Attirer les Parisiens pour un jour ou pour toujours : Nevers fait sa promotion à la télévision

Pendant 10 jours mi-mai, la ville de Nevers s'est offert une campagne de promotion sur les antennes de France Télévisions. Dans un spot de 20 secondes, la préfecture de la Nièvre vante ses atouts pour tenter d'attirer des citadins qui ont envie de se mettre au vert après le coronavirus.

Dans un spot de 20 secondes, la Ville de Nevers vante ses charmes et son cadre protégé "à deux heures de Paris".
Dans un spot de 20 secondes, la Ville de Nevers vante ses charmes et son cadre protégé "à deux heures de Paris". © Ville de Nevers
Le Palais ducal, les principaux monuments neversois, la Loire bien sûr et quelques grandes animations culturelles et sportives de Nevers. Vous avez peut-être aperçu ces images sur les antennes de France Télévisions du 13 au 24 mai.
 

Dans ce spot diffusé à 26 reprises sur France 2, France 3 et France 5, la ville de Nevers met en avant ses atouts et fait la promotion d'une destination "pour un jour ou pour toujours" en renvoyant vers un site internet dédié : "Destination Nevers".

"L'idée, c'était de donner l'image d'un territoire qui a su se protéger, où on ne vient pas que pour ramasser des champignons, où on peut aussi bien vivre et s'épanouir, détaille Denis Thuriot, le maire de Nevers (SE).
Il y a des choses à voir et à faire ici. C'était l'occasion de s'adresser à des gens qui n'ont pas l'habitude d'entendre parler de Nevers, mais aussi de redonner une fierté à ce territoire."

Attirer des touristes cet été

Première cible potentielle de ce clip, les touristes. Alors que le gouvernement incite depuis plusieurs semaines les Français à passer leurs vacances d'été en France, la cité des Ducs tente de se faire connaître. "Les gens n'auront pas forcément envie d'aller sur des plages où les possibilités risquent d'être limitées. Cela peut être une chance pour des territoires qui ont su se montrer protecteurs et qui peuvent être accueillants, comme le nôtre", veut croire le maire.

Susciter un engouement, aujourd'hui, ou à plus long terme, l'objectif est apprécié par certains habitants. "C'est le moment de se mettre sur les rangs pour un tourisme durable et pour attirer des collaborateurs de sociétés télétravailleurs et leurs familles", commente ainsi une internaute.
 
Nevers mise sur son cadre de vie pour attirer de nouveaux visiteurs.
Nevers mise sur son cadre de vie pour attirer de nouveaux visiteurs. © Ville de Nevers
 

"A deux heures de Paris"

Car cette campagne cherche également à toucher un autre public : les habitants de la région parisienne en quête d'ailleurs après le confinement. Une cible assumée par Denis Thuriot, qui a tenu à la précision "à deux heures de Paris" sur le slogan : "nous avons une proximité avec la capitale que peu de villes médianes peuvent revendiquer. Il est important de dire que sans aller loin il y a des villes, plus réduites en taille, avec des loyers pas chers et sans bouchons pour se rendre au travail le matin."

Nevers a engagé depuis plusieurs années des initiatives pour tenter de séduire de nouveaux habitants : accueil de porteurs de projets, aides à l'installation... "Nous étions engagés dans cette voie", rappelle l'élu.

Pour autant j'imagine mal un exode des Parisiens vers Nevers. Mais l'intérêt c'est de faire parler de notre territoire. Il peut y avoir des retombées immédiates, d'autres prendront plus de temps.


Mais j'ai déjà eu des retours d'agents immobiliers locaux qui m'ont dit avoir été contactés par des habitants de région parisienne à la recherche de maisons."
 

Une opportunité "quasi-inaccessible"

Si Nevers a pu s'offrir cette visibilité, c'est avant tout en raison du contexte lié au coronavirus qui a perturbé les campagnes d'annonces. "Nous nous sommes rendu compte qu'il y avait peu d'espaces publicitaires occupés ces dernières semaines à la télévision. Avec la loi de l'offre et de la demande, il y avait une opportunité de négocier un tarif préférentiel, sans quoi ce type de promotion nous est quasiment inaccessible", explique Denis Thuriot.

La Ville et l'Agglomération ont donc partagé le coût des diffusions, "50.000 euros, au lieu de 130.000 en temps normal", précise le maire. "Pour cela nous avons réutilisé des budgets de communication qui ont été annulés en raison du confinement."
 


Des réactions partagées

Sur les réseaux sociaux, la campagne fait réagir. "Une excellente initiative", plébiscite une internaute, quand une autre souligne "une super idée pour attirer la population qui est partie dans les grandes villes". "Bravo ! Les retombées de ce spot publicitaire ne peuvent être que positives", se félicite un troisième sur la page Facebook de la Ville.

Certains se montrent plus ironiques, dénonçant une "publicité mensongère". "Joli spot publicitaire mais Nevers ville morte", critique ainsi un internaute. Pour d'autres, c'est le coût de l'opération qui inquiète : "une somme colossale pour une petite ville comme Nevers, dépensée pour rien", ou dans un "mauvais timing".
 

Un "coup de com" pour l'opposition

L'opposition municipale regrette également la manière. "Je ne crois pas tellement aux 'coups de com', déplore Nathalie Charvy, conseillère municipale Europe Ecologie - Les Verts. Surtout quand c'est assez stéréotypé, sporadique et coûteux."

Vouloir mettre en avant la ville, cela doit être une stratégie réfléchie, alors que là, je sens surtout le fait du prince.


"Est-ce que l'office de tourisme a été consulté ? Je ne crois pas. Encore une fois, ce n'est pas forcément articulé au territoire, comme l'eTree qui est mis en avant dans le clip, c'est de l'ordre du gadget. Je pense que Nevers est une ville désirable, qu'elle doit devenir une ville attirante en répondant aux envies de nature, de proximité qui ont émergé de cette crise. Elle doit cultiver sa singularité et pas seulement être attractive en essayant de marcher sur les autres."
 

Quelles suites à cette campagne ?

Avec cette campagne, la municipalité cible "une population de 20 millions de gens, qu'il ne serait pas simple d'interpeller autrementEn 20 secondes, on fait passer quelques messages et de façon plus active qu'une image fixe, défend Denis Thuriot. Après, une campagne d'affichage dans le métro par exemple peut être intéressante aussi, mais là encore, il faut pouvoir se la payer."

Aucune suite n'est prévue pour le moment à ce premier spot. "Nous pourrions l'envisager à l'avenir sur un pôle métropolitain avec Bourges et Moulins par exemple, avance l'élu. Mais si on me démontre que la campagne a marché, cela peut valoir le coup de retenter." Une manière de rester à l'affût des opportunités si elles se présentent dans les prochains mois, ou sur d'autres chaînes.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
tourisme économie société coronavirus : envie d'évasion santé coronavirus
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter