À Autun, l'inquiétude des femmes enceintes après la fermeture de la maternité : "j’appréhende d’accoucher dans ma voiture"

Depuis le 16 décembre dernier, la maternité d’Autun (Saône-et-Loire) est fermée, faute de personnel. Face au manque de pédiatres toujours pas comblé, l’Agence régionale de santé a tranché. Mardi 31 janvier, elle a annoncé son intention de la fermer définitivement. La décision suscite la colère et l'inquiétude sur le territoire.

Au lendemain de l'annonce par l'ARS de la fermeture définitive de la maternité d'Autun (Saône-et-Loire), plusieurs patientes s'inquiètent des conditions dans lesquelles elles vont accoucher.

Pour rappel, après avoir décidé de la fermeture temporaire d'un mois de l'établissement, pour manque de personnel en décembre, l'ARS prend une nouvelle décision ce mardi 31 janvier. Elle demande la suspension définitive de ses activités. 

"Accoucher au Creusot, pour moi, c'est pas possible"

Cette fermeture n’est pas sans conséquence. Pour Océane Ansiaux, enceinte de 8 mois, la tension monte. Depuis qu’elle a appris la suspension définitive des activités, les crises d’angoisses se multiplient et les nuits sont courtes.

La mère de famille qui attend son troisième enfant s'inquiète de ne pas avoir le temps de se rendre dans une autre maternité une fois le travail entamé. "C’est une catastrophe. J’accouche tellement rapidement que j’appréhende d’accoucher dans ma voiture. Et ça, je ne veux pas que ça arrive", confie-t-elle, devant la maternité d'Autun.

Si cette décision doit être actée le 23 février, une chose est sure, c’est que le suivi de grossesse sera assuré. Des consultations prénatales, gynécologique, pédiatriques ainsi que des cours de préparation à la naissance et des consultations d'urgence en journée sont toujours dispensés. Des IVG médicamenteuses ou chirurgicales sont également toujours réalisables sur le site

Colère sur le territoire 

En revanche, pour accoucher, il faudra se rendre à Chalon-sur-Saône ou au Creusot. "Accoucher au Creusot, pour moi, c’est pas possible. J’ai deux enfants, il faut que je les fasse garder. Puis pour y aller, ce sont des petites routes, il faut savoir exactement où c’est… J’ai peur que ce soit ingérable."

Océane Ansiaux est déjà maman de deux enfants, qu’elle a mis au monde à la maternité d’Autun. Pour son troisième, la mère de famille devrait se rendre dans un autre centre hospitalier. 

"Les cons osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnait"

Selon Rémy Rebeyrotte, cette décision a été prise sans que tous les acteurs concernés aient pu échanger. "On ne démolit pas avant de coopérer, assène-t-il. Depuis des mois, on demande une coopération entre les maternités du secteur, pour faire en sorte de partager des moyens humains notamment."

Pour le député de la troisième circonscription de Saône-et-Loire, ce point n'est pas le pire à déplorer. "Fermer une maternité et mettre des femmes a plus d’une heure et demie de route d’un service de maternité, j’ai envie de reprendre la phrase célèbre de Michel Audiard : les cons osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît."

Une décision qui génère donc beaucoup de colère sur le territoire. 

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