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Réchauffement climatique : les domaines skiables du Jura du Sud menacés ?

Avalanche contrôlée à la station de Métabief / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
Avalanche contrôlée à la station de Métabief / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Après une première mise en garde il y a 7 ans, la Cour des comptes s'alarme de la « vulnérabilité croissante » de certaines stations de ski, comme les Monts Jura, en dénonçant les réponses inadaptées de leurs gestionnaires.

Par Adrien Gavazzi

Dans son rapport annuel publié mercredi, la Cour des comptes déplore qu'« à l'évidence », ses recommandations de 2011 aient été « peu entendues, notamment celles invitant ,à privilégier les voies d'un développement durable ».

Entre 2015 et 2017, elle a contrôlé la gestion des 17 domaines skiables examinés dans sa première enquête, dont le chiffre d'affaires de 568, 3 millions d'euros pèse 53% du total des remontées mécaniques des Alpes du nord. L'échantillon inclut notamment les domaines de Chamonix et Megève en Haute-Savoie, de grandes stations savoyardes comme Courchevel ou Tignes, et des beaucoup plus petites situées dans le Vercors ou le Jura.

Le rapport constate « un statu quo, voire l'aggravation de certains déséquilibres » liés à un modèle de développement ayant « atteint ses limites », dans un contexte financier et météorologique parfois difficile qui touche d'abord les sites de moyenne et basse montagne. 

Politiques tarifaires « mal maîtrisées », investissements « privilégiant le court terme »... Elle dénonce également la généralisation de l'enneigement artificiel, solution « partielle et onéreuse ». Confrontées à une pénurie de neige ces dernières années, les stations y ont eu abondamment recours, ce qui pose des problèmes d'approvisionnement
en eau.

Même si les flocons abondent cet hiver, « l'aléa climatique s'accroît » et rend nécessaire de « faire évoluer rapidement » la gouvernance des domaines. Elle repose pour l'heure sur une « pluralité de collectivités » et « un cadre de gestion peu adapté à l'importance des enjeux », face à des « opérateurs puissants » comme la Compagnie des Alpes ou la Compagnie du Mont-Blanc.

Maintenir une activité économique en montagne est « indispensable » mais s'adapter « à un futur où le ski et les sports de neige ne seront plus l'unique ressource » exige « un développement équilibré » et « une solidarité renforcée entre les territoires », estime la Cour, qui conseille aux stations de basse altitude de se rapprocher des grandes agglomérations voisines pour développer un tourisme de proximité « diversifié et mieux réparti entre les saisons ».

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