Qu'est-ce que l'hantavirus, ce virus détecté sur sept personnes dans le Jura ?

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Écrit par Sarah Rebouh
Le campagnol infecté peut transmettre un hantavirus.
Le campagnol infecté peut transmettre un hantavirus. © Pixabay

Alors que sept contaminations à un hantavirus ont été détectées récemment dans le Jura, on fait le point sur ce virus qui se transmet du rongeur à l'homme. 

Sept cas d'hantavirus ont été détectés dans le Jura depuis mars 2021, comme nous le confirme l'Agence Régionale de Santé ce 22 avril. Les personnes infectées ont été prises en charge médicalement et ne sont à ce jour plus hospitalisées, détaille Didier Pier-Florentin, délégué ARS du Jura. La Ville de Saint-Claude a d'ailleurs récemment communiqué au sujet de ce virus transmis à l'homme par des rongeurs tels le campagnol roussâtre ou encore le mulot à collier. La municipalité invite les citoyens à la prudence. 

Les hantavirus, regroupés au sein de la famille des Hantaviridae (ordre des Bunyavirales), transmettent une maladie baptisée "fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR)". Ce virus est essentiellement présent dans le quart nord-est de la France mais existe sur tous les continents.

Un taux de létalité de 0,4%

Les malades se contaminent par voie respiratoire en inhalant le virus présent dans les excrétas des rongeurs lorsqu'ils se baladent en forêt par exemple ou lorsqu'ils effectuent des travaux dans les bois ou dans des bâtiments infestés de rongeurs. Selon Santé Publique France : "La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections salive). Aucune transmission interhumaine n’a été décrite à ce jour, excepté pour l’hantavirus sud-américain Andes."

Selon l'Institut Pasteur et plus précisément le CNR des Hantavirus, la FHSR est une maladie relativement rare dans certains pays. En France, 95 cas hospitalisés sont détectés en moyenne chaque année. Quatre espèces d’hantavirus zoonotiques circulent sur le continent européen : le virus Puumala, le virus Séoul, le virus Dobrava-Belgrade, et le virus Tula. Le virus Puumala est responsable du plus grand nombre de cas de fièvre hémorragique à syndrome rénal (forme clinique connue sous le nom de néphropathie épidémique) et circule en Europe du Nord et de l’Ouest avec un taux de létalité heureusement faible de l’ordre de 0,4%. 

Les symptômes 

Une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) est la conséquence de l'exposition à l'hantavirus. La durée d’incubation moyenne de la maladie est de 15 jours, avec des extrêmes de une à six semaines. "La maladie débute souvent par des symptômes ressemblant à ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, douleurs abdominales et/ou thoraciques, frissons…" explique le ministère de la Santé.

Des troubles fugaces de la vision, de type « myopie aigüe » sont évocateurs de la maladie. Des manifestations respiratoires discrètes peuvent être présentes dans un tiers des cas. "La fièvre hémorragique avec syndrome rénal est une infection le plus souvent bénigne, parfois asymptomatique, mais qui peut, dans certains cas, entraîner des signes cliniques graves, notamment une atteinte rénale" poursuit le ministère de la Santé. Les symptômes peuvent survenir dans les deux mois suivant une activité en forêt ou la manipulation de bois ou le nettoyage d’une pièce laissée longtemps inhabitée, et nécessitent de consulter son médecin.

Le virus peut être détecté à l'aide d'un test sérologique. Selon Santé Publique France, "le traitement des infections à hantavirus est symptomatique (repos, paracétamol…). Il n’y a pas de traitement spécifique disponible".

Comment éviter la contamination ?

La préfecture du Jura a récemment préconisé de porter un masque en forêt ou de se mettre dos au vent pour manipuler du bois ou de la terre. 

Les règles à suivre selon Santé Publique France :

  • Ne pas pénétrer dans des locaux fermés ou abandonnés
  • Porter un masque, aérer et asperger d’eau (ou mieux, de désinfectant ou d’eau de javel) avant de nettoyer les sols des locaux longtemps fermés ou inoccupés (cabanes, greniers, granges, caves, etc.)
  • Aérer les locaux fermés avant et pendant leur nettoyage
  • Utiliser l’aspirateur plutôt que le balai
  • Ne pas utiliser de jets d’eau à haute pression
  • Lutter contre la présence des rongeurs dans les locaux
  • Dératiser les habitations situées en forêt ou en bordure de forêt, ainsi que les granges, caves, remises…
  • Empêcher l’accès des rongeurs aux habitations
  • Eviter de les attirer : mettre les aliments dans des endroits fermés et inaccessibles aux rongeurs
  • Eliminer les abris utilisables par les rongeurs (stockage de bois…)
  • Mettre un pansement sur une blessure avant de manipuler du bois ou de travailler la terre.
  • Eviter de manipuler des rongeurs vivants ou morts ou leurs nids. Porter des gants en caoutchouc ou en latex.

Pour les personnes susceptibles d’être en contact avec des rongeurs ou leurs excrétions, il est nécessaire de respecter les règles d’hygiène suivantes :

  • Pour les travailleurs dans la nature : se laver les mains (eau et savon), systématiquement avant les repas, les pauses, et en fin de journée de travail
  • Laver toute plaie, savonner puis rincer, désinfecter et recouvrir d’un pansement imperméable, avant de manipuler du bois ou de travailler la terre en bordure de forêt 
  • Nettoyer régulièrement les vêtements de travail, gants, bottes.

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

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