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Procès du meurtre de Sophie Lionnet à Londres : l'accusé charge sa compagne

Un portrait de Sophie Lionnet. / © France 3
Un portrait de Sophie Lionnet. / © France 3

Sophie Lionnet a vécu plusieurs années dans l'Yonne. Son corps a été retrouvé carbonisé à Londres chez un couple de Français. La jeune fille est morte à la suite d'un interrogatoire qui a été partiellement filmé par les accusés. Les auditions vont reprendre lundi 23 avril 2018.

Par avec AFP

C'est toi qui l'as fait ! Tu as mis sa tête dans l'eau !


Ouissem Medouni, 40 ans, et Sabrina Kouider, 35 ans, sont poursuivis devant la cour criminelle de Londres pour le meurtre de Sophie Lionnet, leur jeune fille au pair.

Le cadavre de la jeune femme de 21 ans avait été retrouvé par les pompiers le 20 septembre 2017 dans le jardin des accusés.

Lors de l’audience du vendredi 20 avril, Ouissem Medouni a accusé sa compagne d'avoir tué Sophie Lionnet en plongeant sa tête dans leur baignoire remplie d’eau. "C'est toi qui l'as fait ! Tu as mis sa tête dans l'eau !", a-t-il déclaré à vive voix, avant de se faire rappeler à l'ordre par le juge. "C'est une femme très forte, elle en est capable", a-t-il dit.




Selon Ouissem Medouni, Sophie Lionnet est morte dans la nuit du 18 au 19 septembre 2017 à la suite d'un interrogatoire partiellement filmé que sa compagne avait poursuivi seule après qu'il était allé se coucher.
Le couple pensait que la victime avait comploté avec un des anciens compagnons de Sabrina Kouider et père d'un de ses deux garçons, le fondateur du boys band Boyzone Mark Walton, pour droguer et abuser sexuellement de la famille.

Ouissem Medouni a reconnu avoir "mis un peu la pression" sur Sophie Lionnet en la questionnant avec l'intention, selon lui, de remettre l'enregistrement à la police.

Mais il a catégoriquement démenti les accusations de l'avocat de Sabrina Kouider, Icah Paert, qui lui impute la responsabilité de la mort de la jeune fille.
"Non, non, non", a-t-il répondu à plusieurs reprises aux affirmations selon lesquelles il avait perdu son calme, frappé et torturé la victime. "Je ne me suis jamais emporté. Je n'arrête pas de le répéter".




"Je ne suis pas un assassin. Je n'ai pas fait de mal à Sophie"


Si Ouissem Medouni avait dans un premier temps reconnu, dans une déclaration écrite en janvier, avoir tué Sophie Lionnet par accident, après lui avoir asséné un coup et l'avoir immergée à plusieurs reprises dans le bain, c'était pour "protéger (s)a famille", à la demande de Sabrina Kouider, a-t-il expliqué. 

Quand "je sortirais, nous serions tous de nouveau réunis", a-t-il précisé. Ouissem Medouni était revenu sur ses aveux quelques jours avant l'ouverture du procès le 19 mars. "J'ai stupidement signé ce document", a-t-il dit. "Je ne suis pas un assassin. Je n'ai pas fait de mal à Sophie".

Les deux accusés plaident non coupables pour le chef d'accusation de meurtre. Ils ont en revanche plaidé coupables d'entrave à la justice pour avoir tenté de se "débarrasser" du corps "en le brûlant".




J'aurais dû la protéger davantage


Ouissem Medouni a seulement reconnu avoir enchaîné les mauvaises décisions dans cette affaire, comme le fait de ne pas avoir prévenu la police au moment d'une agression physique de Sophie Lionnet par sa compagne en juillet 2017 ou de ne pas lui avoir acheté de billet de retour en France.

"Je suis responsable de ce qui s'est passé parce que j'aurais pu l'arrêter. (...) C'était la plus grosse erreur de ma vie", a-t-il regretté.

"Il y a beaucoup de très mauvaises décisions, n'est-ce pas ?" qui "ne vous ressemblent pas", a raillé le procureur Richard Horwell dans un contre-interrogatoire de l'accusé.
"Je suggère que votre implication va beaucoup plus loin", lui a-t-il dit, en rappelant que Sophie Lionnet avait notamment été empêchée de rentrer chez elle, faute d'avoir été payée par ses employeurs.  

"J'aurais dû la protéger davantage", a admis Ouissem Medouni, nerveux et parfois hésitant dans ses réponses. Son audition se poursuivra lundi.


 

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