• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ÉCONOMIE
  • DÉCOUVERTE
  • JUSTICE
  • SPORT

Nevers : la tension monte encore d'un cran chez Selni

Des salariés du site Selni de Nevers se sont rassemblés devant l'usine pour protester contre le retard de salaires et les périodes de chômage partiel. / © France 3 Bourgogne
Des salariés du site Selni de Nevers se sont rassemblés devant l'usine pour protester contre le retard de salaires et les périodes de chômage partiel. / © France 3 Bourgogne

Les salariés neversois du fabricant de moteurs de lave-linge sont au chômage partiel depuis fin décembre. Il n'ont reçu qu'une avance sur leur dernière paie et bloquent l'entrée de leur usine depuis ce lundi 19 février 2018. La direction promet que la situation sera réglée rapidement.

Par RC

L'attente se poursuit pour les salariés de Selni à Nevers. Le 5 février, ils n'ont reçu qu'une avance de 400 euros sur leur paie de janvier 2018. Depuis, le solde promis est repoussé. Près de 90 salariés travaillent sur le site.  Ils sont une trentaine à bloquer l'entrée de leur entreprise depuis lundi 19 février. 

Cela fait plusieurs jours que la tension monte. Lundi 12 février déjà, un rassemblement avait été organisé devant les grilles de l'entreprise pour réclamer les montants dus.

"La direction essaye de nous rassurer", expliquaient les délégués syndicaux CGT, FO et CFE-CGC. "On nous promet que la totalité des salaires devrait être versée d'ici jeudi, ainsi qu'une prime et le paiement des éventuels frais bancaires. Mais le temps commence à se faire long." Un délai confirmé par Philippe Vidal, le PDG de Selni. "Le solde devrait être versé le 14 ou le 15 février, avec une semaine et demie de retard. Nous sommes conscients des difficultés que posent ces délais, c'est pour cela que l'actionnaire a décidé cette prime, comme dédommagement."

Chômage partiel depuis décembre

L'usine est au ralenti depuis mi-décembre, avec une succession de périodes de chômage technique. Seules quelques commandes urgentes sont assurées depuis le retour des vacances de Noël. Chaque vendredi, les ouvriers reçoivent ainsi un courrier pour les informer que la prochaine semaine sera chômée mais qu'ils doivent se tenir à disposition de l'entreprise en cas de besoin.

Pour le PDG de Selni, "la situation actuelle s'explique par les difficultés d'une autre filiale du groupe après le non respect d'un contrat par Electrolux". S'en seraient suivies des difficultés de trésorerie ainsi que des blocages avec certains fournisseurs.

Redémarrage dans les prochaines semaines ?

Pourtant pour Philippe Vidal, la situation devrait s'améliorer. "L'actionnaire croit en Selni, il est persuadé que le site a un avenir. Des sommes importantes vont être réinjectées d'ici la fin de semaine, d'abord pour payer les salaires, puis refinancer les fournisseurs et permettre le redémarrage du site."

"Pour le moment on lui fait confiance et on attend", précisent les délégués syndicaux. "On pourrait aussi aller en justice et tout arrêter, mais ce n'est pas notre souhait. Nous avons tous intérêt à ce que le site reparte."

"Le redémarrage devrait être progressif à partir de la semaine prochaine, promet Philippe Vidal. Je ne pense pas qu'il y ait de chômage en mars ni dans les mois suivants. Nous avons des commandes et des perspectives intéressantes. Nous n'avons pas de visibilité jusqu'à la fin de l'année, mais la tendance est plutôt correcte."


Le reportage de Marie Jolly, Tania Gomès et Chantal Gavignet avec :
-Françoise Lejault, salariée
-Marie-José Héritier, salariée
-Jean-Paul Jeandot, délégué syndical CGT

Un litige avec l'URSSAF

La société Selni devait comparaître mercredi 17 janvier devant le tribunal de commerce de Nevers en raison de cotisations sociales non versées. Selon les délégués syndicaux de l'entreprise, il s'agirait de près de 1,5 millions d'euros pour la période 2012-2017.
L'audience a été repoussée au mercredi 21 février, car Selni a demandé un moratoire pour étaler le paiement. "Nous sommes confiants dans le fait qu'un compromis sera accepté", précise Philippe Vidal. "Mais cela ne conditionne pas le redémarrage du site."

A lire aussi

Sur le même sujet

Hausse des carburants : un chèque transport va-t-il voir le jour en Bourgogne-Franche-Comté ?

Les + Lus