Les magasins de bricolage Weldom en grève : "En 22 ans, je n'ai jamais été augmentée"

Les salariés des enseignes de bricolage Weldom sont appelés à faire grève ce samedi 10 décembre. Ils protestent contre des salaires trop bas et un manque de considération.

Ils s'estiment mal considérés par leur direction, et ce depuis trop longtemps. Les salariés des magasins de bricolage Weldom sont en grève, ce samedi 10 décembre, notamment à Cosne-sur-Loire (Nièvre), en Saône-et-Loire, dans l'Yonne, en Côte-d'Or et dans le Loiret voisin. 

Pourquoi ce mouvement de grève ?

À Cosne-sur-Loire, l'ensemble des 15 salariés du site a décidé de débrayer ce samedi, selon les grévistes postés devant le magasin. Simone Jacques, vendeuse et déléguée syndicale, en fait partie.

"Ce qui nous a décidé à lancer une grève, c'est d'une part la baisse du pouvoir d'achat, et en parallèle, nos différentes demandes d'augmentation qui n'ont jamais abouti malgré les bons résultats de 2021", explique-t-elle.

"Aujourd'hui, ça fait 22 ans que je travaille chez Weldom et mon salaire n'a pas évolué. Je suis toujours au smic."

Simone Jacques

Aucune évolution salariale : c'est aussi ce que déplore Vincent, qui se décrit comme "vendeur, réceptionniste et chargé de la découpe de bois", lui aussi à Cosne-sur-Loire. "Moi par exemple, j'ai un grade au-dessus du grande normal, et les débutants ont le même salaire que moi."

"Aucun remerciement, aucune prime de vente"

Outre l'aspect salarial, les salariés de Weldom se plaignent d'un manque de considération de la part de la direction. D'abord parce qu'ils ne bénéficient pas d'avantages pourtant courants dans les entreprises d'une certaine taille.

"On a pas de 13ème mois, pas de prime panier, pas de réduction lorsqu'on achète des articles en magasin, on travaille tous les samedis", énumère Vincent. 

Il explique en outre que le magasin n'a plus de directeur officiel depuis un certain temps... et que ce sont donc les salariés qui assurent le travail. "On est tous dans le même cas : on est de "simples vendeurs", mais à l'heure actuelle, on fait le boulot d'un manager. On passe les commandes nous-mêmes, on renseigne les clients techniquement, chose qu'on n'est pas censé faire..."

"Pourtant, on est toujours là à l'heure, on est jamais en arrêt maladie, mais on n'a aucun remerciement, aucune prime de vente. Quand je réussis à vendre quatre poêles à bois, alors que ce sont des ventes très techniques, on me répond que j'ai juste fait mon travail", raconte Vincent.

La direction va-t-elle rencontrer les salariés ?

La section syndicale régionale a demandé une entrevue avec la direction autour du 10 janvier. Contactée, la direction de Weldom dit avoir "pris connaissance des revendications", et que celles-ci seront discutées lors des négociations annuelles en janvier 2023. 

Concernant le nombre de magasins concernés, la direction ne donne pas de chiffre et se contente de déclarer que "tous les magasins ont ouvert leurs portes comme prévu". De leur côté, les salariés grévistes expliquent que, dans au moins un magasin, la direction a fait venir des responsables régionaux pour assurer l'ouverture faute de salariés présents.

Weldom fait partie du groupe Schiever, partenaire d'autres grandes enseignes comme Auchan, Bi1, Atac, Proximarché, Kiabi... Fondé en Bourgogne, Schiever est aujourd'hui présent en Russie, en Pologne, au Tadjikistan et en Ouzbékistan. En Bourgogne, il compte une quinzaine de magasins.

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