Saône-et-Loire : il fait un tour de France à vélo pour sensibiliser à l'AVC chez l'enfant

Bruno Boulard fait en ce moment un tour de France à vélo avec pour objectif de sensibiliser le plus grand nombre aux symptômes de l'accident vasculaire cérébral, notamment chez les enfants. Il est ce lundi 19 avril à Louhans, en Saône-et-Loire.

Bruno Boulard, sur les routes des Pyrénées-Atlantiques, début avril 2021.
Bruno Boulard, sur les routes des Pyrénées-Atlantiques, début avril 2021. © France Télévisions

30 étapes et 5 000 kilomètres à vélo. Bruno Boulard est sur les routes de France en ce moment pour parler d'un sujet qui lui tient à cœur, celui de l'AVC, l'accident vasculaire cérébral.

Son frère a subi un grave AVC en 2016. C'est à partir de ce moment-là que Bruno, artisan de profession,  s'est documenté sur le sujet et a pris conscience que cela pouvait également concerner les enfants. "C'est encore méconnu et c'est pour ça qu'il y a des diagnostics tardifs. Peu de personnes pensent à un AVC chez un enfant", explique-t-il. Depuis, il multiplie les actions pour apprendre au plus grand nombre à reconnaître les symptômes de l'AVC (voir ci-dessous).

En 2017, le quadragénaire avait couru entre Paris et Beaucaire, dans le Gard, où il habite pour lever des fonds pour son frère. L'année suivante, c'est à vélo entre Séville en Espagne et Beaucaire qu'il récolte de l'argent pour aider des enfants victimes d'AVC. Le ministère de la Santé indiquait en octobre 2019 que "près de 1 000 enfants et adolescents" sont touchés chaque année par un AVC en France.

"On peut sauver des vies"

"La moitié de la population ne connaît pas les symptômes. On aimerait que les pouvoirs publics fassent une campagne de prévention pour au moins informer la population des symptômes, parce qu'on peut sauver des vies", explique-t-il.  "L'AVC détruit en quelques minutes beaucoup de neurones. Plus on attend, plus il y a des séquelles graves [...] C'est une pathologie qui touche 150 000 personnes par an. Une toutes les quatre minutes."

Avec son vélo, il additionne les kilomètres et les rencontres depuis le 27 mars. Sur certaines étapes, il a été reçu par les familles d'enfants touchés par l'AVC, comme par exemple celle de Léo, huit ans, qui habite Malange dans le Jura et qui a subi cinq accidents vasculaires cérébraux. À chaque fois ou presque, un élu municipal était aussi là pour l'accueillir. Les médias locaux relaient également son action et il partage également son périple sur les réseaux sociaux. "Si par le biais de ce défi, j'ai déjà pu informer une centaine de personnes des symptômes, c'est déjà une victoire", affirme Bruno.

Un défi reporté d'un an à cause du Covid

Bruno Boulard avait d'abord prévu de se lancer sur les routes en 2020, mais le premier confinement lui avait fait renoncer. Cette année, il est tout de même parti. "Il fallait que je le fasse parce qu'il faut alerter, informer. Même si avec la Covid il y a des dégâts, l'AVC fait beaucoup plus de dégâts", confie-t-il. Il compte sur la compréhension des forces de l'ordre s'il vient à être contrôlé, mais pour l'instant il n'a pas eu de contravention. "Je suis tout seul toute la journée sur le vélo, donc je ne vois pas qui je peux déranger."

Côté sportif, Bruno avale les kilomètres et les montées. "J'en suis à plus de 20 000 mètres de dénivelé positif après 23 étapes." Mais pas question pour lui de se plaindre. "Je me lève le matin avec le privilège d'être en bonne santé. Les enfants, eux, sont obligés de se battre tous les jours. Donc pour eux, je ne lâcherai rien, j'irai jusqu'au bout."

La dernière étape de son périple est prévue le 25 avril. D'ici là, il lui reste quelques kilomètres avant de quitter les routes de la Bourgogne-Franche-Comté. Après son arrivée à Louhans, en Saône-et-Loire, ce lundi 19 avril, il a prévu une étape vers Mâcon mardi. 

Les symptômes de l'AVC qu'il faut savoir repérer

Comme le précise le ministère de la Santé sur son site, l’accident vasculaire cérébral se manifeste par

  • "une déformation de la bouche (ex : lorsque la personne sourit le sourire n’est pas symétrique)"
  • "une faiblesse d’un côté du corps, bras ou jambe (ex : lorsqu’on demande à la personne de lever les deux bras devant elle, l’un des bras ne peut être levé ou rester en hauteur, il retombe)"
  • "des troubles de la parole (ex : lorsqu’on demande à la personne de répéter une phrase, elle a des difficultés à parler ou à comprendre)"

Si vous constater l'un de ces trois signes, il faut immédiatement appeler le Samu, en composant le 15. "Ces trois signes d’alerte peuvent être accompagnés, tout aussi soudainement, de troubles de l’équilibre, de maux de tête intenses ou d’une baisse de vision", ajoute le ministère de la Santé.

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