Crèmes peu dosées en sucre, un producteur du Jura crée des desserts pour les diabétiques et les gourmands

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Contrôleur laitier reconverti en producteur de crèmes desserts et glacées, Frédéric Petit a créé une gamme au dosage de sucre minimum, consommables par les personnes diabétiques comme lui. Il s'adresse aussi aux cantines scolaires pour une meilleure éducation au goût.

Souffrant de diabète depuis l'âge de 11 ans, Frédéric Petit, aujourd'hui 46 ans, se fait deux injections d'insuline par jour. Une maladie handicapante au quotidien qui oblige à contrôler strictement ses apports nutritionnels. Et qui bannit de nombreux aliments comme... les crèmes desserts beaucoup trop sucrées. 

Aussi, lorsque Frédéric Petit décide en 2019 de quitter son métier de contrôleur laitier, il fait appel à son autre formation de jeunesse à l'Ecole nationale d'industrie laitière (ENIL) et au lycée hôtelier Friant de Poligny et se lance dans la réalisation de desserts lactés.

Pas des yaourts, le marché est déjà bien fourni. Il fabriquera des crèmes desserts qu'il peut manger lui-même. Il fait de nombreux essais. Il multiplie les recettes pour trouver le parfait équilibre entre lait, amidon et sucre. "Il ne suffit pas de baisser le sucre pour faire une crème moins sucrée, explique Frédéric Petit. Le sucre contribue à l'onctuosité et au goût, c'est donc un savant mélange."

Pari réussi, ses crèmes glacées affichent un taux de sucre entre 6 et 7 % contre 14-18 % pour les productions industrielles classiques. Les parfums sont de fait plus perceptibles aussi. Le nom, Plaisirs FroMaJura, sonne comme une promesse. 

Des desserts pour diabétiques et pour les autres aussi

Les retours des clients sont très positifs. Les personnes souffrant de diabète ou s'imposant des régimes pauvres en sucre, découvrent un plaisir qu'ils n'avaient jamais pu se permettre. Le bouche-à-oreille progresse, et de nouvelles personnes achètent pour leurs proches. 

Difficile cependant de savoir quelle proportion de la clientèle souffre de cette maladie. "Je ne sais pas qui est diabétique ou non chez les acheteurs, par définition ça ne se voit pas, avoue Frédéric Petit. Mais je pense que ce n'est qu'une petite partie. Je me développe aussi auprès des scolaires qui apprennent du coup à manger moins sucré. Je fournis environ une quinzaine d'écoles à proximité."

Car le fabricant travaille en local. Il achète tous les matins entre 20 et 120 litres de lait à la fruitière de Saint Laurent en Grandvaux (Jura) à 3 kilomètres de son laboratoire de La Chaumusse. Il vend dans le petit magasin attenant, avec sa compagne qui, elle, fabrique des sirops et délices de plantes bio appelées Sensations simples, sur les marchés aussi. Il fournit des magasins de produits locaux, des restaurants et voudrait toucher encore plus de particuliers dans les grandes et moyennes surfaces, si celles-ci veulent bien lui faire des commandes régulières.

En produisant 7 à 8 000 crèmes desserts par mois et des crèmes glacées pour la belle saison qui commence, Frédéric Petit ne se dégage pas encore de salaire mais se dit encore "en cours de développement". Les circuits courts, via notamment la plateforme Locavor, lui assure une clientèle régulière, qu'il espère voire encore grossir. En nombre, bien sûr !