VIDEO. Licencié de la fonderie MBF, il ouvre à 65 ans une pizzeria dans le Jura

Deux ans après la liquidation de MBF, l'un des 250 salariés licenciés a rebondi en ouvrant une pizzeria à l'âge de 65 ans, sans quitter la ville de Saint-Claude (Haut-Jura). L'histoire d'un homme qui n'a pas baissé les bras.

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Licencié de la fonderie MBF, il ouvre à 65 ans une pizzeria à Saint-Claude ©Fleur de Boer et Hugues Perret / France Télévisions

Il a subi la liquidation de la fonderie MBF de Saint-Claude. Il s'est relevé de cet épisode douloureux. Mohamed Oumessad était l'un des 250 salariés de MBF, ce fabricant de pièces en aluminium pour constructeurs automobiles dont la liquidation avait été prononcée par le tribunal de Dijon en 2021. Une décision qui avait fait l'effet d'une claque dans la cité de la pipe : la fonderie était alors l'un des plus gros pourvoyeurs d'emplois de cette ville de 9.000 habitants.

Mais Mohamed a su retourner la situation à sa faveur, en devenant pizzaïolo. Il a ouvert ce lundi 1er mai son établissement rue du Pré, la grande rue commerçante de Saint-Claude. À 65 ans ! Et Mohamed a voulu faire les choses bien. Son objectif : proposer la vraie pizza napolitaine dans les règles de l'art, avec une pâte pétrie qui reste "24 heures" en maturation puis "4 à 5 heures en fermentation". Mohamed a suivi pour cela une formation à Dijon auprès du vice-champion du monde de la pizza.

Une reconversion derrière les fourneaux qui ne tient pas du hasard. Mohamed a travaillé pendant de nombreuses années dans le secteur de la restauration à Paris, avant de rejoindre le Jura. Un retour aux sources pour se sentir utile. "Je ne le fais pas pour devenir riche, mais pour garder une activité", explique-t-il à nos journalistes Fleur de Boer et Hugues Perret.

Mais Mohamed ne pourrait pas y arriver seul. Au quotidien, il reçoit l'aide de son fils Rayane, 19 ans et encore en terminale. Et fait la fierté de sa famille. "Il y a de quoi être fier. Il a quand même 65 ans, il faut du courage pour ouvrir son commerce à cet âge-là", souligne Rayane, qui aide son père à la caisse et pour servir les clients.

Mohamed est un homme heureux : samedi, il a inauguré son établissement. Les premiers retours sont bons. Des sourires sur le visage. Lui qui voulait à tout prix enrichir son savoir et rendre la pizza légère et facile à digérer a déjà rempli un premier objectif.

"La Tour de Pise n'est pas tombée"

MBF. Trois lettres et une liquidation. Elle, en revanche, a été longue à digérer. "On a subi un choc", se souvient avec émotion Mohamed devant les anciens locaux de MBF. "Cela a cassé des familles. Cela a mis beaucoup de pères de famille au chômage. Certains n'avaient connu que cette usine. Tout le monde aimait cette usine". Aujourd'hui, la tristesse n'a pas disparu. "Quand on passe devant, ça fait toujours un pincement au coeur".

Les premiers mois qui ont suivi n'ont pas été faciles. "Je postulais et les réponses étaient négatives", se remémore l'ancien salarié de MBF. Mais Mohamed préfère aujourd'hui voir le côté positif de son malheur. "On a subi ce licenciement, mais cela m'a ouvert une porte : on nous a proposé de suivre des formations (...) Aujourd'hui, je suis content de travailler pour moi. J'ai encore la force de le faire".

Deux ans de lente reconstruction qui débouchent sur le sentiment d'un devoir accompli. La leçon de Mohamed ? "Ne jamais baisser les bras". Il se réfère alors avec le sourire à cette métaphore qu'il affiche désormais comme un mantra dans sa pizzeria : "La Tour de Pise penchait. Mais elle n'est pas tombée".

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