Mondiaux de biathlon : le manque de contrôles antidopage dans le viseur du Jurassien Quentin Fillon Maillet

A deux jours du début des Mondiaux à Pokljuka en Slovénie (10-21 février), le biathlète français Quentin Fillon-Maillet a pointé du doigt lundi 8 février le faible nombre de contrôles antidopage subis cette saison en dehors des compétitions, en raison de la crise sanitaire.

08 Février 2021, mondiaux de biathlon à Pokljuka (Slovénie) ; le Jurassien Quentin Fillon Maillet à l'entraînement.
08 Février 2021, mondiaux de biathlon à Pokljuka (Slovénie) ; le Jurassien Quentin Fillon Maillet à l'entraînement. © Photo: Sven Hoppe/Maxppp

Lundi 8 février, en conférence de presse à deux jours des débuts des mondiaux de Biathlon, le Jurassien Quentin Fillon-Maillet, désigné comme porte drapeau français, se réjouit de voir les mondiaux maintenus malgré la crise sanitaire. Il dit constater aussi avec dépit qu'à cause de cette même pandémie, les contrôles anti-dopage sont trop peu nombreux

On a été très peu contrôlés en dehors des courses, j'ai été contrôlé depuis le début de saison seulement une fois à la maison et une fois dans le cadre de la Coupe du monde. C'est très peu par rapport aux autres années. 

Quentin Fillon Maillet

"Je trouve dommage que l'IBU (la Fédération internationale de biathlon) ne mette pas en place des contrôles plus réguliers, comme les autres années, pour intimider et contrôler le maximum d'athlètes", déplore le Jurassien. "Parce que comme les contrôles se raréfient, cela peut pousser certains athlètes à se doper,  j'ai discuté avec un contrôleur de l'IBU, il m'a dit qu'ils étaient aussi nombreux que les autres années mais que c'était impossible d'organiser des contrôles sur un site spécifique où on pourrait contrôler 20 à 30 athlètes par jour. Là, ils doivent les contrôler un par un, cela prend beaucoup plus de temps. A cause du Covid, le dopage peut continuer, j'espère que ça n'aura pas de répercussions" s'inquiète le biathlète.     

Quentin Fillon-Maillet a aussi exprimé sa déception après la publication le 28 janvier 2021 d'un rapport accablant d'une commission mise en place par l'IBU, accusant l'ancien président de l'instance Anders Besseberg d'avoir couvert des cas de dopage russes en échange de diverses faveurs.

     

Cela me brise le coeur, si la direction de notre Fédération internationale est corrompue, ça met le doute sur beaucoup de choses. J'espère qu'on tend vers un sport de plus en plus propre. Mais cela donne une image négative de notre sport.

Quentin Fillon Maillet

L'ancien président de l'IBU aurait couvert des cas de dopage

La commission de révision externe de l'IBU, a examiné plus de 70.000 documents. Elle décrit en détail la manière dont le dirigeant norvégien, en poste de 1992 à 2018 avant de démissionner après les premières révélations de l'affaire et un rapport de l'Agence mondiale antidopage (AMA), a servi le camp russe durant de nombreuses années avec l'aide de sa directrice générale, Nicole Resch.  Anders Besseberg "a de manière constante protégé les intérêts de la Russie dans tous ses actes et ses prises de paroles, bien au-delà de toute rationalité", note la commission de révision externe.

Dans ce document de plus de 200 pages, basé sur des témoignages de lanceurs d'alerte, des perquisitions menées par les polices autrichienne et norvégienne, et sur le rapport de l'AMA, le Norvégien, aujourd'hui âgé de 74 ans, est notamment épinglé pour avoir reçu au moins 200.000 dollars (164.900 euros) de responsables russes, d'avoir été convié à des parties de chasse en Russie et d'avoir été fourni en prostituées.
  
Ce rapport, qui jette une lumière crue sur les liens de corruption entre les anciens responsables de l'IBU et la Russie, est désormais entre les mains de l'Unité d'intégrité du biathlon, seule habilitée à prendre des sanctions disciplinaires.  
  

Objectif mondiaux 

En conférence de presse le Jurassien définit ses objectifs, et ils sont clairs : il va chercher une médaille d'or individuelle en Slovénie, peu importe laquelle, même s'il a un faible pour le graal : la mass start.

Par équipe, il ne souhaite pas être mis en avant, partant du principe que le relais ce sont quatre individualités qui ne font plus qu'une, pour une équipe de France qui gagne ou qui perd. Et pour ces mondiaux l'équipe de France est candidate à sa propre succession. Il y a un an à Anterselva (Italie), le quatuor Jacquelin, Fourcade, Desthieux et Fillon Maillet avait remporté le titre devant l'Allemagne et la Norvège.

Pour Quentin Fillon Maillet, la compétition débute mercredi 10 février à 15 heures avec le relais mixte.

► Le programme des mondiaux

 

 


 

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