Professeur décapité : “Nous condamnons fermement cet acte ignoble, inhumain” réagit la communauté musulmane

De Belfort à Besançon, les communautés musulmanes de Franche-Comté s’expriment une après l’une après la mort de l’enseignant Samuel Paty, décapité pour avoir parlé à ses élèves de caricatures de Mahomet.
A Belfort, les différentes communautés religieuses se sont rassemblées pour condamner la mort de Samuel Paty, enseignant décapité par un islamiste radical à Conflans-Sainte-Honorine.
A Belfort, les différentes communautés religieuses se sont rassemblées pour condamner la mort de Samuel Paty, enseignant décapité par un islamiste radical à Conflans-Sainte-Honorine. © Denis Colle - France Télévisions
Des centaines de personnes dans les rues de Belfort. Dimanche 18 octobre, les Belfortains qu’ils soient athés, catholiques, juifs ou de confession musulmane se sont réunis pour rendre hommage à l’enseignant assassiné dans les Yvelins à Conflans-Sainte-Honorine. Samuel Paty a été décapité vendredi 16 octobre vers 17h00 près du collège où il enseignait l'histoire-géographie. Son assaillant, Abdoullakh Anzorov, a été tué par la police.

“Nous condamnons fermement cet acte ignoble, inhumain” a lancé lors de son discours Ali Sahab, responsable de l'association des musulmans de Belfort. “L’année dernière, plus de 1.100 élèves des collèges du Territoire de Belfort ont visité des lieux de cultes, catholiques, juifs ou musulmans, pour parler de la laïcité et de la liberté d’expression. Et tout d’un coup, voilà un acte qui va tout foutre en l’air” explique-t-il au micro de France 3 Franche-Comté.

Ali Sahab se dit abattu. “Je ne sais pas ce qu’il faut faire” confie écoeuré l’éducateur belfortain qui travaille toute l’année à prôner, enseigner, le vivre ensemble des communautés. Ce nouvel attentat, qui touche un enseignant aura forcément des répercussions sur la communauté musulmane. “On va morfler comme on dit dans le langage courant” ajoute Ali Sahab.

"Notre religion, ça a jamais été ça, c'est tout le contraire" condamne une femme de confession musulmane présente au rassemblement.
 
Belfort : l'hommage des Français de confession musulmane à Samuel Paty, professeur assassiné
►Reportage d'Emmanuel Rivallain et de Denis Colle. Montage de Mehdi Bensmaïl. Avec Ali Sahab, responsable de l'association des musulmans de Belfort.

A Besançon, quatre mosquées et une association franco-turque condamnent elle aussi l’acte barbare qui a touché Samuel Paty, âgé de 47 ans

“Cet acte, qui a été perpétré avec une extrême barbarie, est d’autant plus odieux qu’il vient remettre en question l’exercice du métier noble d’enseignant
C’est avec effroi, une grande tristesse et une grande consternation, que nous avons appris ce lâche assassinat. Les responsables des mosquées de la ville de Besançon, ainsi que tous les fidèles, jeunes et moins jeunes, condamnent avec la plus grande fermeté et sans aucune réserve cet acte ignoble.
Nous tenons à exprimer toute notre solidarité avec la famille de Samuel Paty, avec tous ses proches endeuillés, et avec l’ensemble du corps enseignant. Nous sommes particulièrement tristes et scandalisés que des gens emplis de haine touchent à la fois un des symbole de notre république qu’est l’école et associent l’Islam à leur folie meurtrière. C’est inadmissible
Les responsables des mosquées de Besançon appellent à la vigilance et à l’unité pour faire front contre l’extrémisme et toutes les tentatives de division de notre pays”
écrivent dans un communiqué les mosquées des quartier de Saint-Claude, Fontaine-Ecu, Chateaufarine et du centre ville ainsi que l’association Turque Française de Planoise.
 

Le ou les auteurs des faits ont prouvé par leurs actes qu'ils ne sont "pas religieux"

Kamel Kabtane, le grand recteur de la Grande mosquée de Lyon


L'enseignant décapité a "fait son travail" et a été "respectueux". Le grand recteur de la Grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane s’est exprimé dimanche soir. "Le professeur a fait son travail", a-t-il expliqué à l’Agence France Presse.
"Il était en droit d'élever le niveau intellectuel sur la tolérance et la liberté d'expression. Il a été respectueux et il a même proposé aux élèves qui pourraient se sentir choqués de sortir. Il a voulu parler sans vexer, sans blesser", a ajouté Kamel Kabtane. "En France, la liberté d'expression existe et il faut qu'elle existe", a complété le recteur, pour qui le ou les auteurs des faits ont prouvé par leurs actes qu'ils ne sont "pas religieux".
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