La météo "pourrie" a-t-elle tué le tourisme dans le Morvan ? La saison est "catastrophique" pour les professionnels

Pluie, vent et fraiches températures... les ingrédients idéaux pour compliquer la saison touristique dans le Morvan. En ce début de mois d'août, les professionnels s'inquiètent de l'importante baisse de fréquentation. Illustration dans la Nièvre.

Canoës, paddles, vélos... tous sont neufs, mais demeurent résolument rangés dans leur hangar. Voilà plusieurs jours qu'aucun client n'a poussé les portes de la "Nicolas Geoffroy School", petite base de loisirs nautiques située au bord du lac des Settons.

"Un jour on ouvre, puis le lendemain on ferme, et le surlendemain aussi... On est à environ une journée ouverte pour cinq ou six de fermées", se désole Nicolas Geoffroy, son gérant. Lui qui vient d'installer son activité dans la Nièvre espérait rembourser tout le matériel grâce à cette première saison estivale. Mais en ce début août, un constat s'impose : "les clients ne sont pas au rendez-vous."

Les touristes ne sont pas au rendez-vous. Non seulement sur le lac, mais dans toute la région. C'est le désert de Gobi !

Nicolas Geoffroy,

gérant de la "Nicolas Geoffroy School"

Pour lui, pas de doute, le mauvais temps est responsable. "On a beaucoup de gens qui ont annulé à cause de ça", indique-t-il. "Ils ne viennent pas à cause de la pluie. On le constate lorsqu'il y a des accalmies et des belles journées : là, les gens se déplacent. Mais objectivement, on a rarement eu une saison aussi pourrie."

"On ne voit personne"

Une météo qui ne fait les affaires de personne autour des lacs du Morvan. Quelques kilomètres plus loin, à Saint-Agnan, la terrasse détrempée de la Vieille Auberge du Lac est elle aussi désespérément vide. Pas mieux à l'intérieur, où seuls quelques clients déjeunent. "La saison est catastrophique, on ne voit personne", se navre sa gérante, Delphine Blaisot.

Fort heureusement, l'établissement peut compenser avec sa partie "hôtellerie". Même si, là encore, les affaires sont loin de briller. "On sauve les meubles côté hôtellerie parce que l'auberge est petite avec huit chambres, donc on arrive à les remplir au fil de l'eau", précise la gérante. "Mais d'habitude, en juillet-août, on est tout le temps complet. Là, pour le 15 août par exemple, on n'a que deux chambres réservées..."

C'est du jamais vu. On se demande où sont le touristes et les étrangers !

Delphine Blaisot,

gérante de la Vieille Auberge du Lac à Saint-Agnan

La faute à la météo... mais pas que. "Le temps, c'est vraiment la cerise sur le gâteau, mais ce n'est pas la seule explication. Même quand il faisait beau en juillet, il n'y avait pas grand monde. Aujourd'hui, on se rend compte que les touristes sont sûrement repartis à l'étranger ou dans le sud... En tout cas, ils ne sont pas ici."

La détection de cyanobactéries dans le lac n'aide probablement pas non plus. Pour rappel, début juillet, des prélèvements négatifs avaient conduit les autorités à y interdire la baignade.