Chômage : Les jeunes et les chômeurs de longue durée, premières victimes de la crise en Bourgogne Franche Comté

Les services de l'Etat et Pole emploi publient ce mardi 27 avril les chiffres de l’emploi en Bourgogne Franche-Comté. Le taux de chômage est en hausse de 4,2% sur un an. Les nouveaux entrants sur le marché de travail et les chômeurs depuis plus d’un an sont particulièrement impactés.

© Christophe Morin - maxPPP

Au premier trimestre, la Bourgogne Franche-Comté comptait 123 500 demandeurs d’emploi de catégorie A (Sans aucune activité professionnelle). Un chiffre en hausse de 0,5% sur 3 mois et de 4,2% sur un an. A titre de comparaison, sur 12 mois la hausse atteint 6,8% au niveau national, selon la dernière parution de la Dares au ministère du Travail.

Si l'on ajoute les chômeurs ayant une activité partielle (Catégories A,B et C), la hausse atteint même 6 % sur un an dans la région. 

© Pole Emploi, Dares, INSEE

Le Doubs et le Territoire de Belfort les plus touchés

En Bourgogne Franche-Comté, la situation est très variable selon les départements. La hausse est moins forte en Saône-et-Loire (+0,1% sur un an), en Côte d'Or (+2%) et en Haute-Saône (+3%). Dans ces 3 départements, le nombre de demandeurs d'emploi est même reparti à la baisse sur les 3 premiers mois de l'année 2021. 

La situation est plus préoccupante dans les 3 autres départements franc-comtois. Dans le Jura, le nombre de demandeurs d'emploi a grimpé de 4,4% sur un an. La hausse est même spectaculaire dans le Doubs (+8,6%) et surtout le territoire de Belfort (+11,2%). 

 

 

Chômeurs de longue durée et nouveaux entrants

Principale catégorie touchée par cette hausse, les demandeurs d'emplois de plus d'un an. Avec une activité à l'arrêt, peu d'entre eux ont pu retrouver un emploi. Le nombre personnes sans activité professionnelle depuis plus d'un an a augmenté de 13,6 % en 12 mois. La crise sanitaire n'a fait qu'accroître une tendance existant depuis plusieurs années. Ils sont 110 520 en Bourgogne Franche Comté au 1er semestre 2021 selon la Dares. Il étaient moins de 70 000 il y a dix ans. 

En période de crise, pour beaucoup de salariés et d'entreprises, l'enjeu a été de conserver les emplois existants. Ce sont donc les publics déjà éloignés de l'emploi au début de la crise qui sont les plus touchés.

Autre exemple avec les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Le nombre de jeunes s'inscrivant à Pôle Emploi à la sortie de leurs études ou d'une formation a grimpé de 34,9% en un an. Au 1er trimestre 2021, le volume d'inscriptions reste cependant relativement faible par rapport à d'autres motifs. N'ayant jamais cotisé et n'ayant donc pas droit à une indemnité, on peut imaginer que nombre de ces jeunes actifs ont d'ailleurs renoncé à s'incrire. Ils ne figurent ainsi pas dans les statistiques. 

15 000 emplois détruits

Selon une autre étude de l'INSEE parue il y a quelques semaines, sur l'ensemble de l'année 2020, 15 440 emplois ont été détruits dans le secteur privé en Bourgogne Franche-Comté. Les pertes se dénombrent essentiellement dans les secteur des services (-8 000 emplois), dans l'industrie (-4 200 emplois) et dans l'interim (-3 000 emplois). 

A l'inverse, seuls les services non marchands (service publics, associations), l'agriculture et la construction ont contribuer à de nouvelles créations d'emplois. Mais avec environ 2 000 équivalents temps plein, la tendance est loin de compenser les destructions de postes. 

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