait prendre deux à trois ans, espère Hervé Revol. Pour l’instant, l’accès par le haut des cascades n’est pas payant, mais il devrait l’être à terme, avec la création de places de parking sur les communes de Chaux du Dombief, Le Frasnois ou Bonlieu.

Les cascades de Hérisson, un point d’entrée stratégique pour le tourisme

Destination à ne pas rater pour le visiteur, le site devrait attirer en 2021 encore de nombreux touristes. Hervé Revol reconnaît que le prix initialement prévu a pu surprendre. "Le fait d’augmenter les tarifs, c’est une volonté de la communauté de communes. C’est plutôt une mise à niveau des tarifs, par rapport à une mise à niveau du site et des investissements” dit-il. “On ne veut pas faire de l’argent sur les cascades. C’est notre fer de lance qui sert à présenter le Jura aux visiteurs, pour les diriger ensuite vers le vignoble, le musée du jouet, les sites de Clairvaux et Chalain, le secteur des lacs” rappelle l’élu. “Les touristes, l’Alsacien ou le Lyonnais sont contents de trouver un parking, tout cela a un prix, sécuriser le parking a permis aussi de mettre fin au vol à la roulotte” conclut-il. Pour les locaux, un tarif réduit est à l’étude. Derrière ses nouveaux tarifs, la communauté espère aussi favoriser le covoiturage, pas évident quand on est en vacances...

Gérer l’afflux des visiteurs, même souci pour la cascade des Tufs

Dans la petite commune des Planches-près-d’Arbois, un autre site d’eau pose des problèmes de fréquentation. Le site géologique des cascades des Tufs a été pris d’assaut à l’été 2020 par les vacanciers.

Les cascades des Tufs, ses roches friables, et ses espèces aquatiques, sont menacées par le tourisme de masse.
Les cascades des Tufs, ses roches friables, et ses espèces aquatiques, sont menacées par le tourisme de masse. © R. Advocat / France Télévisions

Dans ce petit village de 161 habitants, à l’accès difficile, un pic de 1000 personnes par jour a été constaté au plus fort de la période estivale. Un périmètre est défini dans lequel il est désormais interdit de stationner, de circuler avec un véhicule à moteur, de faire du feu, de bivouaquer et de camper, d’organiser des manifestations publiques ou encore de pénétrer dans l’eau, pour quelques motifs que ce soit. La commune a également fait l'acquisition d’un terrain à 1,5 km des cascades pour aménager 80 places de stationnement. Dans la petite commune aux rues étroites, les panneaux d’affichage se multiplient pour rappeler aux visiteurs de stationner ailleurs, et leur demander de respecter la quiétude des riverains et la préservation du site fragilisé par une fréquentation croissante.
 

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