Cosne sur Loire : élus et personnels s'inquiètent pour la reprise de la clinique après le rejet de deux candidats

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Écrit par Tania Gomès

Une nouvelle lettre ouverte pour interpeler le directeur régional de l'ARS. Objectif : s’assurer d’une reprise d’activité après 8 mois de fermeture de la clinique du Nohain. Ce mardi 9 juin, élus et personnels restent inquiets.

 

Un manifeste de mécontentement. Un appel à reconnaissance. « C’est dérangeant de voir à quel point nous ne sommes ni écoutés, ni consultés, ni considérés », s’agace Perrine Goulet députée LREM de la Nièvre. C’est le deuxième courrier adressé au directeur régional de l’ARS. Le premier envoyé le 20 mai 2020 est toujours sans réponse.

La clinique du Nohain, à Cosne-sur-Loire, est fermée depuis le 18 décembre 2019. Liquidation judiciaire sans reprise d'activité. Depuis, élus locaux et personnels se mobilisent sans relâche pour une reprise d'activité pour les 97 salariés.  « Ce pole de santé est vitale pour le territoire. La nuit, c'est l'hôpital de Nevers ou de Montargy parce que Giens en fermé, soit une heure de route pour vous soigner», s'indigne Perrine Goulet.

Alors faute de réponse, pour les élus et le personnel, il est temps d’interpeller, de nouveau, dans cette lettre ouverte : 

« Nous souhaitons vous faire part de notre étonnement et de notre profond mécontentement concernant le mail envoyé par vos services en date du 14 mai 2020 à 18h25, relatif au projet de reprise d’activités par les sociétés Khera Santé et Medi finances (…) vous indiquez ne pas retenir les candidatures de ces porteurs de projets alors même que les candidatures ne sont pas closes pour les deux autres groupes qui retiennent votre attention Naolys et SOS Santé »

Lettre ouverte des élus et délégués du personnel de la clinique au directeur régional de l'ARS

 

4 dossiers de reprise d’activité

L’ARS étudie 4 dossiers de reprises d’activité de la Clinique de Cosne sur Loire. Deux candidats sérieux se dégagent : SOS Santé et Naolys. Tous les deux sont déjà implantés dans la région.

  • Le groupe international SOS Santé gère l'hôtel dieu du Creusot, deux Ephad et un village d'enfants dans la Nièvre.
  • Le lyonnais Naolys regroupe six cliniques en France dont une en construction à Montbéliard. Ces deux repreneurs se sont déjà rendus sur place pour rencontrer les élus, les représentants du personnel et estimer les travaux nécessaires à un redémarrage des soins dès la fin de l'année 2020.

Deux autres candidats ont déjà été écartés sans concertation avec les élus.

Sollicitée, l'agence régionale de Santé se contente de répondre succintement. «Quatre projets de reprise des activités de soins de la clinique de Cosne ont été portés à la connaissance de l’ARS, dont 2 manifestement insuffisants. Sans préjuger bien entendu de l’issue de la liquidation judiciaire, l’Agence Régionale de Santé reste particulièrement attentive à la qualité et à la crédibilité de ces projets. Une réunion avec les élus s'est tenue le 6 mai dernier, une nouvelle réunion sera prochainement organisée.»

Pourtant, à Cosne sur Loire l’inquiétude s’installe. L’exclusion rapide des 2 premiers candidats déroute. Elus et délégués du personnel se sentent mis à l’écart par l’ARS. Ils voient les chances de reprise divisées par deux.

« Nous devions travailler de concert. Le directeur [de l'ARS, ndlr] s’était engagé à nous tenir informer, et surtout à écouter notre avis », s’indigne Michel Veneau maire de Cosne sur Loire.

 

8 mois de fermeture

La clinique ferme après rebondissements et décision de justice en décembre 2019. La gestion douteuse du groupe Kappa est dénoncée. Huit mois plus tard, en juin 2020 toujours aucun signe de l’ARS selon les élus. « Le directeur ne nous répond pas. Nous ne communiquons plus », s’attriste Perrine Goulet.

Elus et représentants du personnel continuent d’espérer une reprise d’activité. « Nous en sommes au moins à la 18ème réunion. On cherche, on propose des solutions. Mais nous commençons à tourner en rond », soupire Simone Tissier-Cherrier, déléguée du personnel.

 

« Seulement ¼ du personnel a retrouvé du travail »

L’ensemble du personnel a été licencié en décembre. La liquidation judiciaire actée, certains ont retrouvé du travail. Mais pas tous.  « Nous allons finir par perdre les compétences médicales que nous avons sur le territoire », s’inquiètent Perrine Goulet.

« Des médecins, des infirmières, le cuisinier ont retrouvé du travail. Certains sont parties à Gien. C’est ¼ de personnel qui a repris une activité », explique Simone Tissier-Cherrier.

Scanner et état d’urgence

En attendant l’issue de la liquidation judiciaire de la société Kappa, l’hôpital voisin a repris la radiologie et les urgences. Le scanner a été réquisitionné le temps de l’état d’urgence et de la crise sanitaire.

« Je me demande si l’ARS va également arrêter le scanner s'il n’y pas de reprise d’ici le 10 juillet ? » s’interroge Perrine Goulet.

 

Signataires de la lettre ouverte

Nadia Sollogoub, sénatrice, 
Perrine Goulet, députée, 
Michel Veneau, maire de Cosne, 
Denis Thuriot, président du groupement hospitalier de territoire, 
Thierry Flandin, président de la communauté de communes Cœur de Loire, 
Laurent Pabiot, président de la communauté de communes Pays Fort Val de Loire Sancerrois, 
Aurélie Parizelle, représentante des salariés,
Simone Tissier-Cherrier, déléguée du personnel.