Pour alerter sur les AVC pédiatriques, un tour de France à vélo qui passera par le Jura

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Le Gardois Bruno Boulard s'apprête à entamer un tour de France à vélo afin d'alerter sur les accidents vasculaires cérébraux (AVC), notamment ceux qui touchent les enfants. Il sera le 17 avril à Malange (Jura) à la rencontre de Léo, huit ans et déjà victime de cinq AVC. 

Un AVC, cela n'arrive pas qu'aux vieux. Pour sensibiliser aux accidents vasculaires cérébraux, notamment ceux survenant dès le plus jeune âge, le Gardois Bruno Boulard s'élancera pour son quatrième tour de France à vélo, samedi 27 mars. Son périple de 5 000 km sera ponctué de plusieurs étapes, où il sera accueilli par les familles de "petits champions", comme il les surnomme. Des enfants qui ont été victimes d'un ou plusieurs AVC et qui vivent aujourd'hui avec les séquelles de ces attaques. 

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Publiée par Un Défi Avec Moi sur Mercredi 17 mars 2021

Léo, huit ans, fait partie de ces petits champions. Lui et sa famille accueilleront Bruno Boulard samedi 17 avril, lors de son étape à Malange, dans le Jura. Ce "défi cycliste" est essentiel pour Magali Cuinet, la mère de Léo. "Il faut que tout le monde sache que l'AVC pédiatrique existe", insiste-t-elle. Parce qu'un nourrisson de neuf mois et demi qui fait une attaque cérébrale, cela paraît inimaginable. C'est pourtant ce qui est arrivé à Léo, alors qu'il "ne buvait pas d'alcool, ne fumait pas, ne vivait pas dans un environnement stressant", grince Magali Cuinet, citant certains facteurs de l'AVC de l'adulte.

Près de 1 000 AVC pédiatriques chaque année

"Quand c'est arrivé, je ne savais absolument pas qu'un enfant pouvait faire un AVC. C'était choquant", souligne la mère de Léo. Un manque d'information qu'elle a ressenti jusque dans la sphère médicale : "Mon médecin généraliste n'avait jamais entendu parlé d'AVC pédiatrique de sa vie. Encore aujourd'hui, je vois que des médecins ou des soignants sont choqués lorsque je dis que mon fils a fait un AVC"

Près de 1 000 enfants seraient victimes d'attaques cérébrales chaque année, affirme le ministère de la Santé dans un communiqué publié en 2019. "Moins connu que chez l’adulte, l’AVC de l’enfant représente pourtant une urgence vitale dans la plupart des cas et peut entraîner des séquelles lourdes et handicaps", continue le communiqué. Toujours selon le ministère, près de 70 % des enfants gardent des séquelles des accidents vasculaires cérébraux. 

"Tout le monde devrait être au courant, je ne sais pas pourquoi c'est si peu connu", soulève Magali Cuinet. La sensibilisation sur l'AVC pédiatrique est ainsi devenu un combat de tous les jours pour elle. "Je fais ça pour les autres parents. Si j'avais été informée, ça aurait été moins dur. Cela aurait peut-être évité à Léo d'être en fauteuil roulant".  

Aujourd'hui, son fils est en situation de polyhandicap. Il ne peut pas se tenir debout, même "s'il bouge maintenant tous ses membres et a fait d'énormes progrès au niveau de l'éveil". Après sept ans de calme, Léo a fait son cinquième AVC en février dernier – mais rien de grave. Si la maladie de Moya-Moya, dont il est atteint, est responsable de ces accidents vasculaires cérébraux à répétition, Magali Cuinet insiste pour autant sur le fait que même les enfants en bonne santé peuvent être atteints. 

Reconnaître les signes

Il faut donc apprendre à reconnaître les signes pour agir le plus vite possible. "Chaque AVC peut se manifester différemment, note Magali Cuinet. La première fois, lorsque j'ai assis mon fils sur le lit, j'ai vu que son bras ne bougeait pas. Lors du deuxième, ses yeux étaient de travers, comme s'il convulsait". Les symptômes les plus courants sont une déformation de la bouche, une faiblesse d'un côté du corps et, pour les enfants en âge de parler, des propos incohérents. 

"Les symptômes de l’AVC que présentent les nouveau-nés et les enfants d’âge préscolaire sont souvent différents de ceux chez l’adulte parce que leur cerveau est encore en développement. Chez les enfants plus âgés, toutefois, ces symptômes sont très similaires à ceux des adultes", indique le site internet AVC de l'enfant

"Dès que l'on voit quelque chose d'anormal, il ne faut pas hésiter à appeler le 15, rappelle Magali Cuinet. Il faut mieux appeler pour rien que de prendre le risque de laisser l'AVC s'aggraver"