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Histoires 14-18 : les sous-marins de Chalon-sur-Saône

Lancement du submersible " Aguirre" à Chalon-sur-Saône, destiné à la Marine Péruvienne / © Institut François Bourdon - Le Creusot (71) -
Lancement du submersible " Aguirre" à Chalon-sur-Saône, destiné à la Marine Péruvienne / © Institut François Bourdon - Le Creusot (71) -

Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux navires de guerre et des sous-marins sont sortis des chantiers navals du Petit-Creusot, à Chalon. Ce site industriel fondé en 1839, propriété des établissements Schneider & Co, acheminait les submersibles en Méditerranée via la Saône et le Rhône.

Par Caroline Jouret

La création du Petit-Creusot

Dans la seconde moitié du 19e siècle, c'est l'âge d'or du développement du transport ferroviaire et des bateaux à vapeur. L'industrie métallurgique est en plein essor. Les établissements Schneider, situés au Creusot, en Saône-et-Loire, créent des chantiers navals à Chalon-sur-Saône, à l'endroit où débouche le canal du Charollais qui fait la jonction entre la Loire et la Saône (connu aujourd'hui sous le nom de Canal du Centre) et qui amène la matière première. 

A l'origine, en 1839, les chantiers navals du Petit-Creusot sont dédiés essentiellement à la construction de bateaux à vapeur  destinés à la navigation fluviale. Bien vite, leur production va se diversifier et prendre de l'ampleur.
 / © Institut François Bourdon - Le Creusot (71)
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En effet, dans les décennies suivantes, les chantiers Schneider reçoivent des commandes de petites unités pour la Marine nationale. Ils produisent également des charpentes métalliques employées notamment dans la construction des gares et de ponts parmi les plus impressionnants comme le premier pont tournant en France, celui de Brest, inauguré en 1861, ou encore le viaduc ferroviaire du Grandfey (1862) en Suisse, et le viaduc du Malleco (1886) au Chili, entre autres réalisations

Après la défaite de Sedan en 1870, la France prépare sa revanche, et les établissements Schneider sont appelés à participer à la fabrication d'armement. Au Creusot mais aussi au Petit-Creusot, on construit du matériel d'artillerie, des ponts métalliques démontables, des tourelles pour navires de guerre et des navires de guerre de tonnage limité (torpilleurs, contre-torpilleurs).
    
Au début des années 1900, les autorités navales françaises pressentent la grande utilité que pourraient avoir les sous-marins dans l'avenir. Elles encouragent les industriels du secteur métallurgique privé à en construire. Les établissement Schneider construisent leurs premiers submersibles à Chalon-sur-Saône à partir de 1909. Les submersibles apparaissent dans les commandes sous le nom de S.C. ou S.D.
 / © Institut François Bourdon - Le Creusot (71)
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Le S.C.1 "Aguirre" (1911) rebaptisé " Ferré" en 1912, et le S.C.2 "Palacios" (1913) sont destinés au Pérou. 
© DR
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Le S.C. 3 baptisé "Delphin" est lancé le 2 août 1911, quitte les ateliers de Chalon-sur-Saône en 1912. Il est destiné à la Grèce et a fait l'objet d'une souscription nationale auprès de la population grecque; le S.C. 4 "Xiphias" lancé le 26 juin 1912 est également destiné à la Grèce.
© DR
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D'autres sous-marins ont été construits pendant la guerre. Deux étaient prévus pour le Japon, commandés la même année. L'un S.D 2 lancé en 1915, a été livré au gouvernement japonais en juin 1916, l'autre S.D. 1, réquisitionné par la Marine française en août 1915, a été baptisé " Armide".

Deux bâtiments qui devaient être livrés à la Grèce ont également été réquisitionnés : "Antigone" et "Amazone".

Trois autres sous-marins ont également été réquisitionnés avant-même leur mise en chantier, les "Dupetit-Thouars" (destiné initialement à la marine turque), "O-Byrne" (destiné initialement à la marine roumaine) et "Henri Fournier" (destiné initialement à la marine turque). 
 

Livrés jusqu'en Méditerranée par la Saône et le Rhône

Les bateaux et sous-marins construits à Chalon-sur-Saône descendaient par voie fluviale jusqu'en Méditerranée.
Ils étaient embarqués à bord d'un navire spécial, une sorte de barge ou dock flottant, qui s'appelait " Le Porteur". Cette façon de procéder évitait le problème du tirant d'eau trop élevé.
 / © Institut François Bourdon - Le Creusot (71)
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Les bâtiments entraient dans le navire, l'eau était ensuite évacuée, ils reposaient sur des cales. Le Porteur allait livrer les navires et sous-marins à Port Saint-Louis, d'où ils rejoignaient une station d'essai appartenant à la société Schneider dans la baie de Saint-Mandrier, près de Toulon.
 / © Institut François Bourdon - Le Creusot (71)
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Enfin, pour livrer les navires et sous-marins commandés par des pays très éloignés de la France, les établissements Schneider avaient fait construire par sa filiale " société des chantiers et ateliers de la Gironde" à Bordeaux, un navire unique en son genre : le bien nommé "Kanguroo". Les navires et sous-marins n'ayant pas une autonomie suffisante pour aller jusqu'à leur nouveau port d'attache étaient embarqués dans la cale de ce bateau cargo pour un voyage transatlantique. 

 / © Institut François Bourdon - Le Creusot (71)
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Afin de faire entrer les sous-marins dans la cale, il fallait démonter puis remonter l'avant du Kanguroo, c'est à dire retirer un certain nombre de plaques d'acier rivetées, puis les remettre en place. L'opération prenait quelques semaines. Ce navire a été coulé par un sous-marin allemand en 1916, au large des Açores.

 / © Institut François Bourdon - Le Creusot (71)
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" Histoires 14-18 il y a cent ans " vous rappelle cette page du passé de Chalon-sur-Saône.
Remerciements à l'Institut François Bourdon, et à son directeur Ivan Kharaba.

Equipe de tournage: 
Caroline Jouret (journaliste) / Alain Tixier ( Opérateur de Prises de Vues) / Jean-Renaud Gacon ( Eclairagiste)  / Yoann Danjou ( Opérateur de Son)

Histoires 14-18 : Les sous-marins de Chalon
Source archives : Académie François Bourdon - France 3 - C. Jouret

A noter:
Le Service  Animation du Patrimoine  de la ville de Chalon-sur-Saône, propose une exposition temporaire de février à mai 2015 intitulée :  Le chantier naval du "Petit-Creusot" - (1839 - 1984) 
Réalisée en partenariat avec l'académie François Bourdon, elle retrace les activités emblématiques des Chantiers Scheider liées à la Saône, la construction navale et celle des ponts métalliques, depuis l'origine jusqu'à l'abandon de ces deux activités, respectivement en 1957 et 1972.
Elle retrace également l'évolution de l'entreprise sur le site chalonnais, son emprise urbaine, et la vie des employés et ouvriers.
Espace Patrimoine - 24 quai des messageries

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