Masque obligatoire dans les trains : "les situations peuvent monter très vite en tension"

Un passager ne portant pas de masque a provoqué un incident sur le TGV Paris-Nice dimanche 16 août, ce dernier a été débarqué en gare du Creusot. Mais comment font les contrôleurs pour gérer cette obligation au quotidien ?

Des passagers en gare de Mâcon (archives - août 2020)
Des passagers en gare de Mâcon (archives - août 2020) © FTV Gabriel Talon

Comment les contrôleurs appliquent-ils cette mesure ?

Nous avons recueilli les témoignages de deux contrôleurs SNCF, Agents du Service Commercial Trains (ASCT).
Tous deux constatent que le port du masque est plutôt respecté, de façon générale.

Patrice (*) opère sur l'Yonne et les trains vers l'Ile-de-France. Pour lui, il résume les voyageurs sans masque de cette façon : "Il y a ceux qui comprennent, remettent leur masque, mais d'autres qui ne veulent pas comprendre. Il y a alors des altercations, ça part à l'outrage et insultes. C'est assez compliqué".

 

On a l'impression qu'on enlève une forme de liberté aux gens

Patrice (*), contrôleur SNCF

Patrice explique que "faire son travail est plus compliqué : le fait de dire que c'est obligatoire, c'est comme leur enlever une certaine liberté."
En cas d’"individu récalcitrant", les contrôleurs peuvent prévenir la sûreté ferroviaire (Suge) et/ou les forces de l’ordre car "c'est un trouble à l'ordre public." selon Patrice.

"En fait, les gens ne comprennent pas. Ils sont perdus, au restaurant on peut enlever son masque, mais dans le train, même avec moins de passagers, on ne peut pas. Quand on charge à Montereau 250 passagers, il faut faire très vite pour contrôler les masques et les billets, et les situations peuvent monter très vite en tension."

Patrice résume alors : "On a de plus en plus de petites agressions, qui ne sont pas anodines. Ce sont des insultes, et il y a des dérapages possibles avec la chaleur, les gens sont énervés !"
"Pour l'anecdote, je suis passé dans un wagon une première fois, l'individu n'avait pas son masque, je lui ai signalé de le remettre, il prétextait qu'il mangeait ses chips. Une demi-heure plus tard, il ne portait toujours pas son masque en me répétant qu'il mangeait ses chips... une demi-heure pour un paquet de chips...!"

 

Une poignée de réfractaires

Pascal (*) est contrôleur sur Dijon. Les rares passagers sans masque, il l'explique de la façon suivante : "c'est juste un oubli, ou pour respirer un peu, il fait chaud."
Pour sa part, Pascal est plus nuancé, il n'estime pas avoir beaucoup plus de difficultés dans son travail : "Nous sommes des agents commerciaux en service, la répression fait partie de notre métier mais ce n'est pas ce qu'on préfère faire le plus."
Il a déjà eu affaire à des passagers qui ne voulaient pas porter le masque : "si la personne refuse, c'est souvent par provocation. Ca ne peut pas aller au clash, alors il vaut mieux aller dans le sens de la pédagogie, plutôt que débarquer le passager. On préfère faire de la pédagogie plutôt que verbaliser."
Il n'est pas dupe toutefois "dès que nous sommes passés dans les rangs, des voyageurs baissent le masque"
Mais en conclusion, "ces situations demeurent plutôt isolées".

(*) prénoms modifiés

Le TGV Paris-Nice s'arrête pour débarquer un passager

Un passager qui refusait de porter un masque a été débarqué dimanche 16 août après-midi de son TGV, lors d'un arrêt spécial à la gare du Creusot (Saône-et-Loire), a indiqué la SNCF lundi 17 août.
Le TGV Paris-Nice ne devait normalement pas s'arrêter avant Marseille, mais la Sûreté ferroviaire (Suge) a dû intervenir "pour une injonction de descente du train, en raison d'un individu qui refusait le port du masque à bord", a précisé la compagnie à l'AFP. 
La contrainte peut être utilisée par les agents de la sûreté ferroviaire "si l'individu refuse d'obtempérer, ce qui fut le cas concernant cet individu", a-t-elle précisé, citant l'article L 2241-6 du code des transports. 
L'homme débarqué manu militari a aussi écopé d'une amende de 135 euros, selon la SNCF.
 

Quel est la régle du port du masque dans les transports ?
Le 28 avril dernier, Edouard Philippe, indiquait, lors de la présentation du plan de déconfinement, que le port du masque serait obligatoire dans les transports publics, à compter du 11 mai. Le secrétaire d'Etat chargé des transports, Jean-Baptiste Djebbari, confirmait qu'"il y aura sanction si le port du masque n'est pas respecté dans les transports en commun"
Les contrôleurs de la SNCF sont chargés de faire respecter les règles sanitaires en vigueur dans les transports publics, et sont habilités à verbaliser les contrevenants, selon le décret du 10 juillet 2020.
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