Reconstruction de Notre-Dame : les premiers chênes pour la charpente prélevés en Bourgogne et Franche-Comté

Les premiers chênes sélectionnés pour reconstruire la charpente de Notre-Dame de Paris ont été prélevés le 9 mars. En Haute-Saône, ce sont 3 chênes qui sont offerts par la commune de Grattery, près de Vesoul. D'autres vont être coupés dans l'Yonne et dans la Nièvre.

Sur la commune de Grattery (Haute-Saône), 3 chênes sont donnés pour reconstruire la charpente de la Cathédrale Notre-Dame
Sur la commune de Grattery (Haute-Saône), 3 chênes sont donnés pour reconstruire la charpente de la Cathédrale Notre-Dame © FTV Antoine Laroche

Il faudra 1324 chênes pour reconstruire à l'identique la charpente de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, détruite lors de l'incendie du 15 avril 2019. Les propriétaires forestiers se sont mobilisés dans la France entière et des initiatives solidaires venant de petites communes ont contribué à l'effort collectif. Les forêts de l'Yonne, de l'Allier, de la Nièvre et de la Haute-Saône notamment, vont fournir les arbres nécessaires.

Des chênes sélectionnés avec précaution

Que ce soit pour leurs dimensions ou pour leurs qualités de construction de charpente, les chênes choisis dans les forêts françaises vont fournir le matériau nécessaire à la reconstruction à l'identique de la charpente et de la flèche de l'architecte Viollet-le-Duc. Cette charpente vieille de plus de 800 ans s'était consumée en 15 heures lors de l'incendie de 2019.
La coupe de ces chênes s'effectue avant le 15 mars, car la montée de sève du printemps est susceptible d'altérer la qualité du bois.

Il faut des arbres non vrillés, très droits, de 150 à 300 ans d'âge, répondant aux critères de qualité recherchés par les charpentiers qui interviendront sur le monument parisien. Ces chênes doivent également mesurer de 5 à 14 mètres de hauteur et leur diamètre de 50 à 90 centimètres. Certains seront issus de forêts privées. Les chênes les plus grands (et les plus anciens) seront issus des forêts domaniales.

Une coopérative forestière privée partie prenante

Ce sont 383 de ces chênes qui proviendront des forêts du centre de la France, appartenant à cinquante-cinq propriétaires, adhérents à la coopérative forestière Unisylva, qui ont décidé d'en faire don. 

Des chênes sont ici  exploités par la coopérative Unisylva à Lichères-sur-Yonne, dans la forêt de M.Philippe de Chastellux
Des chênes sont ici exploités par la coopérative Unisylva à Lichères-sur-Yonne, dans la forêt de M.Philippe de Chastellux © Victor Steenwinckel
Les chênes en forêt de Lichères-sur-Yonne
Les chênes en forêt de Lichères-sur-Yonne © Victor Steenwinckel



Sur les 1.324 chênes, les coopératives d'Unisylva fourniront les arbres de moins de 14 mètres. Au-delà, l’Office National des Forêts prendra le relais pour sélectionner et abattre des chênes mesurant jusqu’à 21 mètres. Les forêts domaniales sont en effet plus anciennes, telle la forêt de Tronçais dans l’Allier.

Dans la forêt de Grattery (Haute-Saône)
Dans la forêt de Grattery (Haute-Saône) © FTV Antoine Laroche

La commune de Grattery en Haute-Saône participe à la reconstruction

C'est une modeste contribution pour une immense fierté : 3 chênes de la forêt communale de Grattery en Haute-Saône vont rejoindre la cohorte des 1324 arbres nécessaires à la reconstruction de la charpente.
L'Office National des Forêts s'est chargé de l'identification des arbres. Laurent Tautou, directeur de l'ONF Vesoul, précise : "La commande passée par l'architecte, c'était parmi ces 173 pièces qui devaient être trouvées en Bourgogne-Franche-Comté. Il y en avait un certain nombre, qui devaient être de 70 cm à 1m30 de diamètre et avec une longueur minimale, en l'occurence une longueur de 8 mètres."

Quand, il y a un mois, le cahier des charges de la construction a été défini, toutes les forêts de France ont été investiguées pour proposer leurs plus beaux chênes.
30 communes de Haute-Saône ont répondu à l'appel.
Selon Jacky Favret, président de l'association départementale des communes forestières de Haute-Saône, "55 % de la forêt haut-saônoise est communale, l'essence dominante, c'est le chêne et c'est vrai que c'est une essence d'excellence pour nos forêts haut-sâonaoises, je crois que c'est le département, je parle de la forêt publique, qui apporte le plus de chênes, une soixantaine pour la Haute-Saône."

Les chênes de Haute-Saône, dans le soleil matinal. Ils constitueront en partie la nouvelle charpente de Notre-Dame
Les chênes de Haute-Saône, dans le soleil matinal. Ils constitueront en partie la nouvelle charpente de Notre-Dame © FTV Antoine Laroche

La Région met en valeur sa filière bois

Dans une région où la filière bois représente 5 % des emplois, la volonté de participer à l'effort national pour les communes forestières est une fierté.
Sylvain Mathieu, vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté en charge de la filière bois, de la forêt, de la montagne et des parcs, confirme que "la Région va prendre en charge les coûts d'exploitation de bûcheronnage et de débardage de ces chênes."

En tout 173 chênes vont être débardés en Bourgogne-Franche-Comté. C'est la 2ème région contributrice au niveau national.
Après la transformation chez les scieurs, les poutres seront envoyées à Paris avant la fin de l’été 2021. Le président de la République Emmanuel Macron a fait une promesse : que la reconstruction de la cathédrale soit achevée avant 2024.

 

Le reportage de Frédéric Buridant et Antoine Laroche
Intervenants :

Un chêne pour Notre-Dame

 

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