Plus de détenus que de place : la maison d'arrêt de Lons-le-Saunier n'échappe pas à la surpopulation carcérale

Les personnes pénitentiaires espèrent une revalorisation salariale et une meilleure reconnaissance de leur travail, alors que le nombre de détenus a atteint un record en France. A Lons-le-Saunier (Jura), la députée jurassienne Danielle Brulebois a loué le travail des personnels, tout en faisant valoir qu'ils "méritent qu'on leur donne des moyens supplémentaires".

39 places pour une cinquantaine de détenus. Comme d'autres, la maison d'arrêt de Lons-le-Saunier n'échappe pas au problème de la surpopulation carcérale. Ce phénomène est loin d'être nouveau puisqu'il a valu à la France d'être condamnée en 2020 par la Cour européenne des Droits de l'homme.

Cette surpopulation se traduit par une "promiscuité" et un impact sur le bien-être des détenus. Il entraine aussi "des tensions entre détenus et avec les personnels pénitentiaires", selon des sources concordantes au sein de l'UFAP-UNSA Bourgogne-Franche-Comté, syndicat majoritaire parmi les personnels pénitentiaires.  

Au niveau national, la surpopulation carcérale est loin de marquer le pas. Elle s'accélère. Fin mai 2023, les prisons françaises comptaient 73 162 personnes soit une densité globale de 120,2 %, selon Libération. 

Le ministère de la Justice Eric Dupond-Moretti avait annoncé la création de 15 000 nouvelles places de prison d'ici à 2027, dans le cadre d'un budget consacré à la justice en hausse de 20%. Mais on est encore loin du compte. D'après les chiffres du ministère de la Justice, seules 2 441 places ont été ouvertes. La maison d'arrêt de Lons-le-Saunier n'a pas vu son nombre de places augmenter ces dernières années, selon une source sur place.

"Une maison d'arrêt à taille humaine"

D'une maison d'arrêt à l'autre, les conséquences ne se font pas toujours sentir de la même façon. Les petites structures parviennent à limiter la casse. "C'est une maison d'arrêt à taille humaine". C'est par ces mots que la députée du Jura Danielle Brulebois a souhaité louer le travail des personnels pénitentiaires alors qu'elle visitait ce jeudi la prison.

La députée membre de la majorité a tenu à rendre hommage à ces agents "qui s'occupent des détenus de manière bienveillante et rigoureuse, pour les réinsérer". Sans oublier de rappeler qu'"ils méritent une reconnaissance et qu'on leur donne des moyens supplémentaires". Car c'est bien là l'enjeu fondamental. "Il va manquer dans les années à venir 5 à 6 000 personnels", souligne Laurent Boitrand, secrétaire régional adjoint de l'Ufap-Unsa Bourgogne-Franche-Comté. 

Un métier qui peine à attirer

Le problème, c'est que le métier n'attire pas. Un surveillant pénitentiaire qui commence gagne "un SMIC amélioré", témoigne Laurent Boitrand. "Il faut une reconnaissance du savoir-faire, et de l'investissement fourni", ajoute Bernard Ponsaut, secrétaire fédéral de l'UFAP-UNSA. Horaires décalés, amplitudes horaires, conditions de travail : les contraintes sont nombreuses. Et les salaires actuels sont jugés peu attrayants.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti avait pourtant annoncé en février une évolution "historique" du statut des agents pénitentiaires. Les surveillants pénitentiaires vont ainsi passer en catégorie B et les officiers en catégorie A. Une revalorisation de la grille de salaires "importante" doit suivre. Mais pas de chiffres précis communiqués pour l'heure. "On attend de voir", répond Bernard Ponsaut.

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