Ultra Trail des Montagnes du Jura : plus de 7000 coureurs attendus en 2024, comment expliquer cet emballement ?

L’Ultra Trail des Montagnes du Jura (UTMJ) promet, pour son édition 2024, de poursuivre sa croissance explosive. Plus de 7000 coureurs sont attendus, dont 1000 enfants. Un chiffre record, qui traduit un engouement autour de la pratique.

Le pari est réussi. Après avoir doublé leur nombre de participants entre 2022 et 2023, voilà que l’édition 2024 de l’Ultra Trail des Montagnes du Jura (UTMJ) devrait atteindre sa capacité maximale. 

Pour la cinquième édition de la traversée du Jura, qui se tiendra les 4, 5 et 6 octobre 2024, plus de 7000 trailers, dont 6000 adultes, sont attendus. "On a fixé cette jauge à 6000, détaille Eric Picot, le directeur de l’association organisatrice, car l’idée n’est pas d’avoir des milliers et des milliers de participants. Ce serait trop compliqué niveau logistique."

Des prévisions optimistes donc, qui se basent sur les 1500 inscriptions déjà enregistrées début mars, à huit mois du départ. Comment expliquer cette popularité croissante, alors que l’UTMJ recensait 1975 coureurs pour sa première édition ? 

Six courses différentes, pour s’adapter à tous 

Le secret se cache peut-être dans la diversité. Car l’épreuve reine de 175 kilomètres ne suffit plus. Pour "attirer un maximum de personnes et faire découvrir le trail", d’autres courses, de 105, 75, 40, 20 ou même 10 kilomètres ont été ajoutées… et font le plein. En 2023, la 40 kilomètres a réuni 1080 coureurs. De quoi tester ses capacités avant de se lancer dans une épreuve plus longue. 

Pour les plus jeunes, l’UTMJ Kids propose également six épreuves, de 500 mètres à 5 kilomètres. "On voit qu’il y a de plus en plus de compétiteurs, même chez les enfants, note le directeur de la course Simon Carrara. L’objectif, c’est surtout de leur faire découvrir la course, et si certains se prennent de passion pour le trail en grandissant, tant mieux !"

Le Jura, terrain de jeu favorable 

Autre point fort de l’UTMJ : son cadre. "Le Jura symbolise le retour à la nature que l’on a vu arriver avec le Covid. C’est vert, c’est doux, c’est plus accessible que d’autres massifs comme les Alpes, qui ne sont pas accessibles à tout le monde", analyse Simon Carrara. 

Des images verdoyantes, qui se suffisent presque à elles-mêmes… Alors que le besoin d’aventure est, lui aussi, croissant.

"Il y a une envie de retour au "sport nature", qui contrebalance la course à pied sur route, et le massif du Jura est parfait pour ça."

Simon Carrara, directeur de la course UTMJ

"C’est un esprit particulier. Les participants se reconnectent avec les sensations de la nature, se disent qu’ils ont traversé le massif du Jura, ils aiment les conditions extrêmes… C’est une aventure en soi, plus seulement une compétition."

L'intérêt accru des femmes 

Dernier levier, mais aussi enjeu : la part des femmes. Exception faite de la course de 10 kilomètres, elles sont en minorité sur tous les trails. Sur l'épreuve reine, l’année dernière, seulement 11 d’entre elles ont pris le départ… pour 261 hommes. 

Cette sous-représentation s’explique, selon Delphine Monnier-Benoît. "Beaucoup se sentent capables, et le sont, d’aller au bout et de le faire aussi bien, voire mieux que les hommes. Ce qui est compliqué, c’est l’entraînement." La traileuse bisontine, arrivée deuxième du 105 kilomètres en 2023, dit ne s’entraîner que quatre à six heures par semaine. "C’est très peu, je suis très prise. Comme moi, énormément de femmes ne peuvent pas beaucoup se préparer, car il y a le risque de blessure, de fatigue… Elles ne risquent pas de mettre en difficulté leur famille, leurs enfants et leur vie professionnelle."

Malgré tout, les femmes représentaient plus de 25% des participants en 2023, contre 18% en 2020. Un regain d’intérêt qui peut trouver racine dans le “sport santé”, selon la traileuse. "Moi, je voulais juste me remettre au sport après mes grossesses. Et le trail, c'est le plus simple dans le sens où il n'y a besoin de rien. On peut le pratiquer presque partout, il faut très peu de matériel, il n'y a pas d'horaires, pas besoin de météo spécifique... " Autant d'avantages qui pourraient bien faire encore croître la part de femmes pour l’édition 2024.