Le ministère de la Justice recherche des familles d'accueil en Côte-d'Or, Nièvre et Saône-et-Loire

La protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) recherche des familles en Côte-d'Or, dans la Nièvre et en Saône-et-Loire pour accueillir des jeunes ayant commis une infraction. Le placement permet à ces adolescents de retrouver un cadre social, comme chez Élisa Manuel à Gergy en Saône-et-Loire.

Pour devenir famille d'accueil, la PJJ préconise "de bonnes qualités relationnelles, d'écoute, d'autorité et de patience" (photo d'illustration).
Pour devenir famille d'accueil, la PJJ préconise "de bonnes qualités relationnelles, d'écoute, d'autorité et de patience" (photo d'illustration). © GEORGES GOBET / AFP

Dans leur maison de Gergy (Saône-et-Loire), Élisa Manuel et son mari accueillent depuis mai 2018 des jeunes placés par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Il font partie des quelque 500 familles à qui le ministère de la Justice confie un adolescent ayant commis une infraction. Actuellement, Élisa Manuel loge Marine* une jeune fille de 17 ans. "Elle va probablement rester chez nous jusqu'à sa majorité, voire plus si elle veut. C'est la plus âgée des jeunes que nous avons pu accueillir," confie la retraitée.

En ce début d'année 2021, la PJJ lance un appel à volontaires en Bourgogne et en Centre-Val de Loire. Le ministère recherche activement des familles d'accueil dans les départements de la Côte-d'Or, de la Saône-et-Loire, la Nièvre, mais aussi dans le Loiret, le Loir-et-Cher et l'Eure-et-Loir. Ces familles, comme les Manuel à Gergy, sont des bénévoles; ils sont indemnisés à hauteur de 40 euros par jour.

"Nous ne pouvons pas mettre notre annonce sur Pôle emploi, puisque nous ne proposons pas de contrat de travail, la famille d'accueil n'est pas salariée, précise François Lalanne, responsable de l'unité éducative d'hébergement diversifié (UEHD) de Chalon, qui est en lien avec les jeunes placés chez les Manuel. La collaboration peut ainsi s'arrêter à tout moment. Ces familles ont beaucoup de mérite : 40 euros, ce n'est pas grand chose comparé aux engagements qu'elles prennent."

Soutenir et responsabiliser ces jeunes

Élisa a eu le déclic au départ de ses enfants. "Je me suis retrouvée un peu toute seule à la maison. J'avais vraiment besoin d'aider quelqu'un. On qualifie ces jeunes de délinquants, mais pour moi ce sont simplement des gens qui ont eu des difficultés dans la vie," raconte-t-elle. Depuis qu'elle travaille en lien avec la PJJ, elle a recueilli cinq jeunes de 14 à 17 ans, parfois pour une semaine, parfois pour plusieurs mois. Il est arrivé qu'une jeune fugue de chez elle, puis veuille revenir.

Chez les Manuel, les jeunes placés se plient aux règles de la maison : ils disposent d'une chambre mais doivent participer aux tâches quotidiennes comme la préparation des repas, le ménage ou encore la promenade du chien. Élisa Martin met un point d'honneur à ce que son hôte fasse son lit chaque matin. "Nous devons leur inculquer des règles de vie, leur fournir un cadre chaleureux, serein, structurant, glisse-t-elle, avant de citer un exemple. Marine* fume. On lui autorise dehors, à condition qu'elle vide son cendrier chaque jour."

Ce sont des jeunes qui ont eu de drôles de vies. On se doit d'être à l'écoute, d'être patient, de prendre le temps d'expliquer. Ce n'est pas parce que vous demandez chaque jour que le lit soit fait et le cendrier soit vidé que cela va être fait tout le temps. Mais au fil des mois, c'est vraiment satisfaisant les voir prendre de bonnes habitudes, de les voir sociabiliser.

Élisa Manuel, famille d'accueil de la PJJ

Comme des membres de la famille

Les adolescents placés obéissent aux mêmes règles que leurs propres enfants autrefois et leur petits-enfants aujourd'hui. Ce sont presque des membres de la famille. Presque, car les familles d'accueil se doivent de "rester neutres" vis-à-vis des familles biologiques.

Cette année, on a réveillonné avec Marine*; on a fait un beau sapin de Noël. L'année dernière, le jeune que nous logions nous a suivi en Bretagne passer les fêtes de fin d'année. Il s'est très bien intégré. On se balade ensemble, on va au cinéma ensemble. L'idée, c'est de leur montrer comment fonctionne une famille "normale".

Élisa Manuel, famille d'accueil de la PJJ

Les Manuel reçoivent de temps à autre des nouvelles des adolescents qu'ils ont côtoyés. "Beaucoup continuent à me donner des nouvelles. Certains me disent qu'ils veulent revenir, c'est vraiment ce qu'il y a de plus gratifiant. D'ailleurs, une jeune que nous avons eu nous a annoncé qu'elle venait d'avoir un bébé," glisse-t-elle. Si la Covid-19 les a bloqués en 2020, les Manuel comptent bien partir en vacances avec Marine* cette année.

*le prénom a été modifié pour garantir l'anonymat de la jeune fille.

 

Si votre casier judiciaire est vierge et que devenir famille d'accueil vous intéresse, vous pouvez vous rapprocher de l'établissement le plus proche de chez vous en allant sur le site dédié du ministère de la Justice ou en contactant directement les structures : 

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